Les prix de la Restauration ralentissent, ceux de l’Hébergement accélèrent

Alors que l’Indice des Prix à la Consommation baissait de 0,3 % en juin après avoir augmenté de 0,1 % en mai, celui des services de Restauration et d’Hébergement prenait +1,9 % sur un mois, en raison d’une forte hausse saisonnière des hôtels (+13,2%). Sur 12 mois, l’Indice global retombe à +1,8 % après +2,4%. Celui des services de R&H reste inchangé à +2,8 %. En distinguant l’évolution baissière des services de Restauration (+1,8 %), tous secteurs inclus cette fois y compris celui de la Rapide, et la tendance toujours haussière de l’Hébergement (+6,3 %).

Alors que l'Indice des Prix à la Consommation baissait de 0,3 % en juin après avoir augmenté de 0,1 % en mai, celui des services de Restauration et d'Hébergement prenait +1,9 % sur un mois, en raison d'une forte hausse saisonnière des hôtels (+13,2%). Sur 12 mois, l'Indice global retombe à +1,8 % après +2,4%. Celui des services de R&H reste inchangé à +2,8 %. En distinguant l'évolution baissière des services de Restauration (+1,8 %), tous secteurs inclus cette fois y compris celui de la Rapide, et la tendance toujours haussière de l'Hébergement (+6,3 %).

Lancées au printemps 2026, les offres promotionnelles très attractives des grandes enseignes, dont celles du leader français McDonald's, ont sans doute infléchi la tendance haussière observée sur le secteur de la Restauration dite à service limité. McDo France a ainsi lancé le 5 mai trois offres "à des prix accessibles" qui resteront proposées jusqu'à début 2027. Selon une étude Ifop pour McDonald’s France d’avril 20261, 8 Français sur 10 (81%) qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer déclarent avoir renoncé à des moments de loisirs et de plaisir en famille alors qu’ils sont 2/3 (66%) à estimer que les sorties au restaurant sont importantes, et notamment chez les moins de 35 ans (70%) et les familles avec enfant (70%

Décélération de l’inflation sur l’ensemble des prix des services de Restauration 

Le phénomène est trop rare pour ne pas être commenté. Sur 12 mois cumulés, tous les types de service de Restauration enregistrent un ralentissement de l’évolution de leur prix. Si ce freinage n’est pas spectaculaire, il n’en n’est pas moins inédit.

Ainsi, la Restauration à service limité, qui inclue la Restauration rapide, passe de +3,5 % à + 3,4 %. Sur le seul mois de juin, elle affiche un statu quo (0 % après +0,1 % en mai).

La Restauration à service complet enregistre pour sa part +2,1 % sur 1 an, après +2,2 %. En moyenne des deux secteurs, intégration faite de leur pondération respective ((690 vs 428) le rythme d’inflation annuel de la classe Restaurants, cafés et similaires, passe de +2,6 % à +2,4%.

Quand au secteur des Cantines, son indice des prix continue de reculer. Passant de -3,3 % en mai à -3,4 % en juin. L’événement survenu début mai dans la Restauration universitaire (la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants, quels que soient leurs revenus), a toujours un effet baissier sur 12 mois, non seulement pour ce secteur mais également pour l’ensemble des services de restauration et de débits de boissons. Leur inflation annuelle décélère ainsi de +1,9 % à +1,8 %.

Ces services de Restauration ont peut-être également profité du fort ralentissement des prix de l’énergie (+11,0 % après +16,6 %) et d’un relatif freinage de ceux de l’alimentation (+0,9 % après +1,1 %).

Il n’en est rien pour les prix des services d’Hébergement, soumis à des pratiques saisonnières et au revenu management. Leur indice de juin est traditionnellement en forte hausse : +8,6 % sur 1 mois (vs +8,4 % en juin 2025) et même +13,2 % pour les hôtels (vs +11,1 % en juin 2025).

En cumul annuel, l’indice passe ainsi de +6,1 % à +6,3 % pour les services d’Hébergement dans leur ensemble. Et de +3,9 % à +5,8 % spécifiquement pour celui des hôtels.

Source Insee
Traitement graphique : HR-infos

Service complet, Service limité, une nouvelle segmentation de la Restauration

L’Insee a  procédé à une révision générale de la classification des fonctions de consommation des ménages. Classification qui sert notamment à l’établissement de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC).

