Une reprise forte mais progressive de l’activité hôtelière

Depuis avril 2021, les réservations et les taux d’occupation en France sont très supérieurs aux scores enregistrés en 2020 lors des mêmes périodes, y compris à Paris. Les performances sur 2021 demeurent toutefois nettement en deçà de celles de 2019. Mais l’écart tend à se réduire au fil des semaines de juin. L’été 2021 pourrait même voir ce retard disparaître et le marché renouer avec une vraie croissance. Revue des indicateurs d’activité les plus récents.

Depuis avril 2021, les réservations et les taux d'occupation en France sont très supérieurs aux scores enregistrés en 2020 lors des mêmes périodes, y compris à Paris. Les performances sur 2021 demeurent toutefois nettement en deçà de celles de 2019. Mais l'écart tend à se réduire au fil des semaines de juin. L'été 2021 pourrait même voir ce retard disparaître et le marché renouer avec une vraie croissance. Revue des indicateurs d'activité les plus récents.

Test L'ouverture en juin de l'Auberge de Jeunesse Les Piaules Nation contribue à rééquilibrer l'offre tarifaire dans la capitale. Ses 30 chambres partagées de 4, 6 et 8 lits sont accessibles à partir de 26 euros.

La reprise du marché hôtelier français est là et bien là. Et cette fois, la bonne nouvelle est double. La reprise s’observe, contrairement à 2020, sur toutes les destinations. Et tout particulièrement à Paris.  Et de plus, ce renouveau s’appuie sur deux leviers. D’une part, sur les touristes français. D’affaires pendant la semaine. De loisirs de proximité lors du week-end et des vacances scolaires. D’autre part, sur les visiteurs internationaux, européens surtout, largement absents en 2020.

Ces tendances sont très visibles sur le booking index d-edge, qui enregistre principalement les données d’hôtels indépendants et de chaînes volontaires. Ainsi, le 22 juin, l’index grimpait de 31 points pour Paris (46 vs 16). Les réservations d’origine internationale progressant pour leur part de 24 points (42 vs 18). Les touristes étrangers, par petits contingents pour l’instant, ont enfin entamé leur retour dans la capitale.

L’offre hôtelière disponible vers un retour à la normale

Pour autant, il faut se garder encore de toute euphorie. Fin mai, en se basant cette fois sur le baromètre MKG Consulting (qui scrute surtout les chaînes intégrées), le taux moyen d’occupation n’atteignait que 34,7 %. Un taux assez modeste mais qui progresse au fil des mois. Il n’était que 26,8 % en avril. Et il va continuer de progresser au fil des phases du déconfinement. Ainsi, sur la semaine du 9 au 13 juin, marquant sa seconde étape, le taux d’occupation s’est redressé à 48 % (avec un pic à 56 % en Bretagne), contre 42 % du 19 mai au 9 juin (phase 1 du déconfinement) et 32 % du 1er au 18 mai (période de confinement).

Preuve malgré tout de la confiance dans le redémarrage du marché, l’offre hôtelière se reconstitue progressivement. Le taux d’ouverture des hôtels atteignait 90 % fin mai (94 % en régions), soit 9 points de mieux qu’en avril. A Paris, il parvient à 70 %, contre 59 % en avril. Et il devrait encore grimper en juin. Selon le baromètre de VisitParisRegion, produit par l’office de Tourisme de Paris-Ile de France, 43 % des hébergeurs parisiens interrogés début juin déclaraient rouvrir leur établissement à partir de juin, contre 6 % en juillet et 24 % « plus tard ».

Le retard sur 2019 s’est réduit en mai et en juin 

Pour autant, l’hôtellerie n’a pas encore retrouvé un cour normal d’activité. Et les comparaisons entre 2021 et 2020 ont leur limite. La situation sanitaire français et internationale, en effet, a évolué favorablement dans l’intervalle, grâce à la vaccination et à la politique des gestes barrière. Le gouvernement, contre toute attente, a exclu un reconfinement dès janvier du pays. D’autre part, les frontières entre les pays européens vont se rouvrir pleinement à partir du 1er juillet, date d’entrée en vigueur du pass sanitaire, formellement adopté par le Conseil de l’UE le 14 juin dernier.

Plus éclairante, par conséquent, est la comparaison avec 2019, avant la crise sanitaire. Et, à l’approche de la fin juin, le marché reste toujours en retard. Pourtant, l’écart s’est sensible réduit depuis mai. Selon le Site Minder World Hotel Index, les réservations enregistrées en avril représentait moins de 25 % de celles passées en avril 2019. Fin mai, le différentiel n’atteignait plus que 49 %. Et le 22 juin, les résas 2021 pesaient numériquement 60 % de celles de 2019. Le même jour, son concurrent numéro 1 en Europe, l’Espagne, avait quasiment retrouvé son niveau de 2019 (97 %).

Qu’en sera-t-il cet été ? Les index dressent des historiques, pas des prévisions pour des périodes données. En revanche, les réservations enregistrées par certains groupes hôteliers autorisent à anticiper un possible renversement de tendance. Chez Logis Hotels, cela semble pour l’instant le cas. A la date du 18 juin, les réservations enregistrées par sa centrale pour les mois de juillet et d’août avaient augmenté de 26 % par rapport à 2019 (et de plus de 160 % par rapport à 2020). Et cette croissance se double aussi d’une hausse de la durée du séjour en été (+ 31 %, soit 1,5 jour supplémentaires) et d’une hausse du panier moyen (+ 13 %). Ce qui réjouit son directeur général, Karim Soleilhavoup : « Nous sommes aussi une hôtellerie de destination et pas uniquement une hôtellerie d’étape ! »

Une inversion de tendances à la mi-mars selon le booking index d-edge

 

 Paris a redémarré plus lentement mais a accéléré depuis la mi-mai

Le retard sur 2019 se réduit selon Site Minder, mais il est encore de 40 % le 22 juin

Lecture : les réservations enregistrées par Site Minder le 22 juin 2021 représentent 59,86 % du volume de réservations enregistrées le 22 juin 2019.

Baromètre de l’activité touristique sur Paris intra-muros

Le terrain de ce baromètre du CRT Paris Ile-de-France a été réalisé du 1er au 3 juin auprès de 89 hébergeurs 

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