L’inflation recule sur l’ensemble de l’Indice des Prix mais remonte dans l’Hébergement et la Restauration

Alors que l’Indice Insee global des Prix à la Consommation (IPC) n’a progressé en janvier 2026 que de 0,3 % sur 1 an, après +0,8 % en décembre 2025, l’indice des prix des services de Restauration et d’Hébergement est remonté en flèche, passant de +2 % à +2,4 % en glissement annuel. La hausse est autant marquée dans l’Hébergement (+2 % après 1,6 %) que dans la Restauration (+2,5 % après +2,1%). La pondération plus importante attribuée désormais à la Restauration rapide et à emporter pourrait expliquer au moins en partie cette hausse, ce secteur restant le plus inflationniste.

Alors que l'Indice Insee global des Prix à la Consommation (IPC) n'a progressé en janvier 2026 que de 0,3 % sur 1 an, après +0,8 % en décembre 2025, l'indice des prix des services de Restauration et d'Hébergement est remonté en flèche, passant de +2 % à +2,4 % en glissement annuel. La hausse est autant marquée dans l'Hébergement (+2 % après 1,6 %) que dans la Restauration (+2,5 % après +2,1%). La pondération plus importante attribuée désormais à la Restauration rapide et à emporter pourrait expliquer au moins en partie cette hausse, ce secteur restant le plus inflationniste.

Les relevés de prix effectués dans la restauration gastronomique sont agrégés dans la sous-classe restauration à service complet. A Lyon, le bouchon La Meunière (en photos), avec sa cuisine canaille et généreuse, offre un rapport qualité-prix lui valant d'entrer dans la sélection Michelin Bib Gourmand, avec un menu complet à 35 € (entrée, plat, fromage ou dessert au choix) et à 38 € (fromage au choix en plus).

L’une grimpe, l’autre aussi !

L’inflation dans la division Restauration & Hébergement a repris sa marche en avant sur le court terme. Tant dans l’Hébergement (+2 % après +1,6 % en glissement annuel) que dans la Restauration (+2,5 % après +2,1 %). Tant sur 1 mois (+0,4 %en janvier 2026  vs +0,2% en décembre 2025). Que sur 1 an (+2,4 % vs +2 % en décembre 2025).

Mais si l’on compare l’indice des prix de la la branche R&H en glissement annuel (+2,5 % en janvier 2026), il est prématuré, à ce stade, de parler d’une tendance de moyen-long terme. En janvier 2025, l’inflation de la  branche atteignait 2,9 % sur 1 an. En janvier 2024, +3,9 %. En janvier 2023, 4,7 % !

Pour la Restauration, la tendance à la décélération est pour l’instant enrayée. En janvier 2025, son indice des prix se limitait à +2,2 % en cumul annuel. Alors qu’il atteint +2,5 % en janvier 2026. A l’inverse, il grimpait à +4,8 % en janvier 2024 et à +5,8 % en janvier 2023.

Pour l’indice des hôtels, on note également une forte reprise entre janvier 2026,  2025 et même 2024 ( +5,6 % vs + 2,2 % vs +3,7 %, en cumul annuel). Mais leur indice des prix atteignait +11 % en janvier 2023 !

Il conviendra d’attendre au moins la fin du premier trimestre 2026 pour conclure à une reprise ou un ralentissement de la hausse des prix. Selon l’Insee, en janvier 2026 en tout cas, la Restauration et l’Hébergement « ne connaissent pas de hausse significative , on est sur une évolution saisonnière plutôt normale.»

La nouvelle pondération attribuée à la Restauration rapide
a-t-elle boosté l’inflation de la Restauration dans son ensemble ?

Alors que l’inflation a nettement ralenti en France, du fait notamment de la stabilisation des prix de l’énergie et de l’alimentation, ce qui est une bonne nouvelle tant pour les consommateurs que pour les entreprises, les consommateurs comprendraient mal que la Restauration & l’Hébergement voient à nouveau leurs prix flamber.

Selon HR-infos, la pondération appliquée depuis janvier 2026 pourrait avoir une incidence sur l’indice des prix de la Restauration. En effet, la restauration rapide et à emporter est désormais la composante principale d’une nouvelle sous-classe « Restaurant à service limité ». Cette sous-classe est pondérée pour 2026 à 262 points sur un total de 690 points. Contre 8 points seulement pour la Restauration rapide en 2025.

Or,  cette Restauration rapide est le secteur de la Restauration qui a connu la plus forte inflation ces derniers mois et dernières années. En lui attribuant, légitimement, au regard de son poids dans la consommation, une pondération plus élevée, de facto, celle-ci pousse à la hausse l’inflation globale dans la Restauration. C’est en tout cas l’analyse d’HR-infos !

