1 244 postes et 57 restaurants en sursis chez Flunch placé en procédure de sauvegarde

La direction de l’enseigne, qui en a informé son CSE le 2 février, prévoit de se séparer de 57 restaurants sur ses 161 succursales en France et de supprimer 1 244 postes sur 5 000. Flunch se donne six à huit mois pour trouver un repreneur pour chaque site et leur équipe, en priorisant ses franchisés et ses salariés, A défaut, elle se tournera vers d’autres enseignes de restauration ou cèdera leur surface commerciale.

La direction de l'enseigne, qui en a informé son CSE le 2 février, prévoit de se séparer de 57 restaurants sur ses 161 succursales en France et de supprimer 1 244 postes sur 5 000. Flunch se donne six à huit mois pour trouver un repreneur pour chaque site et son équipe, en priorisant ses franchisés et ses salariés, A défaut, elle se tournera vers d'autres enseignes de restauration ou cèdera leur surface commerciale.

Le Flunch de la gare Lille Flandres, l'un des deux restaurants de l'enseigne menacés dans le Nord et le Pas-de-Calais, sur les 26 que compte Flunch dans les deux départements. Photo : Grégory Lagache.

Salariés et syndicats sont désormais au moins fixés sur les contours de la restructuration du réseau, depuis la réunion du Comité social et économique (CSE) de leur entreprise, tenue le 2 février. A défaut de connaître encore les critères objectifs qui ont conduit la direction à cibler ces 57 restaurants, sur les 161 qu’elle détient en propre.

Rappelons que Flunch avait été placé vendredi 29 janvier en procédure de sauvegarde (notre article). Le tribunal de commerce de Lille Métropole a donné son feu vert à une période d’observation de six mois renouvelables, l’enseigne nordiste ayant la capacité financière d’éviter une cessation de paiement. Son actionnaire en effet, le groupe Agapes (propriété de l’association familiale Muliez), a injecté 29 millions d’euros pour couvrir le passif de 27,8 M€.

Flunch va se mettre en quête d’acquéreurs pour les restaurants qu’il compte céder (voir leur liste ci-dessous, que les syndicats ont rendu publique). Une solution au cas par cas devra être trouvée d’ici six à huit mois.

« Rien n’est définitif », voulait rassurer la direction. Après avoir annoncé qu’elle dévoilerait les adresses des restaurants dont elle se séparerait, elle s’est finalement ravisée. En pure perte d’ailleurs, la liste circulant déjà. « On veut garder cette liste en interne dans l’intérêt des salariés et des restaurants, croyait-elle, pour leur donner un maximum de chances de reprise et ne pas les montrer du doigt. On veut se donner le temps de gérer les projets de reprise au cas par cas. Les discussions sont en cours avec chacun d’eux. On est engagé dans un processus assez long de six à huit mois. Et s’il y a des licenciements, ce ne serait pas avant l’été 2021 ».

Réunion extraordinaire du CSE le 17 février pour enclencher l’accompagnement et le reclassement

La direction de Flunch, a indiqué s’adresser d’abord aux franchisés et aux salariés Flunch, comme candidats potentiels. Des sources syndicales évoquent des pistes de reprises à l’étude avec plusieurs des 66 franchisés.

Quant à une reprise par les salariés ? «Ce serait une bonne solution, estime Grégory Dubois, délégué central CFDT. Ils connaissent déjà les process, même si en quittant le groupe, ils vont perdre en avantages sociaux, intéressement ou prime de gratification

Pour autant, ce scénario n’incline pas les syndicats à un grand optimisme. Ils s’inquiètent, à juste titre, de la crise persistante dans la restauration. Et, plus encore, du vieillissement rapide du concept Flunch. Pour lequel la direction, regrettent-t-ils, a consenti des investissements tardifs et insuffisants.

« Toutes les dernières ouvertures sont visées, cela met en évidence que notre système, notre concept étaient dépassés« , regrette encore un syndicaliste. Pour autant, selon lui, des sites génèrent encore d’importants flux, même s’ils ne sont pas rentables, et présentent encore un gros potentiel.

Une réunion extraordinaire du comité social et économique (CSE) se tiendra 17 février, pour enclencher la procédure d’accompagnement et de reclassement des salariés visés. 1 200 dans les restaurants à céder. Et 44 salariés dans les services du siège.

Extraits du communiqué de l’intersyndical Flunch (*)

(*) CFDT-Services, CFE-CGC, CFTC, CGT, FGTA-FO

«Une grande émotion est ressentie par ces 1244 salariés (dont 44 postes supprimés au siège), en attente du sort qui leur est réservé ! Cette situation génère de la colère, de la part de ces salariés, qui se sont investis depuis de nombreuses années, à qui on a toujours demandé tant et plus, sous prétexte de sauvegarder leur emploi, ayant confiance dans la marque, et qui se trouvent aujourd’hui dans un profond désarroi.

