Alors que l'Indice des Prix à la Consommation n'augmentait que de 0,1 % en mai après +1 % en avril, celui des services de Restauration et d'Hébergement décélérait également sur 1 mois à +0,4 % après +1,1 %. En cumul sur 12 mois, l'Indice global monte de +2,2 % à +2,4 %. Celui des services de R&H décélère de +3,3 % à +2,8 %. Mais il faut distinguer l'évolution baissière des services de Restauration (+1,9 % après +2,7 %), due surtout à un recul annuel de 10,6 % des tarifs des cantines en majorité universitaires, et la tendance toujours haussière de l'Hébergement (+6,1 %).
Toujours deux régimes de prix générant deux régimes d’inflation !
La forte saisonnalité tarifaire des services d’hébergements touristiques et la politique de revenu management qu’il pratique (l’offre de prix étant fonction de l’intensité de la demande) conduit à des écarts mensuels de prix assez marqués.
Les prix relevés en mai par les agents de l’Insee vérifient à nouveau ce constat. En premier lieu dans les hôtels, qui affichent un +4,1% en mai 2026 après +4,6 % sur le même mois de 2025 et +3,6 % en mai 2024. Alors qu’en janvier 2026, leur hausse de prix n’atteignait « que » +1%. Stagnait à 0 % en décembre 2025. Et reculait même de 8,7 %, toujours sur 1 mois, en novembre 2025.
Ce qui est beaucoup moins le cas de la Restauration, dont les évolutions de prix sont plus lisses et régulières. Même si, bien sûr, ils restent dépendants des hausses des prix de l’énergie et de l’alimentaire ainsi que de celles des coûts du travail. Autour de 0,2 % (0,3 % en 2025 après 0,2 % en 2024) pour la Restauration à table (rebaptisée désormais « restauration service complet »).
Pour autant, d’un type de service de restauration à l’autre, on note des écarts sensibles, surtout perceptibles en considérant les évolutions sur 12 mois. Ainsi la Restauration traditionnelle a vu ses prix progresser de 2,2 % en rythme annuel (vs 2,3 % en avril 2026). Alors que la Restauration rapide (renommée dans une nouvelle catégorie dite « restauration service limité ») se maintient encore à +3,5 % sur 12 mois après avoir pointé à +3,9 % en avril !
L’impact baissier du repas à 1 euro dans la restauration universitaire
Ecarts sensibles entre Restauration à service complet et Restauration à service limité. Mais écarts significatifs aussi avec les Cantines dont les prix, eux, sont régulés et contractuellement encadrés.
De fait, d’une année à l’autre, c’est dans ce secteur de la Restauration et plus largement de l’Hébergement Restauration que l’inflation est la plus faible : + 1,5 % en moyenne annuelle 2025. Versus le double (+3%) pour la Restauration rapide et à emporter. Versus +2,1% pour un Repas traditionnel dans un restaurant.
Bien que son poids dans la consommation soit nettement moins élevé que celui de la Rapide (sa pondération indiciaire est de 94 points vs 262 points pour la Rapide et 428 points pour la Traditionnelle), l’événement qui a secoué la Restauration universitaire début mai (la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants, quels que soient leurs revenus) a eu un effet baissier très puissant sur l’inflation mensuelle relevée par l’Insee dans l’ensemble des services de restauration et de débits de boissons.
Non seulement, l’indice des prix a reculé de 11,8 % sur 1 mois et de 10,6 % sur 12 mois dans les cantines universitaires et scolaires. Mais il a également entraîné une baisse mensuelle de 0,5 % de l’ensemble de l’indice Restauration – Débits de boissons et une décélération de +2,7 % à +1,9 % en rythme annuel.
Et on peut estimer également que cette baisse des prix des cantines U a eu un effet positif sur l’évolution annuelle de l’ensemble des prix de la branche, qui ont décéléré à +2,8 % en mai 2026 après s’être hissé à +3,3 % en avril 2026. Alors même que l’indice des prix des services d’Hébergement grimpait de + 5,6 % en avril à +6,1 % en mai. Deux régimes de prix. Deux régimes d’inflation qui se rééquilibrent en partie !