Pour étayer notre point de vue, on note que l’inflation sur janvier 2026 dans la Restauration à service limité est le triple de celle de la Restauration à service complet (+0,9 % vs +0,3 % sur 1 mois seulement). Et elle est également nettement plus élevée en cumul annuel : +3,7% pour le Service limité contre +2,3 % pour le Service complet.

Source Insee
Traitement graphique : HR-infos

Service complet, Service limité, une nouvelle segmentation de la Restauration

L’Insee a  procédé à une révision générale de la classification des fonctions de consommation des ménages. Classification qui sert notamment à l’établissement de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC).

Le changement principal opéré par l’Institut au sein de la division « Services de restauration et d’hébergement » (précédemment appelée Restaurants et Hôtels) se situe dans l’instauration de deux sous-classes : « Restaurants, cafés…, services complet » et  « Restaurants, cafés…, service limité », recouvrant deux grands types d’établissements classés auparavant en « Restaurants, cafés et établissements de danse », d’une part, et « Service de restauration rapide et à emporter », d’autre part.

Dans la sous-classe « Service complet », on retrouve les « Services de restauration fournis par des restaurants, des cafés et des établissements de restauration similaires offrant un service complet consistant en un service de serveur à des clients individuels assis à des tables, avec ou sans animation.».

Cette sous-classe inclue dans le détail quatre postes de consommation : « Repas traditionnel dans un restaurant », « Cafés et autres boissons chaudes consommés dans les cafés » ,« Boissons alcoolisées consommées dans les cafés »  et  « Boissons fraîches non alcoolisées consommées dans les cafés»

Dans la sous-classe « Servics limité »,  on retrouvera « les Services de restauration fournis par des établissements à service limité et en libre-service (i.e., sans service de serveur et avec ou sans places assises) »

Cette sous-classe inclue dans le détail deux postes de consommation : « Repas en libre service » et  « Service de restauration rapide et  à emporter  » 

La classe Cantine a également été rebaptisée « Cantines, cafétérias et réfectoires ». Elle comprend désormais deux sous-classes :  « Cantines et cafétérias des universités, écoles et jardins d’enfants » et  « Autres cantines, cafétérias et réfectoires ». Cette dernière sous-classe recouvre essentiellement la restauration du travail, la restauration des patients hospitalisés et les mess militaires. Alors que la première sous-classe recouvre la restauration scolaire et universitaire.

L’évolution annuelle des prix des services de restauration et d’hébergement depuis janvier 1990

IPC Services de restauration et d’hébergement HR-infos – 012026

L’évolution annuelle des prix des services de restaurants et cafés depuis janvier 1990

IPC-Restauration et débits de boissons-HR-Infos-012026

L’évolution annuelle des prix des services d’hébergement depuis janvier 1990

IPC-Services-dhebergement-HR-Infos-012026

L’évolution annuelle des prix des services d’hôtels – motels – auberges depuis janvier 1990

IPC-Hotels-HR-Infos-012026

La pondération de la Restauration et de l’Hébergement

IL’INSEE actualise ses pondérations en fonction de l’évolution de la consommation de chaque poste de son indice. Or, la part de la consommation des ménages consacré aux services de Restauration et d’hébergement n’a jamais été aussi importante qu’en 2025.

En se basant sur les comptes nationaux trimestriels sortis le 31 janvier 2026,  le regroupement a connu entre 2024 et 2025 une augmentation de +3,4 % en valeur qui se décompose en un effet volume de +0,9% et un effet prix de +2,5%. Les dépenses de consommation des ménages en prix courants ont atteint 136,4 milliards d’euros sur 12 mois. (vs 131,9 Md€ en 2024).

Du coup, la nouvelle pondération du regroupement « Restauration et Hébergement », qui succède à l’ancien « Restaurant et Hôtel » atteint son plus haut niveau historique. : 988 points en 2026 contre  961 points en 2025, qui était déjà un plafond.

Les services de Restauration passent de 764 à 784 points, du fait d’une revalorisation des postes Restaurants, cafés (+ 16 points, soit 690 points) et Cantines (+4 points, soit 94 points).

Mais la plus grande évolution tient à la répartition des 690 points du poste Restaurants, cafés entre la Restaurants à service complet (428 points) et la Restauration à service limité (262 points).

Côté Hébergement, la pondération gagne 3 points. Les 15 points supplémentaires gagnés par les Hôtels (105 vs 90),  qui en avaient perdu 12 en 2025 (90 vs 102) et les 2 points gagnés centres de vacances (95 vs 93), contrebalancent les 10 points perdus par les autres services d’hébergement (auberges et foyers logements pour les travailleurs, wagons-lits, frais de site web et d’agence de voyages pour la recherche d’un hébergement…)

 

Moyenne annuelle et glissement annuel : quelles différences ?

