L’offre d’insolites toujours en plein essor

Un étude inédite et étoffée de l’agence Hôtes insolites et du cabinet ProTourisme cerne enfin ce marché des hébergements insolites, faute encore de données officielles. Cabanes, roulottes, yourtes, tipis, bulles…, le territoire français compterait plus de 3000 adresses insolites, dont 500 en campings, regroupant près de 10 000 modules d’hébergement. Leur chiffre d’affaires atteindrait 220 millions d’euros, pour un prix moyen de 142 euros par nuit, une durée de séjour de 1,7 nuit, et un taux d’occupation de 61,7 %. Une autre recherche recense un parc plus restreint.

Un étude inédite et étoffée de l'agence Hôtes insolites et du cabinet ProTourisme cerne enfin ce marché des hébergements insolites, faute encore de données officielles. Cabanes, roulottes, yourtes, tipis, bulles…, le territoire français compterait plus de 3000 adresses insolites, dont 500 en campings, regroupant près de 10 000 modules d'hébergement. Leur chiffre d'affaires atteindrait 220 millions d'euros, pour un prix moyen de 142 euros par nuit, une durée de séjour de 1,7 nuit, et un taux d'occupation de 61,7 %. Une autre recherche recense un parc plus restreint.

Posé à 80 mètres du sol et 1000 mètres d’altitude, ce "cocoon" présenté par Glamping Corsica surplombe le golf de Porto-Vecchio et offre un panorama imprenable sur le lac de l’Ospedale, et la mer Méditerranée. On y accède par une paroi d'escalade... Pas d'eau ni d'électricité. Mais un petit-déjeuner livré sur place. La nuit est facturée à partir de 200 euros (selon la saison).

Les uns, hôtels, campings, résidences, déclinent lentement (notre article). Les autres, cabanes, roulottes et autres bulles s’accroissent à vitesse grand V. La comparaison, toutefois, a ses limites…

Car on parle, d’un côté, d’un parc comptant près de 29 000 structures, 2,5 millions d’unités d’hébergement et totalisant 324 millions de nuitées en 2021 (source Insee) mais 442 en 2019. Et de l’autre, d’une niche de marché, à cheval entre le collectif (les campings) et l’individuel (les gîtes). Niche qui n’offre encore que 3 000 adresses, de surcroît de petites tailles. On y dénombre en moyenne moins de 4 unités d’hébergement, soit environ 10 000 au total. Unités qui auraient totalisé 2,5 millions de nuitées en 2021, soit 0,78 % du volume des hébergements touristiques.

Ce recensement d’ailleurs n’a rien d’officiel. La définition même de l’hébergement insolite ne l’étant pas non plus. Ce qui explique sans doute la différence avec le dénombrement opéré par un autre spécialiste (lire plus loin).

Mais l’on ne pourra pas nier les précautions prises par l’agence Hôtes insolites. En effet, pour effectuer ce recensement, elle a pris soin d’interroger l’ensemble des CDT et CRT et d’analyser l’offre de 26 plateformes de distribution spécialisées et de deux grandes généralistes AirBnB et Booking.com.

Un marché qui pèserait 7,4 % de celui des campings et 1,2 % de celui des hôtels

En terme de dynamique de marché, les hébergements insolites ont certainement le vent en poupe auprès de la clientèle. Malgré tout, leur taux d’occupation (41 % pour les sites ouverts à l’année et 61 % pour ceux ouverts en saison) demeure en deça de ceux de l’hôtellerie classique (autour de 64 % en moyenne lissée).

Quant au chiffre d’affaires de ce type d’hébergements, il reste pour l’instant modeste. Estimé à 220 millions d’euros par ProTourisme, il équivaut à 7,4 % de celui des campings (2,958 milliards d’euros avant-crise, données Insee-Esane 2019) et moins de 1,2 % de celui des hôtels (18,6 milliards).

Son vrai succès réside d’avantage dans l’engouement des investisseurs. Des professionnels de l’hôtellerie de plein air. Mais également des particuliers en reconversion professionnelle. Ceci explique la forte progression du parc. Près d’un site sur deux (40 %) a vu le jour au cours des quatre dernières années. Selon les chiffres de l’Observatoire de l’Insolite (créé par la plateforme spécialisée AbracadaRoom et le cabinet Alliances), le parc aurait augmenté de 86 % par rapport à 2019.

Mais l’ODI a toutefois dénombré seulement 1 677 domaines d’hébergements insolites. L’Observatoire n’a retenu que des structures réellement professionnelles. Il a écarté ainsi des adresses de gîtes qui se borneraient à proposer une caravane ou une cabane au fond de leur jardin…

Quant au nombre de modules (6012) et de lits (22 238), ils se seraient accrus d’environ 70 %. La fréquentation n’a probablement pas augmenté dans les mêmes proportions. AbracaRoom, pour sa part, fait état d’une progression de 21 %  du nombre de nuitées par rapport à 2020, année toutefois sinistrée pour le tourisme. Un constat à nuancer là aussi. Car la demande est en réalité particulièrement dynamique pour les offres haut de gamme, dotées de spa par exemple.

Chiffres clefs de l’étude Hôtes-Insolites et Pro-Tourisme

Effectué entre avril et juin 2022, le recensement est proche de l’exhaustivité. L’enquête économique, réalisée par ProTourisme, repose, elle, sur les déclarations de 370 hébergements portant sur l’exercice 2021, extrapolées ensuite.

  • 3026 sites d’hébergements insolites recensés, dont 500 situés dans des campings, les autres principalement dans des gîtes et des chambres d’hôtels.
  • 75 % proposent des prestations hôtelières (petits-déjeuners,…), 57 % de la wi-fi,  27% ont un spa ou sauna
    privatif et 26% des toilettes sèches.
  • 9 702 modules d’hébergement
  • 142 euros : le panier moyen par nuit
  • 241 euros : le budget moyen par séjour
  • 1,7 jours : durée moyenne du séjour
  • 2,5 millions : le nombre annuel de nuitées
  • 200 jours d’ouverture en moyenne
  • 56,4 % : taux d’occupation moyen, qui descend à 41 % pour les ouvertures à l’année et monte à 61 % pour ceux n’ouvrant qu’en saison estivale
  • 2,9 occupants en moyenne
  • 66 % de couples, 63 % âgés entre 31 et 45 ans
  • 47 % habitent à moins de deux heures de la structure insolite
  • 3 % seulement de clients étrangers
    9,4 sur 10 : note moyenne relevée sur 200 hébergements sélectionnés au hasard sur les avis Google, Trip Advisor, Facebook et Booking.com

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