En enregistrant 2,8 millions de nuitées supplémentaires pour en totaliser plus de 260 millions, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques a progressé de +1,1% au cours de la saison d'été 2026 (de mai à août) selon l'Insee, mais à un rythme plus ralenti qu'en 2025 (+3,7 %). La hausse, cette fois, profite surtout aux hôtels, et singulièrement aux classés 3, 4 et 5 étoiles, ainsi qu'aux campings sur leurs emplacements équipés. Cette croissance est surtout tirée par la clientèle résidente (+2,2%), alors que la fréquentation des non-résidents est restée quasi stable (+0,8 %).
Les campings restent, et de loin, l’hébergement le plus fréquenté au cours de la saison estivale (mai à août pour l’Insee). Avec 126,5 millions de nuitées, leur fréquentation continue de croître : +1,1 % en un an, soit 1,4 million de nuitées de plus qu’en 2025. Cette croissance provient exclusivement de leurs emplacementss équipés : 75 millions de nuitées, +1,8%. Leurs équipements nus restant stables (51,5 M nuitées vs 51,4 M).
Avec 92 millions de nuitées, les hôtels profitent davantage encore de l’embellie estivale de 2026 : +1,7 %. Soit 1,6 million de nuitées supplémentaires par rapport à la saison 2025.
Seule la fréquentation des autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT) recule / -0,4 % soit -0,2 million. à 42 millions. Un constat à fortement nuancer, leur première composante, les résidences de tourisme (29,6 millions de nuitées soit 70 % du total), enregistrant une progression de 1,7 %. Leur fréquentation estivale reste malgré tout inférieure à leur niveau de 2019 (30,7 M nuitées)
Un seul moteur de croissance cet été, la fréquentation résidente
La hausse de la fréquentation résidente explique la totalité des 2,8 millions de nuitées supplémentaires, soit une augmentation de 1,6 % par rapport à la saison 2025.
Elle bénéficie à la fois aux campings avec 1,6 million de nuitées résidentes supplémentaires par rapport à la saison 2025 (+1,8 %) et aux hôtels (+2,3 % soit 1,2 million de nuitées supplémentaires).
A contrario, la fréquentation non résidente n’a pas fait preuve du dynamisme de l’été dernier. Sa hausse modérée dans les hôtels (0,3 million de nuitées supplémentaires) compense tout juste une fréquentation en légère baisse dans les campings (-0,2 million de nuitées de moins qu’en 2025), le volume de nuitées restant par ailleurs quasi stable dans les AHCT. E
La fréquentation encore en-deça de ses plus hauts niveaux, celle des campings exceptée
Certes, depuis 2022, la fréquentation estivale des collectifs touristiques a progressivement repris des couleurs. Elle avait chûté en 2020 et 2021, en raison de la crise sanitaire. Et dès 2022, elle dépassait sa hauteur de 2019 (248,8 millions de nuitées vs 241,4). Mais elle reste encore éloignée de ses niveaux des années 2013 à 2016.
Ainsi à l’été 2016, les hébergements collectifs touristiques décrochaient 262 millions de nuitées. Et 1 an plutôt, plafond historique, ils en récoltaient près de 269 millions. Dont 106 millions dans les hôtels, qui n’ont, depuis, jamais retrouvé ni même approché les 100 millions de nuitées sur cette période de mai à août. Et 49,7 millions dans les Autres Hébergements Collectifs Touristiques (tombés à 42 millions cet été).
En revanche, seuls les campings ont vu leur fréquentation estivale progresser régulièrement. En 2014, ils affichaient 109,4 millions de nuitées. En 2015, 112,9 millions de nuitées. En 2022, 115,5 millions. En 2026, 126,5 millions, volume record.
HR-infos estime, comme le suggère l’Insee, que « la concurrence accrue des réservations entre particuliers » a impacté la fréquentation des hôtels et des résidences de tourisme. Y compris parmi la clientèle non-résidente.
De fait, alors même que ces non-résidents n’ont jamais été si nombreux en France au cours des étés 2025 et 2026, il n’ont généré « que » 82 millions de nuitées dans les hébergements collectifs touristiques cette année, dont près de 37 millions dans les hôtels (données provisoires). Alors qu’ils en généraient 89 en 2015, dont 42,4 millions dans les hôtels.
A l’inverse, à première vue, ces locations collaboratives n’ont pas eu d’impact global négatif sur les campings. Leur fréquentation a assez régulièrement progressé comme l’indique le tableau ci-dessous.
Une fréquentation en hausse dans les hôtels, les campings et les résidences de tourisme

Notes : La saison d’été couvre les mois de mai à août. Les données 2026 sont provisoires.
Lecture : Durant la saison d’été 2026, les hôtels totalisent 92,0 millions de nuitées.
Champ : France, hôtels, campings et autres hébergements collectifs de tourisme.
Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.
Traitement graphique : HR-infos
Une fréquentation hôtelière toujours clivée, en baisse dans les gammes éco, en hausse dans les autres
La demande des clientèles estivales (loisirs) est majoritairement orientée vers les établissements de milieu de gamme et de haut de gamme.
S’ajoutent à cela le fait que le parc hôtelier lui-même connait deux évolutions contraires. Globalement, le nombre d’adresses et de chambres reculent depuis 2016, du fait du recul de celles des hôtels non classés et des 1 et 2 étoiles. En revanche, le parc des 3, 4 et 5 étoiles a significativement augmenté.