Source : Insee
Traitement graphique : HR-infos
Service complet, Service limité, une nouvelle segmentation de la Restauration
L’Insee a procédé à une révision générale de la classification des fonctions de consommation des ménages. Classification qui sert notamment à l’établissement de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC).
Le changement principal opéré par l’Institut au sein de la division « Services de restauration et d’hébergement » (précédemment appelée Restaurants et Hôtels) se situe dans l’instauration de deux sous-classes : « Restaurants, cafés…, services complet » et « Restaurants, cafés…, service limité », recouvrant deux grands types d’établissements classés auparavant en « Restaurants, cafés et établissements de danse », d’une part, et « Service de restauration rapide et à emporter », d’autre part.
Dans la sous-classe « Service complet », on retrouve les « Services de restauration fournis par des restaurants, des cafés et des établissements de restauration similaires offrant un service complet consistant en un service de serveur à des clients individuels assis à des tables, avec ou sans animation.».
Cette sous-classe inclue dans le détail quatre postes de consommation : « Repas traditionnel dans un restaurant », « Cafés et autres boissons chaudes consommés dans les cafés » ,« Boissons alcoolisées consommées dans les cafés » et « Boissons fraîches non alcoolisées consommées dans les cafés»
Dans la sous-classe « Service limité », on retrouvera « les Services de restauration fournis par des établissements à service limité et en libre-service (i.e., sans service de serveur et avec ou sans places assises) »
Cette sous-classe inclue dans le détail deux postes de consommation : « Repas en libre service » et « Service de restauration rapide et à emporter »
La classe Cantine a également été rebaptisée « Cantines, cafétérias et réfectoires ». Elle comprend désormais deux sous-classes : « Cantines et cafétérias des universités, écoles et jardins d’enfants » et « Autres cantines, cafétérias et réfectoires ». Cette dernière sous-classe recouvre essentiellement la restauration du travail, la restauration des patients hospitalisés et les mess militaires. Alors que la première sous-classe recouvre la restauration scolaire et universitaire.
Le glissement annuel des prix des services de restauration et d’hébergement depuis janvier 1991
Indice des prix Insee Services de restauration et d’hébergement – mai 2026
Le glissement annuel des prix des services de restauration et débits de boissons depuis janvier 1991
Indice des prix Insee Service de restauration et débits de boissons – mai 2026
Le glissement annuel des prix des services d’hébergement depuis janvier 1991
Indice des prix Insee Services d’hébergement – mai 2026
Le glissement annuel des prix des services d’hôtels – motels – auberges depuis janvier 1991
Indice des prix Insee Hôtels et hébergements similaires – mai 2026
Révision à la hausse de la pondération de la Restauration et de l’Hébergement
IL’INSEE actualise ses pondérations en fonction de l’évolution de la consommation de chaque poste de son indice. Or, la part de la consommation des ménages consacré aux services de Restauration et d’hébergement n’a jamais été aussi importante qu’en 2025.
En se basant sur les comptes nationaux trimestriels sortis le 31 janvier 2026, le regroupement a connu entre 2024 et 2025 une augmentation de +3,4 % en valeur qui se décompose en un effet volume de +0,9% et un effet prix de +2,5%. Les dépenses de consommation des ménages en prix courants ont atteint 136,4 milliards d’euros sur 12 mois. (vs 131,9 Md€ en 2024).
Du coup, la nouvelle pondération du regroupement « Restauration et Hébergement », qui succède à l’ancien « Restaurant et Hôtel » atteint son plus haut niveau historique. : 988 points en 2026 contre 961 points en 2025, qui était déjà un plafond.
Les services de Restauration passent de 764 à 784 points, du fait d’une revalorisation des postes Restaurants, cafés (+ 16 points, soit 690 points) et Cantines (+4 points, soit 94 points).
Mais la plus grande évolution tient à la répartition des 690 points du poste Restaurants, cafés entre la Restaurants à service complet (428 points) et la Restauration à service limité (262 points).
Côté Hébergement, la pondération gagne 3 points. Les 15 points supplémentaires gagnés par les Hôtels (105 vs 90), qui en avaient perdu 12 en 2025 (90 vs 102) et les 2 points gagnés centres de vacances (95 vs 93), contrebalancent les 10 points perdus par les autres services d’hébergement (auberges et foyers logements pour les travailleurs, wagons-lits, frais de site web et d’agence de voyages pour la recherche d’un hébergement…)

Moyenne annuelle et glissement annuel : quelles différences?
