61 459 entrepreneurs, dont 7 982 exerçant dans l'Hébergement Restauration, ont perdu leur emploi au cours de l'année 2025 selon l'Observatoire de l’emploi des entrepreneurs publié par l’association GSC et le groupe Altares. Un chiffre en légère hausse de + 1% par rapport à 2024, qui grimpe à +7,6 % dans la branche, en raison de la flambée des liquidations judiciaires. Les patrons de la Restauration (6 559), en premier lieu de la Restauration traditionnelle (3 319) ont été les plus touchés, loin devant ceux des Débits de boissons (1 107) et des Hébergements (316).
Principaux résultats du dernier Observatoire de l’emploi des entrepreneurs
61 459 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi au cours de l’année 2025, selon l’étude GSC-Altarès. Un record historique depuis la création de l’Observatoire. La progression semble toutefois nettement ralentir (+ 1 %) par rapport aux trois années précédentes. Avec +34 % en 2022. +33 % en 2023. Et +18 % en 2024.
L’an dernier, plus de 168 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi chaque jour. Les dirigeants expérimentés, à la tête d’une entreprise de plus de 10 ans en moyenne, sont particulièrement impactés. Leur âge médian approche les 46 ans (45,8)
Près de 9 entrepreneurs sur 10 touchés (87,8%) dirigeaient une structure de moins de 5 salariés. Dont 4 sur 5 (73,2 %) dirigeaient une TPE de moins de 3 salariés.
9 entrepreneurs sur 10 touchés (86,1%) étaient à la tête d’une société commerciale (essentiellement SARL ou SAS).
Près de 8 entrepreneurs sur 10 des entrepreneurs sinistrés (77,6%) sont à la tête d’une structure réalisant moins de 0,5 million d’€ de CA.
D’un secteur à l’autre, des évolutions disparates au sein de la branche H&R
Plus de 8 patrons sur 10 sinistrés sont des patrons de la Restauration

Source : Altares – GSC
Lecture : en 2025, 82 % (6 559) des 7 982 pertes d’emploi chez les chefs d’entreprise de la branche HR concernaient des patrons du secteur de la Restauration. Dans ce secteur, le pertes d’emplois ont augmenté de +8,6 % par rapport à 2024.
La raison première de ce maintien de pertes d’emplois à un haut niveau tient à la progression des liquidations judicaires (+8%). Elles sont à l’origine de la grande majorité des pertes d’emploi observées l’an dernier. 6 226 liquidations dont 5 135 dans la Restauration, contre + 0,9 % seulement pour l’ensemble des secteurs (47 078). Le lien toutefois n’est pas mécanique. Le nombre de liquidations dans l’Hébergement n’a pas augmenté dans la période (inchangé à 243). Contrairement au nombre de pertes d’emplois (+9,3%).
Des évolutions hétérogènes entre grands secteurs
Secteur par secteur de la branche, les évolutions sont assez hétérogènes. C’est dans l’Hébergement que les pertes d’emploi chez les chefs d’entreprise ont le plus fortement progressé. Le rapport fait état de 316 cas en 2025 contre 289 (+9,3%). Mais sur une période de 9 ans, le niveau de 2025 reste nettement inférieur de à celui de 2017 (355).
Chez les patrons de Débits de boissons, en revanche, la hausse de ces pertes a été faible ; 1 107 vs 1 095 (+1,1%). On en comptait même un peu plus en 2017 (1 145) et en 2018 (1 229). Fait frappant, les liquidations dans ce secteur n’ont augmenté que de +3,4 % (848).
En revanche, dans la Restauration, traditionnelle en particulier, la dynamique de pertes d’emploi reste élevé (+8,6 %). Au point qu’elles représentent 82 % du total des pertes d’emploi.
Dans ces trois secteurs, le nombre de pertes d’emploi est toujours légèrement supérieur à celui des liquidations judiciaires prononcées dans l’année.
Plus d’un restaurateur sur 2 touché est un patron de la Restauration traditionnelle