Notes : La saison d’été couvre les mois de mai à août. Les données 2026 sont provisoires.
Lecture : Durant la saison d’été 2026, les 1 ou 2 étoiles totalisent 16,5 millions de nuitées.
Champ : hôtels
Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.
Traitement graphique : HR-infos
L’attractivité jamais démentie du littoral Et de la montagne
Avec 106,3 millions de nuitées en 2026 (41 % du total, les collectifs touristiques du littoral français restent le premier moteur de la fréquentation touristique estivale (41 % de son total).
La hausse de la fréquentation sur ses zones (+1,4 % de nuitées par rapport à 2025) est légèrement supérieure à celle de l’ensemble du territoire. Elle est portée par les façades Manche Est – Mer du Nord (+5,6 %) et Nord Atlantique – Manche Ouest (+5,0 %) qui gagnent 1,8 million de nuitées, soit plus de la moitié de la hausse totale de la fréquentation de la saison.
La fréquentation de la façade Méditerranée augmente à peine (+0,3 %). Un début de saison bien orienté a été quasi annulé par une baisse sur un an de la fréquentation en août. Mais cet espace concentre toujours près de la moitié (44%) de la fréquentation du littoral (46,6 millions sur 106,3 millions).
En revanche, les nuitées reculent sur la façade Sud Atlantique (-2,3 %). La fréquentation, selon l’Insee, a pu être pénalisée par les nombreux incendies de juillet.
Nuitées pendant la saison d’été selon les espaces touristiques

Notes : La saison d’été couvre les mois de mai à août. Les données 2026 sont provisoires.
Lecture : Durant la saison d’été 2026, les hôtels du littoral totalisent 21,4 millions de nuitées.
Champ : France, hôtels, campings et autres hébergements collectifs de tourisme.
Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.
Traitement graphique : HR-infos.
Une fréquentation en baisse dans les grandes villes
Evolutions contrastées en milieu urbain ! La fréquentation des zones urbaines intermédiaires est en hausse de 2,1 % (+1,6 million de nuitées). Mais celle des zones urbaines denses est en net repli (-3,9 %, soit une perte de 2,5 millions de nuitées).
La fréquentation des grandes villes recule avec une clientèle résidente un peu moins nombreuse (-0,7 %) et une désaffection de la clientèle non résidente (-7,7 %), notamment dans les hôtels qui concentrent près des trois quarts des nuitées dans l’urbain dense. Selon l’Insee, elle serait « probablement pénalisée par les différents épisodes caniculaires ».
La fréquentation estivale en milieu rural est en forte hausse en 2026 (+3,2 %, soit 3,7 millions de nuitées de plus qu’en 2025). Elle est ortée par l’augmentation de la fréquentation des campings qui y représentent plus de deux nuitées sur trois.
Un retour de la clientèle d’affaires
Après plusieurs années de baisse continue, le tourisme d’affaires augmente de 7,6 % en 2026 dans les hôtels et les AHCT. Avec 29 millions de nuitées, il a pesé 21,6 % du total des nuitées.
Dans les AHCT (essentiellement résidences de tourisme – apparthotel), la hausse est particulièrement forte (+26 %), avec 1,4 millions de nuitées supplémentaires, la part de clientèle d’affaires passant de 12,5 % à 15,8 %.
Les hôtels demeurent, et de loin, le type d’hébergement le plus fréquenté par la clientèle professionelle. Leur total de nuitées progresse de 2,8 % (600 000 nuitées supplémentaires sur un total de 22,3 millions). C’est aussi dans les hôtels que cette clientèle est proportionnellement la plus élevée : près d’1nuitée sur 4 atteint (24,2 % vs 23,9 % en 2025)
Le retour cette clientèle s’observe dans toutes les types de commune. Et plus fortement dans villes moyennes (Urbain intermédiaire), où elles augmentent de plus de 16 %, avec 1,2 million de nuitées supplémentaires.
Malgré cette soudaine embellie, le nombre de nuitées réalisées pour motif professionnel reste, précise l’Insee, en retrait de 16 millions par rapport à son niveau de 2019. Soit une baisse de 36 % en sept ans.

Notes : La saison d’été couvre les mois de mai à août. Les données 2026 sont provisoires.
Lecture : Durant la saison estivale 2026, les nuitées d’affaires représentent 24,2 % des nuitées hôtelières.
Champ : France, hôtels et hébergements collectifs de tourisme hors campings.
Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.
