La chaîne Flunch sollicite une procédure de sauvegarde,1300 postes et 60 restaurants sur le grill

L’enseigne leader de la restauration en libre service, membre d’Agapes Restauration (groupe Mulliez), demande une procédure de sauvegarde, qui le protègerait d’un dépôt de bilan et lui donnerait le temps de réaliser son projet de réduction de parc. Flunch envisage de se délester d’une soixantaine de restaurants en France et de 1 300 postes.

Le leader de la restauration en libre service, membre d'Agapes Restauration (groupe Mulliez), demande une procédure de sauvegarde, qui le protègerait d'un dépôt de bilan et lui donnerait le temps de réaliser son projet de réduction de parc. Flunch envisage de s'alléger d'une soixantaine de restaurants en France et de 1 300 postes.

Flunch compte encore 227 restaurants dont 66 en franchise, avec près de 5000 collaborateurs. Avant la crise de la Covid-19, l'enseigne servait plus de 55 millions de clients chaque année. Flunch DR@

Nouveau coup de tonnerre dans la Restauration Hors Domicile. C’est cette fois au tour de Flunch, l’enseigne de cafétéria du groupe Mulliez (Auchan, Leroy-Merlin, Kiabi…), d’engager une restructuration lourde.

Elle semblait inévitable au regard du recul de 57  % (- 212 millions d’euros) du chiffre d’affaires réalisé en 2020 par ses 161 restaurants succursales français. Le réseau compte également 66 franchisés et 7 unités italiennes. Un recul qui s’explique en premier lieu par le cumul de six mois de fermetures administratives. Mais dans une certaine mesure aussi, par le vieillissement du modèle Flunch, bâti sur la consommation en salle d’une offre quasi identique dans toutes ses cafétérias de France.

Mais contrairement aux groupes Elior et Sodexo qui avaient d’emblée annoncé un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi), Flunch emprunte une toute autre voie, celle de la procédure de sauvegarde. Le tribunal de commerce de Lille en examinera sa demande d’ouverture lors d’une audience le vendredi 29 janvier. Une procédure qui offre l’avantage de maintenir l’activité et l’emploi à court-moyen terme. Elle protège de fait l’entreprise du risque d’une faillite. Ses dettes sont gelées, sous réserve de l’accord des créanciers. La sauvegarde va lui permettre de poursuivre et même de renforcer son plan de transformation. Flunch avait déjà annoncé en septembre 2020 la première mouture commerciale de ce plan baptisé « Cap à 5 ans ».

Des cessions de restaurants ciblées vers les salariés et les franchisés

Ce que n’avait pas laissé pressentir l’enseigne, en revanche, c’est un « redimensionnement » fortement à la baisse de son réseau. Flunch veut désormais se recentrer sur ses établissements les moins déficitaires et jouissant des meilleurs emplacements. L’enseigne souhaite, en conséquence, sortir une soixantaine de restaurants de son périmètre, soit plus d’un tiers de ses succursales françaises. La direction privilégie leur reprise par les salariés ou par des franchisés actuels. Mais elle envisage également des repreneurs extérieurs.

Cette restructuration concernerait 1 300 postes « maximum» sur un total de  5 000. Il s’agit donc très majoritairement des effectifs des restaurants à externaliser. Mais des suppressions sont également prévues dans les services supports.

Flunch envisage d’ouvrir un PSE, après consultation des représentants du personnel. Qui inclura notamment des mesures de reclassement et de mobilité internes.

«On ne s’attendait pas à un plan d’une telle ampleur», a déclaré à l’AFP Grégory Dubois, délégué syndical central CFDT. «Soixante restaurants, c’est quand même énorme».

Actualisation ; le tribunal valide l’ouverture d’une procédure de sauvegarde

Vendredi 29 janvier, le tribunal de commerce Lille Métropole a donné son feu vert à une procédure de sauvegarde. Pour une durée de six mois renouvelables. L’apport de 29 millions d’euros fait par Agapes Restauration a crédibilisé le projet présenté par la direction.  Le 2 février, elle devrait faire connaitre les 60 restaurants à céder ou fermer et quels sont les 1 300 postes supprimés.

«L’entreprise a présenté les garanties nécessaires pour prétendre à ce régime de sauvegarde», a réagi Grégory Dubois, délégué syndical CFDT. «C’est la moins mauvaise des solutions. Mais avec le contexte sanitaire, qui va investir pour racheter un des 60 restaurants ? »

Philippe Delahaye, de la CFE-CGC, dresse un constat et fait part de ses doutes  : « On s’est un peu endormis sur nos lauriers avec un concept plutôt dépassé. Aujourd’hui, l’actionnaire remet 29 millions qui permettent d’effacer le passif et de disposer de trésorerie pour moderniser. Est-ce que ce sera suffisant ? Et puis, lors des derniers PSE, il n’y a pas eu de repreneurs pour les restaurants qui ont été fermés (NDLR : Flunch avait déjà fermé 8 unités en 2018). J’espère que tous les collaborateurs pourront retrouver un emploi. »

Thierry Bart, directeur général de Flunch

« La crise sanitaire nous oblige à prendre des mesures fortes plus vite que prévu. Nous devons adapter le réseau et redéployer la marque au plus près des consommateurs et de leurs nouvelles attentes. Nous avons hâte de voir nos restaurants rouvrir et de retrouver nos clients et nos équipes pour les accompagner dans ce renouveau de Flunch, »

Les six grands axes du plan « Cap à 5 ans » de Flunch annoncé en septembre 2020

Objectif : « Réinventer la marque autour des nouveaux modes de consommation en passant progressivement du modèle de cafétéria au concept de Food Hall»
  1. une offre autour d’un ancrage régional et de filières courtes avec les producteurs ;
  2. un rapport qualité-prix parmi les plus accessibles ;
  3. un poids d’activité mieux équilibré entre l’activité dans les restaurants et en livraison (20%) ;
  4. des expériences consommateurs (autour de kiosques à thèmes, d’animations produits, ou pédagogiques autour du culinaire et de la transition alimentaire) ;
  5. de nouveaux moyens d’achats et de commandes autour du digital ;
  6. et enfin des implantations nouvelles au plus près des flux de clientèles (centre villes, autoroutes, livraison).

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