Les procédures judiciaires ont doublé en 2022 mais restent en dessous de leur niveau d’avant-crise

Après un recul historique en 2021 des redressements et des liquidations, du aux aides publiques et à la suspension des procédures en période de loi d’urgence sanitaire, le nombre de défaillances a augmenté de 50 % l’an dernier sur l’ensemble des secteurs d’activité, selon les données d’Altares. Elles grimpent même de 100 % dans la Restauration et les Débits de boissons. Si la totalité des sinistres dans la branche H&R reste inférieur d’un quart à leur niveau d’avant-crise, leur proportion de liquidations s’en rapproche de plus en plus. 2023 marquerait la fin d’une exception française.

Après un recul historique en 2021 des redressements et des liquidations, du aux aides publiques et à la suspension des procédures en période de loi d'urgence sanitaire, le nombre de défaillances a augmenté de 50 % l'an dernier sur l'ensemble des secteurs d'activité, selon les données d'Altares. Elles grimpent même de 100 % dans la Restauration et les Débits de boissons. Si la totalité des sinistres dans la branche H&R reste inférieur d'un quart à leur niveau d'avant-crise, leur proportion de liquidations s'en rapproche de plus en plus. 2023 marquerait la fin d'une exception française.

Les difficultés actuelles des HCR, moins commerciales que financières, laissent craindre une nouvelle progression des faillites en 2023, en particulier dans les restaurations traditionnelle et rapide. Le nombre de liquidations au tribunal pourrait dépasser leur niveau d'avant-crise. Photo : Brimeux - Adobe Stock.

Ces statistiques 2022 des procédures judiciaires prononcées à l’encontre des HCR n’ont pas de quoi rassurer lorsqu’on observe leur dynamique. Certes, leurs faillites demeurent inférieures de 26 % à leur niveau de 2019. Altares, cette année-là, en recensait 6 966, contre 5 516 en 2022.  Mais ces 5 516 décisions de justice doivent également se comparer aux 2 710 enregistrées en 2021. Elles ont donc doublé en l’espace de 12 mois.

Mais le plus inquiétant tient à la double évolution négative des liquidations judiciaires. D’une part, celles-ci sont numériquement plus nombreuses. Altarès, toujours sur la base des greffes des Tribunaux et du  B.O.D.A.C.C, en dénombrait 4 607 en 2022, soit une progression de 102,5 % par rapport à 2021. Mais elles sont aussi proportionnellement plus fréquentes. Les trois quarts des défaillances (74,3 %) ont abouti l’an dernier à un jugement de liquidations judiciaires. En 2019, le taux de liquidations était inférieur de huit points (66,1%).

Du coup, le nombre de liquidations tend à se rapprocher davantage de leur niveau d’avant-crise. Une centaine de jugements seulement les sépare : 4 607 en 2019  contre 4 097 en 2022, soit -11 %.

L’écart est même plus faible dans le cas de la Restauration (-7,8 %) qui a déploré 3 315 liquidations en 2022 contre 3 597 en 2019. Cet intervalle est en revanche beaucoup plus important pour les Hébergements (-24,5 %), avec seulement 175 liquidations proncées contre 232 en 2019. Les débits de boissons semblent également relativement préservées, avec 607 liquidations contre 778 avant-crise (-22%).

Les Hébergements davantage préservés que la Restauration et les Débits de boissons

4434 établissements de restauration ont défailli en 2022. C’est 112,7% de plus qu’en 2021. Sur le dernier trimestre, le rythme ne faiblit pas (+108 %). Les liquidations représentent 74,3% du total. Proportion équivalent à celle de 2021 (74,6%)

Au cours de l’année 2022, 2473 restaurateurs traditionnels (+ 119,8%) et 1787 établissements de restauration rapide (+109 %) sont entrés en procédure ainsi que 803 débits de boisson (+101,3%).  Sur ces trois secteurs, les taux de liquidations ont avoisiné 75 % (76,6 % même pour les débits de boissons).

L’hébergement résiste mieux (279 ; +23,5 %) grâce à de très bonnes performances commerciales en 2022. Leur proportion de liquidations (63 %) est également moins élevée.

Sauv. : procédures de sauvegarde
RJ : redressements judiciaires
LJ : liquidations judiciaires
Lecture :  Au quatrième trimestre 2022, les défaillances d’entreprises ont augmenté de 74,6% dans la branche par rapport au 4 T 2021.  Elles ont fait augmenté de 112,7 % dans la Restauration. Et de 101,3 % dans les Débits de boissons. Elles ont augmenté de 23,5% dans l’Hébergement.

Source des deux tableaux : Altares – retraitement HR-infos

Détail des défaillances par secteur, par comparaison trimestrielle

Lecture :  Au quatrième trimestre 2022, les défaillances d’hôtels ont augmenté de  23,6% par rapport au 4 T 2021.  Elles étaient en hausse de 118,6% dans la Restauration traditionnelle.. Elles ont progressé de 155,6 % chez les Traiteurs.

Source des deux tableaux : Altares – retraitement HR-infos

L’Ile-de-France concentre près d’un quart des défaillances de chr

 

Des données réputées fiables et exhaustives provenant des sources judiciaires

Altares comptabilise l’ensemble des entités légales disposant d’un numéro Siren. A savoir entreprises individuelles, professions libérales, sociétés et associations. Elle comptabilise également celles ayant fait l’objet d’un jugement d’ouverture de procédure prononcé par un Tribunal de Commerce ou de Grande Instance.
Altares collecte par ailleurs l’ensemble des jugements auprès des greffes de ces Tribunaux. L’entreprise est également licenciée officiel du B.O.D.A.C.C.

Thierry Millon, directeur des études du groupe Altares

« Depuis 2020, 103 000 entreprises ont fait défaut contre 162 000 durant les trois années précédentes. 59 000 défaillances ont ainsi été « épargnées » grâce notamment aux dispositifs d’aides publiques déployés pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire puis de la guerre en Ukraine.

Pourtant, si le risque a été anesthésié, évitant la déferlante tant redoutée des faillites, les entreprises ne sortent pas indemnes de ces longs mois de turbulences. Entre inflation et crise énergétique, le climat se complique encore et les fonds propres sont mis à contribution.

Les contraintes financières (remboursement des dettes Covid et notamment PGE ; inflation ; hausse des taux ; facture énergétique, etc.) sont malheureusement vouées à peser toujours plus lourd.

Alors que les tensions sur les trésoreries des entreprises se font déjà ressentir, le financement de l’exploitation et donc du BFR (Besoin en Fonds de Roulement) aura à n’en pas douter l’attention des directions financières des TPE PME comme des ETI. »

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