L'Hébergement Restauration fait malheureusement exception à la stabilisation inédite des défaillances d'entreprises en France au 3e trimestre 2026, observée par le cabinet Altares, avec un net ralentissement du rythme des faillites (+0,5 %) et surtout des liquidations judiciaires (-1,2 %). De toutes les branches, l'HR est celle qui accuse la plus forte hausse de procédures collectives (+11%) et de liquidations (+7,9%). Une hausse qui touche presque tous ses secteurs, hôtels, restauration rapide et débits de boissons en tête. A la seule exception des traiteurs qui repassent dans le vert.
Un record historique de défauts lors d’un troisième trimestre
Jamais dans le passé de la branche HR, le nombre de défaillances n’avait dépassé le seuil des 2 000 procédures au cours d’un troisième trimestre. Trimestre qui reste traditionnellement le moins sinistré des quatre, du fait surtout de la saison estivale, en principe la plus porteuse d’activités.
C’est désormais chose faite. Avec 2087 décisions de justice, la branche enregistre son plus haut niveau depuis la création du baromètre Altares, exploitant des données remontant jusqu’en 1993. Son précédent plafond datait du troisième trimestre 2025 (1880).
Le secteur des hôtels a été l’un des plus touchés (+ 28 % de sinistralité). Selon les précisions fournies à HR-infos par Altares, l’évolution du nombre de procédures est contrastée selon les tailles d’établissements. Les plus grands, ceux qui comptent plus de 10 salariés, ont été les plus sinistrés, avec une progression de 250 % des décisions de tribunaux, passant de 4 à 14 procédures. A contrario, les toutes petites structures (moins de 3 salariés) n’ont subi que 27 procédures contre 34 une année plus tôt (-21 %).
Seul secteur à rassurer, celui des Traiteurs, fort malmené au deuxième trimestre (+14,8 %). Il tend enfin à se redresser, avec un recul de 16,7 % de ses procédures (45 seulement).

Lecture : Au 3 ème trimestre 2026, les liquidations d’entreprises ont augmenté de 24,4 % dans l’Hébergement par rapport au même trimestre 2025. Elles ont augmenté de 7 % dans la Restauration traditionnelle et 10,8 % dans la Restauration rapide. Elles ont diminué de 9,5 % dans les Débits de boissons.
Source du tableau : Altares– retraitement HR-infos
La synthèse Altares
« La Restauration franchit un nouveau seuil avec 1 694 défaillances, en hausse de près de 10 % sur un an. La tendance est particulièrement sévère pour la Restauration rapide (+15,8 % ; 764 procédures). La Restauration traditionnelle (+6,3 % ; 880) ne parvient toujours pas à inverser une trajectoire difficile depuis ma crise sanitaire.
C’est également le cas des débits de boissons lourdement fragilisés cet été (+13,4%), approchant désormais les 300 défauts.
Mais la situation est encore plus délicate pour l’Hébergement qui connaît une accélération des défauts de plus de 30 % soit près d’une centaine de jugements. La sinistralité s’envole pour les hôtels (+28%) soit une soixantaine d’établissements. Les difficultés n’épargnent pas l’hébergement touristique de courte durée qui compte 32 défauts soit deux fois plus qu’il y a un an. »
Les liquidations judiciaires augmentent dans la quasi totalité des secteurs
La plus forte progression de liquidations sur le troisième trimestre (91 %) est observée dans le code APE 5520Z. Il recouvre aussi bien les résidences de tourisme, que les auberges de jeunesse ou les gîtes. Difficile de savoir quel type d’établissements a été le plus touché. Notons que ce même code avait déjà été très impacté au deuxième trimestre 2026 (+40 %).
Constat similaire pour les hôtels. Le nombre de leurs liquidations avait bondi au trimestre précédent (+61,5 % avec 42 adresses liquidées). Ils sont à niveau en nette progression (+17,2% avec 34 décisions). Ces fermetures ne sont pas sans impact sur le parc des hôtels qui ne cesse de se réduire depuis au moins 2019. Il est tombé de 17 949 adresses cette année-là à 16 291 début 2026.
Quant à la Restauration dans son ensemble, traditionnelle et rapide, elle connait pour la 4 ème année consécutive une hausse des liquidations au cours du 3T 2026.
Si l’on prend comme référence l’année 2019, avant-crise, la Restauration rapide est passée de 310 cessations au 3T 2019 à 523 au 3T 2025, soit une hausse pluri trimestrielle de 68,7% . Mais ce qui sauve encore ce secteur, c’est le nombre élevé de ses créations. Ce qui n’est sans doute plus le cas de la Restauration traditionnelle. Dans ce secteur aussi, les liquidations ont fait un bond de 44 % entre 2019 et 2026.
Seul motif de satisfaction, le redressement spectaculaire du secteur des Traiteurs. Il passe de 38 à 26 liquidations entre les troisièmes trimestres 2025 et 2026. Il est prématuré toutefois d’avancer une inversion de tendances. Il faudra attendre le 1er trimestre 2027, le 1er T étant généralement le plus chargé en procédures, pour apporter une réponse. Qui ne pourra être que de court-terme…
Lecture : Au 3ème trimestre 2026, les liquidations d’entreprises ont augmenté de 24,4 % dans l’ensemble de l’Hébergement, l’augmentation étant de 17,2 % dans les hôtels. Elles ont augmenté de 10,8 % dans la Restauration rapide et de 9,1 % dans les Services des Traiteurs. Elles on baissé de 31,6% dans les Débits de boissons.
La couleur verte symbolise une baisse du nombre de défaillances (exprimée en %)
La couleur orange et la couleur rouge symbolisent une hausse du nombre de défaillances (exprimée en %), hausse plus prononcée quand elle est symbolisée par une couleur rouge.
Source du tableau : Altares (compte arrêté au 1 er octobre 2026) – retraitement HR-infos
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