Plastiques à usage unique : la Restauration livrée peine encore à respecter tous ses engagements

La proportion d’emballages et contenants en plastique à usage unique recule significativement, mais pas chez tous les opérateurs, selon le bilan d’étape publié par le ministère de la Transition écologique. Et aucune des 34 entreprises signataires de la Charte signée avec l’Etat ne respecte pas les dix engagements pris. Les expérimentations de réemploi demeurent rares et à petites échelles. Les consommateurs ne sont pas en mesure d’identifier les restaurants engagés. Et le manque de remontées de données ne permet pas un bon suivi des engagements.

La proportion d'emballages et contenants en plastique à usage unique recule significativement, mais pas chez tous les opérateurs, selon le bilan d'étape publié par le ministère de la Transition écologique. Et aucune des 34 entreprises signataires de la Charte contractée en février 2021 avec l'Etat ne respecte l'ensemble de ses dix engagements. Les expérimentations de réemploi demeurent rares et à petites échelles. Les consommateurs n'identifient pas les restaurants engagés. Et le manque de remontées de données ne permet pas un bon suivi des actions.

Avec 78% (en tonnage) de ses contenants et emballage sans plastique à usage unique, le restaurant virtuel I-lunch a dépassé l'objectif de 50 % à janvier 2022. Un comité de suivi de la charte rassemblant les signataires, des ONG et des syndicats professionnels, se réunit tous les deux mois. Sa mission est de suivre l’avancement de la mise en oeuvre des engagements par les acteurs, d'accompagner leur démarche et de structurer les travaux à mener pour atteindre les objectifs fixés par la charte.

Le compte n’y est pas ! A la fois dans les résultats obtenus, insuffisants au regard des objectifs.  Et pire encore, dans l’absence de données permettant justement de mesurer les progrès réalisés dans la réduction et le recyclage des plastiques. Une minorité seulement d’opérateurs ont remonté des informations, souvent parcellaires d’ailleurs, alors qu’ils s’y étaient engagés. A la décharge des plateformes d’intermédiation, la démarche n’est pas aisée, travaillant avec des milliers de restaurants.

Des avancées sont malgré tout notables depuis la signature de la Charte en février 2021 (lire notre article) par 19 opérateurs, rejoints par 15 autres en juillet. La plus marquante : l’abandon des sacs en plastique. C’est le cas, sur la foi des réponses apportées au questionnaire adressés aux 34 signataires, dans 9 des 10 restaurants virtuels, de FoodChéri à Saveurs et Vie. Frichti, en revanche, n’avait pas communiqué de bilan. Tout comme les plateformes, à l’exception de la petite TipToque qui s’est affranchie des sacs plastique.

Le recul de l’usage des contenants et emballages à usage unique est également encourageant, mais lacunaire. Car, là-aussi, les plateformes ne sont pas encore au rendez-vous, à l’exception de nouveau de la Parisienne TipToque. Au contraire des restaurants Bioburger, qui n’utilisent plus du tout ce matériau. La plupart des restaurants virtuels ont également tous franchi le seuil requis des 50 % d’emballages livrés sans usage unique d’ici 2022. Certains même ont dépassé le seuil des 70 % en vigueur à partir de 2023. C’est le cas de Nestor (85 % des tonnages) et I-Lunch (78%). Ou encore de Room Saveurs (76 %) et FoodChéri (73 %). Frichti et Saveurs & Vie n’ont pas fourni de chiffres.

 Recyclabilité et réemploi : quelques expérimentations de consignes

Bilan très fragmentaire concernant la fin de la fourniture systématique de couverts en plastique et de sauces à partir de mars 2021. Les géants Deliveroo et Uber Eats font état de plus de 80 % des commandes sans couverts. Tandis que Stuart, Coopcycle, Tiptoque, Foodles, Foodchéri, Nestor, Popchef, Saveurs et Vie, Bioburger ont mis fin à la livraison systématique, tout en proposant un système d’option. Just Eat Takeaway ne le propose pas encore. Les autres signataires n’ont pas transmis leur bilan.

Quant aux expérimentations de solutions locales de réemploi, de type consigne, leur nombre et leur portée restent fort limités et isolés, faute de mutualisation et d’échanges entre opérateurs. Parmi les plus significatives, Deliveroo a démarré en juin un test d’1 an avec Barepack. La start-up propose à une soixantaine de restaurants parisiens de dresser leurs plats dans des contenants consignés monbento®. En souscrivant à un abonnement de 2 euros par mois, le consommateur peut conserver jusqu’à cinq contenants reçus. Il doit ensuite les rapporter dans n’importe quel restaurant partenaire.

De son coté, Foodles a effectué une expérimentation en Île-de-France, en partenariat avec Pyxo et Uzaje, auprès de 6 entreprises clientes. Deux premiers sites fonctionnent désormais en 100 % consigne depuis septembre 2021.

A ce stade, ce sont bien sur la recyclabilité et surtout le réemploi de contenants que les opérateurs butent le plus. Le ministère espère que les groupes de travail thématiques mis en place avec le concours de spécialistes permettront de « lever des difficultés qu’ils ont identifiées et à développer des démarches mutualisées de déploiement de solutions de réemploi.»

Le comité de suivi effectuera un nouveau point d’étape d’ici au début de l’été 2022.

Parmi les mesures phares de la Charte de la Restauration livrée

> Un objectif de 50 % des emballages livrés sans plastique à usage unique d’ici janvier 2022 puis 70 % au 1er janvier 2023.
> La fin de la livraison systématique de couverts et de sauces dès le 1er mars 2021.
> Le lancement de 12 expérimentations de réemploi des contenants pour plats, notamment via des dispositifs de consigne.
> Un objectif de 100 % d’emballages recyclables au 1er janvier 2022.

Les 34 acteurs du secteur de la restauration livrée signataires de cette charte

  • 6 plateformes intermédiation : Uber Eats, Deliveroo, Tiptoque, CoopCycle, Stuart, Just Eat Takeaway
  • 10 « restaurants virtuels » opérant d’une cuisine centrale : Frichti, Nestor, Popchef, Foodchéri, Foodles, Saveurs et Vie, Smart Kitchen, I-lunch, Ideel Garden, Room Saveurs
  • 13 porteurs de solutions de réemploi dans la restauration livrée : Uzaje, Green Go, Reconcil, En boite le plat, Pyxo, Loop Eat, Barepack, Box Eaty, Raboule ta consigne, Dabba Consigne, Le Collecteur, Bako, Les Boîtes Nomades
  • 4 fabricants et fournisseurs d’emballages ou contenants : Metro, Pyrex, Arc International, Mon Bento
  • 1 restaurant : Bioburger

Le bilan d’étape établi par le ministère de la Transition écologique 

Ce bilan permet d’identifier les initiatives prises, pour chacun des dix engagements de la charte. de mesurer les écarts entre les réalisés et les objectifs cibles. Il repose sur une questionnaire a été diffusé aux 34 opérateurs. L’ADEME en a réalisé une synthèse qu’elle a présenté aux parties prenantes lors du comité de suivi du 28 septembre.

Charte restauration livrée

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