Le changement principal opéré par l’Institut au sein de la division « Services de restauration et d’hébergement » (précédemment appelée Restaurants et Hôtels) se situe dans l’instauration de deux sous-classes : « Restaurants, cafés…, services complet » et  « Restaurants, cafés…, service limité », recouvrant deux grands types d’établissements classés auparavant en « Restaurants, cafés et établissements de danse », d’une part, et « Service de restauration rapide et à emporter », d’autre part.

Dans la sous-classe « Service complet », on retrouve les « Services de restauration fournis par des restaurants, des cafés et des établissements de restauration similaires offrant un service complet consistant en un service de serveur à des clients individuels assis à des tables, avec ou sans animation.».

Cette sous-classe inclue dans le détail quatre postes de consommation : « Repas traditionnel dans un restaurant », « Cafés et autres boissons chaudes consommés dans les cafés » ,« Boissons alcoolisées consommées dans les cafés »  et  « Boissons fraîches non alcoolisées consommées dans les cafés»

Dans la sous-classe « Service limité »,  on retrouvera « les Services de restauration fournis par des établissements à service limité et en libre-service (i.e., sans service de serveur et avec ou sans places assises) »

Cette sous-classe inclue dans le détail deux postes de consommation : « Repas en libre service » et  « Service de restauration rapide et  à emporter  » 

La classe Cantine a également été rebaptisée « Cantines, cafétérias et réfectoires ». Elle comprend désormais deux sous-classes :  « Cantines et cafétérias des universités, écoles et jardins d’enfants » et  « Autres cantines, cafétérias et réfectoires ». Cette dernière sous-classe recouvre essentiellement la restauration du travail, la restauration des patients hospitalisés et les mess militaires. Alors que la première sous-classe recouvre la restauration scolaire et universitaire.

Le glissement annuel des prix des services de restauration et d’hébergement depuis janvier 1991

Indice-des-prix-Insee-Services-de-restauration-et-dhebergement-juin-2026

Le glissement annuel des prix des services de restauration et débits de boissons depuis janvier 1991

Indice-des-prix-Insee-Service-de-restauration-et-debits-de-boissons-juin-2026

Le glissement annuel des prix des services d’hébergement depuis janvier 1991

indice-des-prix-Insee-Services-dhebergement-juin-2026

Le glissement annuel des prix des services d’hôtels – motels – auberges depuis janvier 1991

Indice-des-prix-Insee-Hotels-et-hebergements-similaires-juin-2026

Révision à la hausse de la pondération de la Restauration et de l’Hébergement

IL’INSEE actualise ses pondérations en fonction de l’évolution de la consommation de chaque poste de son indice. Or, la part de la consommation des ménages consacré aux services de Restauration et d’hébergement n’a jamais été aussi importante qu’en 2025.

En se basant sur les comptes nationaux trimestriels sortis le 31 janvier 2026,  le regroupement a connu entre 2024 et 2025 une augmentation de +3,4 % en valeur qui se décompose en un effet volume de +0,9% et un effet prix de +2,5%. Les dépenses de consommation des ménages en prix courants ont atteint 136,4 milliards d’euros sur 12 mois. (vs 131,9 Md€ en 2024).

Du coup, la nouvelle pondération du regroupement « Restauration et Hébergement », qui succède à l’ancien « Restaurant et Hôtel » atteint son plus haut niveau historique. : 988 points en 2026 contre  961 points en 2025, qui était déjà un plafond.

Les services de Restauration passent de 764 à 784 points, du fait d’une revalorisation des postes Restaurants, cafés (+ 16 points, soit 690 points) et Cantines (+4 points, soit 94 points).

Mais la plus grande évolution tient à la répartition des 690 points du poste Restaurants, cafés entre la Restaurants à service complet (428 points) et la Restauration à service limité (262 points).

Côté Hébergement, la pondération gagne 3 points. Les 15 points supplémentaires gagnés par les Hôtels (105 vs 90),  qui en avaient perdu 12 en 2025 (90 vs 102) et les 2 points gagnés centres de vacances (95 vs 93), contrebalancent les 10 points perdus par les autres services d’hébergement (auberges et foyers logements pour les travailleurs, wagons-lits, frais de site web et d’agence de voyages pour la recherche d’un hébergement…)

Moyenne annuelle et glissement annuel : quelles différences?

