Les assureurs pas prêts pour un contrat « catastrophe sanitaire majeur » !

« Les assurances s’engagent pour soutenir les assurés et les entreprises affectés par la crise du coronavirus ! » C’est la conclusion que tire Bruno Le Maire de son entretien le 23 mars avec la Fédération française des assurances (FFA). Pas sûr que ce soutien soit jugé à la hauteur de l’impact économique et social de cette crise sanitaire.

"Les assurances s'engagent pour soutenir les assurés et les entreprises affectés par la crise du coronavirus !" C'est la conclusion que tire Bruno Le Maire de son entretien le 23 mars avec la Fédération française des assurances (FFA). Pas sûr que ce soutien soit jugé à la hauteur de l'impact économique et social de cette crise sanitaire.

Le siège de la Fédération Française de l'Assurance, 26 boulevard Haussmann (Paris 9).

La FFA prend quatre engagements. Trois immédiatement opérationnels. Le quatrième relevant d’une promesse à moyen-long terme.

Les assureurs contribueront à hauteur de 200 millions d’euros au fonds de solidarité (2 milliards d’euros) annoncé par le gouvernement. Ce fonds soutiendra les entreprises confrontées à une baisse significative de leur activité.

Ils s’engagent par ailleurs à différer le paiement des loyers pour les TPE et PME relevant des secteurs fermés. Centres commerciaux, restaurants, débits de boissons, salles de danse et de jeux, salles d’expositions, etc.

Enfin, les assureurs devraient maintenir les garanties d’assurance des TPE qui connaîtraient des difficultés ou des retards de paiement pendant la suspension de leur activité.

Le quatrième engagement n’a rien de contraignant, celui-ci. La FFA promet de  travailler à la conception d’un produit d’assurance pour les entreprises. « en cas de catastrophe sanitaire majeure pour améliorer l’offre de couverture assurantielle ». Ce type de produit n’existerait pas aujourd’hui. Y compris les contrats actuels ouvrant les pertes d’exploitation pour cause d’épidémie.

Ce dernier « engagement » ne satisfera pas les organisations professionnelles. La CPME, soutenue par l’Umih, demandait aux pouvoirs publics de reconnaître « un état de catastrophe sanitaire ». Selon la Confédération des PME, cette déclaration aurait permis de débloquer une indemnisation par les compagnies pour les effets « non assurables ». Comme le prévoirait selon l’Umih le code des assurances pour les catastrophes naturelles. Ce qui permettrait aux assurés de pouvoir débloquer l’aide de leur assureur notamment sur la perte d’exploitation.

Le ministre de l’Economie et des Finances, lui, est satisfait !

« Je me félicite des engagements qui m’ont été présentés ce matin (23 mars) par les assureurs pour accompagner nos entreprises et nos concitoyens dans cette crise, déclare Bruno Le Maire dans un communiqué.
La contribution des assureurs au fonds de solidarité, l’engagement de report des loyers pour les TPE et PME, le maintien des garanties pour les TPE qui auraient des difficultés de paiement, sont autant de mesures fortes pour soutenir notre tissu d’entreprise dans ces circonstances difficiles.
J’attends désormais des propositions innovantes de la part des assureurs pour concevoir un produit d’assurance qui permettra d’améliorer la couverture des risques sanitaires majeurs à l’avenir.
 »

1 commentaire
  1. MAR Y SOL 7 mois ago
    Reply

    Pour nos « chères » assurances couvrant les pertes d’exploitation, catastrophe sanitaire n’est pas catastrophe naturelle (???) jouer sur les mots pour ne pas tenir les engagements, c’est trop facile !!!!

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