Moyenne annuelle et glissement annuel sont des concepts différents. L’évolution en moyenne annuelle compare les prix d’une année donnée à ceux de l’année précédente.. Le glissement annuel compare les prix d’un seul mois d’une année donnée à ceux du même mois de l’année précédente.

Et les résultats sont fort différents selon le concept. Ainsi en glissement annuel, l’indice des prix des services d’Hébergement a augmenté de +1,6 % en glissement annuel (décembre 2025-décembre 2024). Alors qu’il a augmenté de +3,7% en moyenne annuelle 2025. Idem pour les hôtels: +2 % en glissement annuel, mais + 3,7 % en moyenne annuelle.

Cet écart peut s’expliquer par les tarifs saisonniers. D’un mois à l’autre, les tarifs repartent à la hausse ou à la baisse. La moyenne annuelle lisse davantage les évolutions. Au contraire du glissement annuel, qui compare les prix à un instant T.

En revanche, les écarts sont minimes ou inexistants pour la majorité des Services de Restauration. +2,2 % pour les prix des Restaurants et Cafés, dans les deux modes de calcul. +1,2 % en glissement annuel vs +1,5 % en moyenne annuelle pour les prix des Cantines. Mais pour la Restauration rapide, le décalage est net. Son inflation cumule +3,6% en glissement annuel (et même +3,9 % en novembre). Elle revient à + 3 % en moyenne annuelle.

En comparaison de 2024, la hausse moyenne des prix
de la branche en 2025 recule dans la Restauration mais augmente dans l’Hébergement

Ce sont à nouveau les services de Restauration qui tirent d’abord l’inflation à la baisse

L’indice global des prix à la consommation a enregistré une forte décélération de l’inflation l’an dernier, à +0,9 %. Après +2% en 2024. +4,9 % en 2023. + 5,2 % en 2022. C’est aussi le cas des services de Restauration & d’Hébergement.

Au final, la hausse des prix des services H&R aux consommateurs a également décéléré, mais moins rapidement que l’indice général (-1,1 point vs 0,7 point).  Celle-ci est retombée en 2025 à +2,4 %. Après +3,1 % en 2024. +5,3 % en 2023. +3,9 % en 2022. Elle n’était que de +0,8 % en 2021.

Cette décélération provient exclusivement des services de Restauration qui passent de +3,1 % à +2,1 %. Ils ont su tirer partie de la baisse des prix de l’énergie en 2025 et d’une modération confirmée de l’inflation sur les produits alimentaires (+0,7 % l’an dernier après +1,2 % en 2024).

La différence la plus marquante cette année dans l’évolution des prix tient au renversement de tendances dans les deux principaux secteurs de la Restauration. L’inflation est retombée de + 3,2 % à + 2,2% dans la Restauration à table. Et de +2 ,7 % à seulement +1,5 % dans les Cantines,

En revanche, la Restauration rapide voit son inflation repartir (légèrement) à la hausse, repassant de +2,5% à +3 %. Sur les 5 dernières années, l’indice des prix à la consommation de la Restauration rapide a pris plus de 22 %. La montée en gamme a ses limites aux yeux des consommateurs quand elles se traduisent par des notes de plus en salées, même en à emporter.

Le secteur des hôtels locomotive de l’inflation

L’inflation a été également très dynamique dans les services d’Hébergement au cours des cinq dernières années : +3,7 % en 2025 vs +3,1 % en 2024.  Et sur le cumul 2021-2025 : +22% vs +15 % pour l’ensemble des services de Restauration.

Au sein de ces services, les hôtels font figure de locomotive de l’inflation avec un cumul de 27,7 % de hausse depuis 2021. Assez loin devant les campings et auberges de jeunesse, avec +17,7 %. Mais sur les deux dernières années, ce secteur est devenu plus inflationniste que celui des hôtels ( +9,1% vs+6,8%).

Même si les campings restent sur une crête supérieure à +4% ces deux dernières années, ce sont les hôtels qui ont enregistré la plus forte poussée d’inflation en 2025, avec une moyenne de +4,1 % contre seulement +2% en 2024. Mais +7 % en 2023…

Source : Insee
Traitement graphique : HR-infos

A lire dans la même rubrique

Les relevés de prix effectués dans la restauration gastronomique sont agrégés dans la sous-classe restauration à service complet. A Lyon, le bouchon La Meunière (en photos), avec sa cuisine canaille et généreuse, offre un rapport qualité-prix lui valant d'entrer dans la sélection Michelin Bib Gourmand, avec un menu complet à 35 € (entrée, plat, fromage ou dessert au choix) et à 38 € (fromage au choix en plus).