L’Intersyndicale fait part de ses inquiétudes
  • La Direction parle de repreneur. Qui va reprendre aujourd’hui ces établissements avec la crise qui traverse notre secteur d’activité ? Quel avenir pour ces salariés, dont l’expertise n’est pas reconnue ? Quelles garanties en cas de reprise en franchise ?
  • La Direction prévoit un plan de relance. Lancement des tests en 2021 et 2022 pour trouver les pistes permettant de renouer avec les bénéfices et initier la transformation ! L’actionnaire AGAPES, entreprise de la Galaxie MULLIEZ, met seulement 5 millions pour ce projet. Vu la faiblesse du montant, y croit-il ?
  • La Direction met sur le dos de la crise sanitaire cette situation. Notre déclin, en fréquentation dure depuis plusieurs années, avec un modèle de restauration dépassé. Un modèle économique qui ne fonctionne plus, poussant la Direction à s’appuyer uniquement sur des gains de productivité, lorsque les IRP demandent depuis plus de 5 ans à Flunch de se réinventer !

L’entreprise se dit soulagée suite au dépôt de cette procédure de sauvegarde ; l’actionnaire couvrant le passif à hauteur de 29 millions, et s’engageant sur 6 mois.

L’Intersyndicale fait remarquer que ces sommes sont bien faibles au regard des levées de dividendes de ces dernières années, sans oublier les dividendes exceptionnels, qui ont privés l’entreprise d’investir, et n’a même pas permis de maintenir à flot le parc de restaurants, de plus en plus vétustes.

Nous sommes en attentes des éléments, notamment les critères objectifs, qui ont conduits la Direction à choisir ces établissements, ainsi que le détail précis de l’organigramme dans le cadre de la restructuration (…) »

 

Les 57 restaurants qui pourraient être cédés ou fermés

  • Angoulême (Charente)
  • Aubervilliers (Seine-Saint-Denis)
  • Aulnoy-lez-Valenciennes (Nord)
  • Aurillac (Cantal)
  • Avignon Mistral (Vaucluse)
  • Bar-le-Duc (Meuse)
  • Biganos (Gironde)
  • Bonneuil (Val-de-Marne)
  • Bourgoin-Jallieu (Isère)
  • Bourtzwiller (Haut-Rhin)
  • Brest Iroise (Finistère)
  • Brest Kergaradec (Finistère)
  • Chalons-en-Champagne (Marne)
  • Chambéry (Savoie)
  • Châteauroux (Indre)
  • Châteauroux Cap Sud (Indre)
  • Claye-Souilly (Seine-et-Marne)
  • Cognac (Charente)
  • Creutzwald (Moselle)
  • Dijon Centre (Côte-d’Or)
  • Fontenay (Val-de-Marne)
  • Givors (Rhône)
  • Grenoble Saint-Egrève (Isère)
  • La Rochelle (Charente Maritime)
  • Lille Gare (Nord)
  • Limoges Nord (Haute-Vienne)
  • Lyon Saint-Genis (Rhône)
  • Macon (Saône-et-Loire)
  • Marsannay-la-Côte (Côte-d’Or)
  • Martigues (Bouches-du-Rhône)
  • Maurepas (Yvelines)
  • Melun Cesson (Seine-et-Marne)
  • Montluçon (Allier)
  • Moulins (Allier)
  • Nancy Tomblaine (Meurthe-et-Moselle)
  • Nantes Rezé (Loire-Atlantique)
  • Nantes Saint-Sébastien (Loire-Atlantique)
  • Nevers (Nièvre)
  • Nice Trinité (Alpes-Maritimes)
  • Pau (Pyrénées-Atlantiques)
  • Pau Lescar (Pyrénées-Atlantiques)
  • Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône)
  • Pontoise Osny (Val-d’Oise)
  • Rambouillet (Yvelines)
  • Reims Cernay (Marne)
  • Saint-Brice-sous-Forêt (Val-d’Oise)
  • Strabourg Hautepierre (Bas-Rhin)
  • Toulouse Portet (Haute-Garonne)
  • Tour Nord (Indre-et-Loire)
  • Trélissac (Dordogne)
  • Troyes (Aube)
  • Tulle (Corrèze)
  • Varennes (Somme)
  • Vénissieux (Rhône)
  • Villabé (Essonne)
  • Villebon-sur-Yvette (Essonne)
  • Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne)

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