Les traiteurs premiers touchés par la 5ème vague et par le nouveau protocole sanitaire

Le boom des contaminations par le variant delta et le protocole renforcé pour la protection des salariés en entreprise ont entraîné des centaines d'annulations de réceptions. Les annonces de Jean Castex le 6 décembre, qui dissuade de tenir des réunions jusqu'en janvier, accélèrent le phénomène. Les HCR semblent, pour l'instant, moins impactés. Le gouvernement va mettre en place des mesures de soutien pour les TOR, l'événementiel et les discothèques. La prise en charge à 100 % du chômage partiel et des coûts fixes est acté. Les seuils d'éligibilité restent à fixer.

Photo : Food-pictures -Adobe Stock

Le marché continue de s’effondrer pour les Traiteurs Organisateurs de Réception. Au 7 décembre, selon un nouveau comptage effectué par Traiteurs de France pour HR-infos, les 37 entreprises du groupement avaient enregistré 700 annulations en l’espace de 10 jours. En cumul, elles représentent une perte de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Alors, bien sûr, les données sanitaires alarmantes brandies par les autorités sanitaires ont donné peur aux donneurs d’ordre. Mais là n’est pas la seule explication. « La  mise à jour le 29 novembre du protocole sanitaire pour les salariés en entreprise a conduit tous nos clients, grandes entreprises de BTP, théâtre…,  à annuler immédiatement leurs commandes, a pu constater le traiteur indépendant Olivier Théron. Le gouvernement a commis une grave erreur en provoquant un vent de panique. Et cela va se poursuivre en janvier avec l’annulation des cérémonies de voeux.»

Ce protocole, effectivement, ne fait pas la part belle à l’événementiel et aux réceptions… Sans les interdire formellement, il ne recommande pas « les moments de convivialité réunissant les salariés en présentiel dans le cadre professionnel.»  Un message reçu 5 sur 5, semble-t-il, par les services généraux des entreprises et les DRH !

Jean Castex, le 6 décembre, lors de sa conférence de presse, est resté sur cette ligne dissuasive. Du moins jusqu’aux fêtes de fin d’année. En arguant, à l’appui des enquêtes de l’institut Pasteur que ces réunions occasionnent des risques élevés de transmission du virus. Raison pour laquelle il a décidé la fermeture des discothèques pour 4 semaines.

A ce stade, le Gouvernement n’enjoint pas aux entreprises et collectivités d’annuler les cérémonies de voeux de nouvelle année. En espérant que d’ici là, la propagation du variant Delta marque le pas. « Les projections de l’Institut Pasteur  nous disent qu’en baissant seulement de 10 % le taux de transmission du virus, l’hôpital pourrait sortir de la zone de danger, » soulignait le Premier Ministre.

Le détail des aides et de l’éligibilité finalisé dans les jours à venir après concertations

Les dirigeants des TOR et des discothèques ont alerté le Gouvernement sur la dégradation rapide de leurs comptes.  Le 7 décembre, Elisabeth Borne, la ministre du Travail, a annoncé la réactivation du chômage partiel pris en charge à 100 %, sans reste à charge pour les employeurs. L’Etat devra déterminer le seuil de baisse de chiffre d’affaires ouvrant droit au 100 %. Il envisageait initialement 80 % de pertes de CA. Il baissera sans doute le curseur vers 70 ou 60 %.

Quant à la durée du dispositif, Bruno Le Maire n’a pas exclu de le prolonger au-delà du 31 décembre 2021.

A la date du 8 décembre, le Gouvernement n’avait pas arrêté l’ensemble du dispositif d’éligibilité et de compensations. Il doit, pour cela, poursuivre ses concertations avec les organisations professionnelles.

Il souhaite en tout cas envisager de différencier les discothèques, administrativement fermées, et les autres secteurs, événementiel et traiteurs au premier chef. «Je vous confirme que nous apporterons une réponse à chacun des secteurs, à chacun des entrepreneurs qui sont touchés», a déclaré Bruno Le Maire le 7 décembre lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

D’autres secteurs pourraient, par conséquent, également en bénéficier. Comme la restauration à table. Si elle aussi subissait de très fortes baisses d’activité.

Le gouvernement va-t-il réactiver le fonds de solidarité ? Il n’en a pas l’intention pour l’instant, malgré l’insistance des syndicats. En revanche, il va relancer et muscler la prise en charge des coûts fixes. Selon les déclarations du ministre de l’Economie, le projet couvrira «l’ intégralité des charges de ces entreprises et non 90% comme c’est le cas actuellement. A partir du moment où elles perdent beaucoup de chiffre d’affaires ou à partir du moment où elles sont fermées. »

Critères d’éligibilité. Montant, plafond et durée des aides… Le Gouvernement devrait finaliser d’ici la fin de la semaine l’architecture générale de ces mesures. Ne serait-ce que pour rassurer des professionnels en proie, à nouveau, à de grandes inquiétudes quant l’avenir de leurs entreprises.

Emmanuel Macron prêt à un nouvel assouplissement sur les PGE ?

(actualisation de l’article au 8/12/2021)

Le Chef de l’Etat répondait le 8 décembre aux auditeurs de France Bleu Auvergne. En particulier à Thierry, professionnel de l’événementiel.

« On va donner des facilités sur les prêts garantis. Mais nous allons aussi apporter des compensations, un accompagnement économique spécifique. En particulier sur les coûts fixes des entreprises comme les vôtres.

Les professions de l’évènementiel seront accompagnées. Depuis le début de cette crise, nous avons apporté une réponse économique adaptée. L’idée aujourd’hui est d’accompagner les différents secteurs de manière très ciblée. On va prolonger les mécanismes d’activité partielle pour toutes les entreprise où c’est adapté. On va apporter des réponses, notamment un accompagnent spécifique sur les coûts fixes des entreprises. Il y a une réponse rapide spécifique qui va reposer sur une concertation dans les toutes prochaines heures avec les secteurs d’activité concernés. Les métiers de l’évènementiel, de la restauration en salon, les discothèques seront accompagnés. »

Dissuader fortement, sans interdire formellement… Jean Castex sur le fil !

(extraits de sa conférence de presse du 6 décembre)

« On voit bien où les risques de contamination sont les plus élevés. C’est quand on se réunit dans des moments de convivialité où l’on mange ou boit un verre, où l’on est debout, à l’intérieur, proche les uns des autres, sans masque évidemment. Ce sont dans les entreprises, les pots de départs, les séminaires, les moments festifs de fin d’année. Cela peut être à la maison, un grand dîner entre amis, une pendaison de crémaillère, etc.

Mon message est très simple : jusqu’aux fêtes de fin d’année, on arrête, on lève le pied, on se protège et on protège ainsi notre capacité à profiter de Noël. »

Son appel à un meilleur contrôle du pass sanitaire

« Pour passer cette 5ème vague, il est indispensable de contrôler plus systématiquement et scrupuleusement le passe : c’est la responsabilité des gérants d’établissements recevant du public comme les restaurants, bars ou salles de spectacle, ou encore des transporteurs, et c’est moins le cas depuis quelques semaines. »

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