L’offre mieux-disante de Buffalo Grill choisie pour la reprise de Courtepaille

Le tribunal de commerce d’Evry a finalement retenu l’offre de TDR Capital, propriétaire de Buffalo Grill, plutôt que celle du groupe Bertrand. La société d’investissement britannique s’engage à conserver 2 208 salariés (89 % de ses effectifs),145 restaurants succursales sur 190 ainsi que ses 92 franchises. TDR prévoit d’investir 102 millions d’euros dans le réseau et la marque.

Le tribunal de commerce d'Evry a finalement retenu l'offre de TDR Capital, propriétaire de Buffalo Grill, plutôt que celle du groupe Bertrand. La société d'investissement britannique s'engage à conserver 2 208 salariés (89 % de ses effectifs),145 restaurants succursales sur 190 ainsi que ses 92 franchises. TDR prévoit d'investir 102 millions d'euros dans le réseau et la marque.

Buffalo Grill s'engage à reprendre 145 des 187 restaurants détenus en propre par Courtepaille ainsi que les 91 établissements franchisés. Fin septembre, 168 restaurants avaient rouverts, après leur fermeture en mars en raison de la crise sanitaire. L’enseigne de restaurants familiaux, créée en 1961, a vu son chiffre d’affaires (190 millions d’euros en 2019), chuter de 40% depuis janvier 2020. Photo DR.

Sur les quatre candidats au départ, deux, TDR Capital et groupe Bertrand, étaient encore en lice pour le rachat de Courtepaille. Le fonds britannique ICG, actionnaire de sa maison mère Serare, avait obtenu son placement en redressement judiciaire le 29 juillet.  Le but étant d’accélérer la vente de l’enseigne qu’elle contrôlait depuis 2015.  Les deux autres candidats  n’étaient plus dans la course : Naxicap (actionnaire de La Boucherie et Sushi Shop) et Walter Butler (ex actionnaire de Flo, au capital de Partouche)

Le Tribunal de commerce d’Evry-Courcouronnes (Evry) a donc tranché en faveur de l’offre de TDR Capital, propriétaire de Buffalo Grill depuis 2018. Le juge a estimé son offre mieux disante à deux titres, social et financier.

Mieux disante sur le plan social avec 2 208 salariés repris sur un total de 2 477. Début 2020 pourtant, Courtepaille en employait encore 3 000. Mais la crise économique déclenchée par la crise sanitaire a provoqué des centaines de départs et de non-reconduction de contrats.  Sans compter les 1 000 autres salariés de ses franchisés également touchés. Mieux disante également sur le plan financier également, avec 17 millions d’euros consentis pour reprendre 145 restaurants succursales.

Groupe Bertrand, pour sa part, proposait 10,5 millions d’euros pour reprendre 140 restaurants et 1 981 emplois. Son offre avait la préférence de la direction de Courtepaille, l’estimant « plus forte sa capacité à créer et préserver les emplois » . Celle également du Comité Social et Economique de l’entreprise. Le CSE la jugeait « plus solide et plus sécurisante, bien qu’inférieure en nombre de salariés repris .»

Reste à tenir les engagements et à gérer deux marques au produit proche

Dans le jugement que s’est procuré l’AFP, le tribunal estime que le repreneur et «son management présentent également un savoir-faire » reconnu dans le secteur. Et que surtout, il propose un « business plan plus ambitieux à la fois dans son périmètre et dans ses objectifs de retour à la rentabilité fondé sur un projet similaire (…) à celui appliqué apparemment avec succès à Buffalo Grill ». L’actionnaire de Buffalo Grill a, en outre, toujours selon le tribunal, « su consentir des efforts financiers déterminants dans un passé récent » et a ainsi démontré « qu’il était capable de fournir un effort significatif » pour soutenir l’enseigne, très impactée, comme tout le secteur, par la crise du covid-19.

Enfin, TDR va investir 80 millions d’euros sur cinq ans dans la modernisation du réseau. Ainsi que 22 millions en dépenses marketing et médias.

Tout l’enjeu pour le management de Buffalo sera de développer deux marques, proches dans leur produit. En les différenciant suffisamment pour éviter que l’une vampirise l’autre. Buffalo Grill faisant figure de locomotive, avec un réseau de 360 établissements et un chiffre d’affaire de 600 millions d’euros. Le marque a également su, depuis deux ans, négocier le virage de la vente à emporter, de la livraison et du click & Collect. Contrairement à Courtepaille, en retard dans ces domaines.

Jocelyn Olive, le directeur général de Buffalo Grill, estime pour sa part que les deux enseignes ne sont pas concurrentes mais complémentaires. De par leurs emplacements respectifs. Buffalo Grill est implanté surtout dans les zones commerciales, Courtepaille d’avantage sur les axes routiers. Et de par leur clientèle. Plus âgée chez Courtepaille. Plus famille chez Buffalo grill.

L’avenir proche et l’évolution du marché de la restauration commerciale diront si le repreneur aura respecté l’intégralité de ses engagements…

Jocelyn Olive, directeur général de Buffalo Grill

« Le choix de notre projet permet de préserver un maximum d’emplois, soit « 89 %  et d’envisager pour Courtepaille, marque emblématique de la restauration française, une nouvelle dynamique et un avenir serein. »

« Nous allons dès aujourd’hui commencer à travailler avec les équipes de Courtepaille à la modernisation de l’enseigne et de son réseau et au renouvellement du concept avec l’objectif de retrouver le chemin de la croissance. », a-t-il ajouté, assurant vouloir préserver « un dialogue social de qualité ». (*)

Des réactions syndicales favorables

Pascal Zoublir, délégué CGT

«La CGT est complètement satisfaite de ce jugement. Il y aura moins de licenciements. Buffalo était notre candidat préféré. Pour nous, le critère premier a toujours été l’emploi »

Hicham Fimoud, délégué CFDT

« Buffalo Grill est solide, il avait un très bon dossier. C’est une enseigne en pleine croissance, malgré le Covid. Ils veulent la poursuite du développement de Courtepaille, ça nous convient »

Ces citations sont extraites de déclarations à l’AFP

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