Moyenne annuelle et glissement annuel sont des concepts différents. L’évolution en moyenne annuelle compare les prix d’une année donnée à ceux de l’année précédente.. Le glissement annuel compare les prix d’un seul mois d’une année donnée à ceux du même mois de l’année précédente.

Et les résultats sont fort différents selon le concept. Ainsi en glissement annuel, l’indice des prix des services d’Hébergement a augmenté de +1,6 % en glissement annuel (décembre 2025-décembre 2024). Alors qu’il a augmenté de +3,7% en moyenne annuelle 2025. Idem pour les hôtels: +2 % en glissement annuel, mais + 3,7 % en moyenne annuelle.

Cet écart peut s’expliquer par les tarifs saisonniers. D’un mois à l’autre, les tarifs repartent à la hausse ou à la baisse. La moyenne annuelle lisse davantage les évolutions. Au contraire du glissement annuel, qui compare les prix à un instant T.

En revanche, les écarts sont minimes ou inexistants pour la majorité des Services de Restauration. +2,2 % pour les prix des Restaurants et Cafés, dans les deux modes de calcul. +1,2 % en glissement annuel vs +1,5 % en moyenne annuelle pour les prix des Cantines. Mais pour la Restauration rapide, le décalage est net. Son inflation cumule +3,6% en glissement annuel (et même +3,9 % en novembre). Elle revient à + 3 % en moyenne annuelle.

En comparaison de 2024, la hausse moyenne des prix
de la branche en 2025 recule dans la Restauration mais augmente dans l’Hébergement

Ce sont à nouveau les services de Restauration qui tirent d’abord l’inflation à la baisse

L’indice global des prix à la consommation a enregistré une forte décélération de l’inflation l’an dernier, à +0,9 %. Après +2% en 2024. +4,9 % en 2023. + 5,2 % en 2022. C’est aussi le cas des services de Restauration & d’Hébergement.

Au final, la hausse des prix des services H&R aux consommateurs a également décéléré, mais moins rapidement que l’indice général (-1,1 point vs 0,7 point).  Celle-ci est retombée en 2025 à +2,4 %. Après +3,1 % en 2024. +5,3 % en 2023. +3,9 % en 2022. Elle n’était que de +0,8 % en 2021.

Cette décélération provient exclusivement des services de Restauration qui passent de +3,1 % à +2,1 %. Ils ont su tirer partie de la baisse des prix de l’énergie en 2025 et d’une modération confirmée de l’inflation sur les produits alimentaires (+0,7 % l’an dernier après +1,2 % en 2024).

La différence la plus marquante cette année dans l’évolution des prix tient au renversement de tendances dans les deux principaux secteurs de la Restauration. L’inflation est retombée de + 3,2 % à + 2,2% dans la Restauration à table. Et de +2 ,7 % à seulement +1,5 % dans les Cantines,

En revanche, la Restauration rapide voit son inflation repartir (légèrement) à la hausse, repassant de +2,5% à +3 %. Sur les 5 dernières années, l’indice des prix à la consommation de la Restauration rapide a pris plus de 22 %. La montée en gamme a ses limites aux yeux des consommateurs quand elles se traduisent par des notes de plus en salées, même en à emporter.

Le secteur des hôtels locomotive de l’inflation

L’inflation a été également très dynamique dans les services d’Hébergement au cours des cinq dernières années : +3,7 % en 2025 vs +3,1 % en 2024.  Et sur le cumul 2021-2025 : +22% vs +15 % pour l’ensemble des services de Restauration.

Au sein de ces services, les hôtels font figure de locomotive de l’inflation avec un cumul de 27,7 % de hausse depuis 2021. Assez loin devant les campings et auberges de jeunesse, avec +17,7 %. Mais sur les deux dernières années, ce secteur est devenu plus inflationniste que celui des hôtels ( +9,1% vs+6,8%).

Même si les campings restent sur une crête supérieure à +4% ces deux dernières années, ce sont les hôtels qui ont enregistré la plus forte poussée d’inflation en 2025, avec une moyenne de +4,1 % contre seulement +2% en 2024. Mais +7 % en 2023…

Source : Insee
Traitement graphique : HR-infos

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