L'Allemagne, peu investi encore par l'hôtellerie de chaîne (1 hôtel sur 10 est chaîné) est l'un des pays cibles de B&B. Une vue du B&B Düsseldorf Airport. La chaîne compte 127 hôtels- 25 de plus en an dont 9 (totalisant 750 chambres) acquis en 2018, qui était précédemment sous enseigne Première Classe, et dont les murs sont toujours la propriété de Covivio.

Trois jours après les premières fuites parues dans la presse (Financial Times et Les Echos), Goldman Sachs a officiellement annoncé lundi 20 mai avoir entamé des négociations exclusives avec le fonds d'investissement français PAI Partners en vue de l'acquisition de la chaîne hôtelière économique B&B Hotels, numéro trois français de l’hôtellerie économique (derrière Ibis et Campanile).

Dans un communiqué, la banque d'affaires américaine précise que les modalités financières n'ont pas été dévoilées. Mais selon le Financial Times, Goldman Sachs envisage une transaction valorisant B&B Hotels à 1,9 milliard d'euros, une somme représentant près de trois fois l'investissement initial de PAI Partners. Le fonds avait déboursé environ 800 millions d’euros en décembre 2015, devançant alors le duo chinois Green Treet – Predica et Goldman Sachs justement.

"Les institutions représentatives du personnel compétentes de B&B seront consultées sur cette transaction qui est par ailleurs soumise à l'approbation des autorités réglementaires", ajoute Goldman Sachs.

B&B Hotels est présent dans 12 pays, en Europe principalement, mais aussi au Brésil et au Maroc. Il dispose d'un réseau de 476 hôtels totalisant 42 832 chambres (au 31 décembre 2018) et a réalisé en 2018 un "volume d'affaires" de 580 millions d'euros, note la banque, en hausse d'environ 61 % depuis 2015.

La chaîne française, basée à Brest et dirigée par Fabrice Collet, vise un objectif de 620 hôtels sous enseigne à l'horizon 2020, en poursuivant une croissance externe soutenue, prioritairement par acquisition de fonds de commerce. Une stratégie qui a permis de devenir leader sur le segment Eco chaîné en Italie et en Allemagne et de développer ses part de marché en Espagne, avec le rachat en 2016 de Sidorme et de H2 Hoteles en 2018.

logo-b-bDepuis 2003, cinq fonds d’investissement se sont succédé au capital de B&B Hôtels

Le capital de B&B Hôtels ( B&B ne signifiant pas Bed & Breakfast) passe d’un fonds d’investissement à l’autre depuis 2003.  En l’espace de 13 ans, le groupe a changé cinq fois d’actionnaires.

La première cession date de 2003. Le groupe brestois Brannelec (Oceania Hotels) qui a créé B&B en 1990, vend B&B (100 hôtels à l’époque) à Duke Street Capital (avec LBO) pour environ 200 millions d’euros.

La dernière revente, de PAI à Goldman Sachs, devrait donc se dérouler dans les semaines qui viennent.

La précédente session s’était déroulée fin 2015. En décembre, le fonds PAI entre en négociation avec son confrère américain Carlyle pour lui racheter le groupe « écono-chic » toujours présidé à l’époque par Georges Sampeur (ex PDG de Carlson WagonLit France) arrivé avec Duke Street. PAI aurait offert environ 800 millions d’euros, selon des sources évoquées par Les Echos. Un prix qui valoriserait le groupe hôtelier autour de 11 fois son ebitda attendu pour 2015.

Avant de le céder à PAI, Carlyle avait racheté B&B Hotels en 2010 à Eurazeo pour la somme de 485 millions d’euros. Le fonds européen l’avait racheté lui-même en 2005 à Duke Street Capital pour 383 millions d’euros. Duke ne sera donc resté dans B&B que deux ans, l’achetant 200 millions en 2003 et le revendant 383 en 2005.

Sans la puissance financière de ces fonds, sans le savoir-faire de Georges Sampeur et sans surtout la pertinence innovante du concept B&B dans l’hôtellerie économique, le réseau B&B n’aurait sans doute pas  quintuplé de taille en 13 ans ni sa valeur décuplé. C’est au moins le mérite des fonds d’investissement, les grands gagnants de ces opérations.

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