Source : Altares – GSC
Lecture : en 2025, 50,6 % ( 3 319) des 6 559 pertes d’emploi chez les chefs d’entreprise du secteur Restauration concernaient des patrons du segment Restauration traditionnelle. Dans ce secteur, le pertes d’emplois ont augmenté de +11,8 % par rapport à 2024..
C’est chez les Traiteurs que les pertes d’emploi ont le plus fortement augmenté entre 2025 et 2024 : +20 %. Ceci en lien étroit avec la nette hausse en 2025 des liquidations judiciaires dans ce secteur (+21,3%). Lire notre article détaillé sur le sujet. Un contraste saisisant avec l’année 2024 où le nombre de pertes d’emplois et de liquidations dans les services des traiteurs avaient nettement diminué (d’environ 10%)
Dans la Restauration traditionnelle, les pertes d’emploi ont également progressé à deux chiffres entre 2025 et 2024 : +11,8 %. Ceci , bien sûr, avec la causalité de la hausse des liquidations (+11%). En 2024, elles avaient peu bougé (de l’ordre de 2 %). Au final, sur deux exercices, la hausse des pertes d’emploi dans la Traditionnelle a atteint 14 %.
Evolution inverse dans la Rapide, les pertes d’emploi n’ont augmenté que de 5 % entre 2025 (4,7 exactement), tandis que la hausse des liquidations ralentissait à +6,6% après +8,2 % en 2024.. Mais sur deux exercices consécutifs, les pertes ont augmenté de 18,4%. Le nombre de liquidations avaient
L’Hébergement Restauration troisième secteur le plus impacté, après la Construction et le Commerce
Plus d’1 chef d’entreprise sur 10 (13,9 %, soit 4 164) ayant perdu son emploi en 2025 exerçait dans la branche. Mais celle-ci se situe loin derrière la Construction. Ce secteur représente plus d’un quart des pertes d’emploi (25,2 % soit 14 485 entrepreneurs impactés). Et derrière aussi le Commerce, également très touché (21,3% de l’ensemble des pertes, soit 12 228 entreprises).
Toutefois, les pertes d’emploi ont continué d’augmenter dans l’HR (+7,6 %). Alors qu’ils baissaient légèrement dans deux secteurs. Respectivement -1,8% et -3%.

Source : Altares – GSC
Lecture : en 2025, 13,9 % des 61 459 pertes d’emploi chez les chefs d’entreprise concernaient des patrons du secteur Hébergement, Restauration, Débits de boissons. Dans ce secteur, le pertes d’emplois ont augmenté de +7,6 % par rapport à 2024
Hervé Kermarrec, président de l’association GSC (*)
« Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial. Le contexte économique demeure fortement dégradé, marqué par une croissance atone, des tensions géopolitiques persistantes et une instabilité politique durable. Les dirigeants naviguent à vue, dans un climat d’incertitude qui freine l’investissement et fragilise jusqu’aux entreprises les plus solides.
Face à cette précarité qui s’installe, notre message ne change pas : il est essentiel d’anticiper les risques et de bien faire connaître les dispositifs de protection existants.
L’année 2026 s’annonce déterminante. Les premiers indicateurs restent contrastés et rien ne laisse présager d’amélioration rapide sur les plans économique et politique. Pour les entrepreneurs, les priorités demeurent claires : surveiller étroitement leur trésorerie, maîtriser leurs risques et, surtout, ne pas rester seuls face aux difficultés. »
(*) Assocation pour la Garantie Sociale des Chefs et des Dirigeants d’entreprise (GSC)
Thierry Millon, directeur des études Altares
« Les cinq dernières années d’instabilité économique permanente ont fini par épuiser les ressources morales et financières de nombreux dirigeants. En 2025, près de 61 500 entrepreneurs ont dû se résoudre à liquider leur société, un niveau jamais atteint. Et le début de l’année 2026 ne laisse guère de répit : 6 400 défaillances ont été enregistrées rien qu’en janvier, là encore un record.
Les dirigeants de TPE sont particulièrement exposés. Un choc financier, professionnel et familial dont on ne ressort pas indemne, d’autant que les mentalités sur l’échec entrepreneurial évoluent lentement.
Pourtant, le droit à la seconde chance constitue un enjeu essentiel, humain autant qu’économique. Aider les entrepreneurs à rebondir, c’est permettre de mettre à profit leur expérience au service du dynamisme des filières et des territoires, et ainsi renforcer la vitalité économique globale. »
Méthodologie
Les données sont issues de l’analyse des entreprises, hors sociétés civiles et associations, placées directement, par conversion ou par résolution du plan en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce ou Judiciaire. Ne sont pas intégrées les procédures de fermeture ou dissolution à l’amiable, ainsi que les révocations des mandataires sociaux.
À propos de l’association GSC
Depuis plus de 45 ans, la GSC est la réponse élaborée par les organisations patronales face au besoin de protection chômage des chefs d’entreprise et indépendants. L’association GSC est l’association qui a souscrit le contrat d’assurance de groupe GSC auprès d’un pool d’assureurs (Groupama, Allianz, Generali, SMABTP). Elle est administrée par le Medef, la CPME et l’U2P qui l’ont conçue en 1979. Elle veille aux intérêts des dirigeants affiliés au régime. La gestion du régime revient à Groupama – GAN Assurances.
À propos d’Altares
Altares est l’expert de la donnée d’entreprise, créateur de solutions de pilotage et d’indicateurs de la santé économique et extra-financière des entreprises et des organismes publics, au sein de leur écosystème. Grâce à ses outils et ses informations, Altares aide les responsables des structures privées et publiques, de toute taille et de tout secteur d’activité, à prendre sereinement des décisions éclairées. Partenaire exclusif en France, au Benelux et au Maghreb de Dun & Bradstreet, 1er réseau international d’informations sur les entreprises, Altares s’appuie sur une base de données mondiale de plus de 600 millions d’entités légales (dont 11 millions en France) pour aider les acteurs économiques à se développer durablement, en intégrant, entre autres, les enjeux essentiels de conformité et de RSE





