Des hôtels commencent à accueillir des malades infectés par le coronavirus

Le groupe Accor a annoncé qu’il accueillera dès jeudi 16 avril des personnes contaminées par le coronavirus, asymptomatiques ou faiblement malades, dans certains de ses hôtels situés en Ile-de-France.

Le groupe Accor a annoncé qu'il accueillera à partir du 16 avril des personnes contaminées par le coronavirus, faiblement malades ou convalescentes, dans certains de ses hôtels d'Ile-de-France. Un projet pilote qui pourrait être étendu.

Situé porte de la Chapelle, le Ibis Budget Paris Nord et est l'un des premiers hôtels accueillant des personnes malades en voie de guérison, avec notamment un autre Ibis à Poitiers et un Première Classe à Perpignan.

Depuis le début de la crise du Covid-19 déjà, ils se mobilisent. Pour accueillir des personnels soignants, des travailleurs sociaux, des SDF. Ils accueilleront également désormais des patients.

Le projet flottait dans l’air depuis début avril. Plus encore depuis le 8 et la publication d’une « prise de position » de l’Académie nationale de Médecine. L’institution recommandait de mettre des hôtels et des résidences à la disposition des Agences Régionales de Santé.  Ceci pour loger des patients légers atteints de Covid-19 ainsi que des convalescents. Dès leur sortie de l’hôpital et jusqu’à leur guérison clinique. Ainsi, considère l’Académie, réduira-ton le risque de transmission au sein du domicile. Un dispositif qui reposera sur un volontariat des patients, précisait l’Académie.

L’Académie a été entendue. Le projet a pris rapidement forme. Avec un tout premier test mené à Perpignan au sein d’un Première Classe. Et depuis le 16 avril, un déploiement plus important mais toujours « pilote » est lancé en Ile-de-France.
Le groupe Assistance Publique – Hôpitaux de Paris et le groupe Accor ont conclu un partenariat. Ils concernent à ce stade deux hôpitaux parisiens,  Bichat et la Pitié-Salpêtrière, ainsi que l’hôpital Avicenne à Bobigny. Accor a identifié un premier hôtel, un Ibis Budget de 213 chambres, au nord de Paris. Les premiers malades devraient arriver le lundi 20 avril.

1 000 hôtels mobilisables

Accor, qui ne possède plus les murs de ses hôtels, a obtenu le feu vert du propriétaire, Olivier Pelat (groupe Européquipements), l’un de ses plus importants franchisés. Quant à la prise en charge, l’Etat devrait débourser entre 30 et 75 euros. Un prix coûtant selon Sébastien Bazin, qui s’exprimait jeudi 16 sur France Inter.

Si l’expérience se révèle concluante, les ARS  la déploieront. Le secteur hôtelier semble prêt. A la demande de Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement, les professionnels avaient identifié 1000 hôtels (44 000 chambres) pouvant être mis à disposition des préfets et des ARS pour recevoir des personnels soignants, des routiers, des SDF et des malades sans gravité. Le groupe Accor, à lui seul, compte aujourd’hui plus de 350 hôtels participant à l’opération et plus de 40 mobilisés pour les sans-abri.

Sébastien Bazin au micro de France Inter le 16 avril

« On avait lancé il y a trois semaines avec l’APHP une plateforme de réservation pour le personnel soignant, pour les femmes battues et plein d’autres personnes. Il y avait eu 25 000 personnes en l’espace de 20 jours dans les hôtels du groupe Accor.

On va plus loin. Hier soir (NDLR : mercredi 15 avril) l’APHP a décidé, avec les collectivités territoriales, notamment la mairie de Paris et la Seine Saint-Denis, de lancer trois pilotes sur l’Ile de France. Ils nous ont demandé si l’on pouvait déjà mettre des hôtels à disposition dès ce soir pour des personnes atteintes du virus et asymptomatiques, mais qui sont contaminantes.

La seule condition, c’est que mes propriétaires hôteliers soient d’accord. On a appelé certains propriétaires. Et on a déjà aujourd’hui plus de 300 hôtels qui ont dit oui et qui sont volontaires pour aider le monde médical. Ce sera au prix coûtant de la chambre, entre 30 et 50 euros. »

On renforcera les mesures de sécurité sanitaire avant, pendant et après. Puisque ces hôtels sont destinés à rouvrir, donc à accueillir des clients. Je ne veux pas qu’ils aient la trouille d’aller dans un hôtel qui a servi à ceux qui en ont le plus besoin. On sait faire, il faut juste apprendre de ce qui a été fait ailleurs dans d’autres pays. »

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