Moyenne annuelle et glissement annuel sont des concepts différents. L’évolution en moyenne annuelle compare les prix d’une année donnée à ceux de l’année précédente.. Le glissement annuel compare les prix d’un seul mois d’une année donnée à ceux du même mois de l’année précédente.
Et les résultats sont fort différents selon le concept. Ainsi en glissement annuel, l’indice des prix des services d’Hébergement a augmenté de +1,6 % en glissement annuel (décembre 2025-décembre 2024). Alors qu’il a augmenté de +3,7% en moyenne annuelle 2025. Idem pour les hôtels: +2 % en glissement annuel, mais + 3,7 % en moyenne annuelle.
Cet écart peut s’expliquer par les tarifs saisonniers. D’un mois à l’autre, les tarifs repartent à la hausse ou à la baisse. La moyenne annuelle lisse davantage les évolutions. Au contraire du glissement annuel, qui compare les prix à un instant T.
En revanche, les écarts sont minimes ou inexistants pour la majorité des Services de Restauration. +2,2 % pour les prix des Restaurants et Cafés, dans les deux modes de calcul. +1,2 % en glissement annuel vs +1,5 % en moyenne annuelle pour les prix des Cantines. Mais pour la Restauration rapide, le décalage est net. Son inflation cumule +3,6% en glissement annuel (et même +3,9 % en novembre). Elle revient à + 3 % en moyenne annuelle.
En comparaison de 2024, la hausse moyenne des prix
de la branche en 2025 recule dans la Restauration mais augmente dans l’Hébergement
Ce sont à nouveau les services de Restauration qui tirent d’abord l’inflation à la baisse
L’indice global des prix à la consommation a enregistré une forte décélération de l’inflation l’an dernier, à +0,9 %. Après +2% en 2024. +4,9 % en 2023. + 5,2 % en 2022. C’est aussi le cas des services de Restauration & d’Hébergement.
Au final, la hausse des prix des services H&R aux consommateurs a également décéléré, mais moins rapidement que l’indice général (-1,1 point vs 0,7 point). Celle-ci est retombée en 2025 à +2,4 %. Après +3,1 % en 2024. +5,3 % en 2023. +3,9 % en 2022. Elle n’était que de +0,8 % en 2021.
Cette décélération provient exclusivement des services de Restauration qui passent de +3,1 % à +2,1 %. Ils ont su tirer partie de la baisse des prix de l’énergie en 2025 et d’une modération confirmée de l’inflation sur les produits alimentaires (+0,7 % l’an dernier après +1,2 % en 2024).
La différence la plus marquante cette année dans l’évolution des prix tient au renversement de tendances dans les deux principaux secteurs de la Restauration. L’inflation est retombée de + 3,2 % à + 2,2% dans la Restauration à table. Et de +2 ,7 % à seulement +1,5 % dans les Cantines,
En revanche, la Restauration rapide voit son inflation repartir (légèrement) à la hausse, repassant de +2,5% à +3 %. Sur les 5 dernières années, l’indice des prix à la consommation de la Restauration rapide a pris plus de 22 %. La montée en gamme a ses limites aux yeux des consommateurs quand elles se traduisent par des notes de plus en salées, même en à emporter.
Le secteur des hôtels locomotive de l’inflation
L’inflation a été également très dynamique dans les services d’Hébergement au cours des cinq dernières années : +3,7 % en 2025 vs +3,1 % en 2024. Et sur le cumul 2021-2025 : +22% vs +15 % pour l’ensemble des services de Restauration.
Au sein de ces services, les hôtels font figure de locomotive de l’inflation avec un cumul de 27,7 % de hausse depuis 2021. Assez loin devant les campings et auberges de jeunesse, avec +17,7 %. Mais sur les deux dernières années, ce secteur est devenu plus inflationniste que celui des hôtels ( +9,1% vs+6,8%).
Même si les campings restent sur une crête supérieure à +4% ces deux dernières années, ce sont les hôtels qui ont enregistré la plus forte poussée d’inflation en 2025, avec une moyenne de +4,1 % contre seulement +2% en 2024. Mais +7 % en 2023…

Source : Insee
Traitement graphique : HR-infos



