En 2021, nouveau record historique de recul des défaillances dans la branche

Le nombre de liquidations judicaires prononcées par les Tribunaux à l’encontre d’entreprises d’Hébergement Restauration a continué de chuter l’an dernier. Mais ce chiffres ne reflètent pas la situation économique de la branche dans la période. Ils traduisent surtout le puissant effet d’aubaine entraîné par les aides versées depuis mars 2020 à ses entreprises (22 milliards d’euros), sans lesquelles des dizaines de milliers d’entre elles auraient du déposer leur bilan. Même au 4 ème trimestre 2021, la branche a échappé à un rebond de défaillances, à l’exception du secteur hôtelier.

Le nombre de liquidations judicaires prononcées par les Tribunaux à l'encontre d'entreprises d'Hébergement Restauration a continué de chuter l'an dernier. Mais ces chiffres ne reflètent pas la situation économique de la branche dans cette période. Ils traduisent surtout le puissant effet d'aubaine entraîné par les aides versées depuis mars 2020 à ses entreprises (22 milliards d'euros), sans lesquelles des dizaines de milliers d'entre elles auraient du déposer leur bilan. Même au 4 ème trimestre 2021, la branche a échappé à un rebond de défaillances, à l'exception du secteur hôtelier.

En Ile-de-France, le nombre de procédures affectant les HCR avait atteint un pic de 1157 décisions en 2018, avant de tomber en 2021 à 546, dont 26 concernant des hébergements. En photo, une vue du tribunal de commerce de Paris. Photo : Hassan Bensliman - Adobe Stock

On se prend à prévoir que la plupart des entreprises ressortiront de ces deux années de crise sanitaire, parfois affaiblies mais toujours en vie !  Qui l’aurait anticipé un an et à fortiori deux ans plus tôt ?

Le Gouvernement a fait le choix de sauver leurs comptes et leurs salariés. « Quoi qu’il en coûte», pour les déficits publics. Ils atteindront 7 % du PIB en 2021 (171 milliards d’euros). Ils n’étaient que de 3 % en 2019 (73 Md€). Mais avaient déjà dépassé 9 % en 2020 (211,5 Md€).  Dans la campagne présidentielle, pas sûr que les opposants au futur candidat Macron osent s’attaquer à ce volet de sa politique économique et sociale. Ce qu’ils feront pour sa politique sanitaire, jugée inefficace par les uns, liberticide par les autres.

L’heure des dépôts de bilan n’a donc toujours pas sonné pour l’Hébergement Restauration. Encore moins depuis l’assouplissement des modalités de remboursement de leur PGE. Toujours maintenues sous perfusion pendant les périodes de perte de chiffre d’affaires, bénéficiant par ailleurs d’une reprise de la consommation, du printemps à l’automne, les entreprises ont continué de faire face à leurs engagements fournisseurs.

Il en résulte, par conséquent, un nouveau recul historique de leurs défaillances. Et en premier lieu des liquidations. Altarès n’en a dénombré que 2023 l’an dernier. Contre 3 089 en 2020. 4607 en 2019. 4940 en 2018, etc. C’est ainsi que 2 085 établissements de restauration ont défailli en 2021. C’est 37 % de moins qu’en 2020. Mieux, c’est ce secteur qui affiche au 4 ème trimestre la plus forte baisse sectorielle (-19,3 %).

Une petite rechute pour les hôtels et les résidences de tourisme 

Au cours de l’année 2021, 1 125 restaurateurs traditionnels (- 40 %) et 855 établissements de restauration rapide (-34 %) entrèrent en procédure. 85 traiteurs ont également défailli (-25 %) ainsi que près de 400 débits de boisson (- 43 %).

En revanche, la tendance est peu moins favorable dans l’hébergement, à court terme du moins. Les défaillances (226 dont 167 pour les hôtels) ont sensiblement baissé sur la durée de l’exercice 2021 (-20,4 %). Mais elles ont remonté au 4ème trimestre (-7 %). Cela en raison d’une recrudescence de procédures dans les hôtels (51 vs 46) et les résidences de tourisme (15 vs 12).

Il est  prématuré d’en tirer des conclusions sur l’émergence d’un risque structurel. Au cours des trois dernières années, le nombre de défaillances avait déjà ponctuellement regrimpé dans l’hébergement. Au 3ème  trimestre 2020 et au 2ème trimestre 2019 pour les hôtels, par exemple. Pour autant, sur le moyen terme, jamais le nombre de procédures n’a été aussi bas. Au 4 ème trimestre 2017, elles atteignaient le chiffre de 188.

D’avantage sans doute que les défaillances, ce sont les fins d’activité et les mutations d’activité qu’il faudra scruter pour juger de l’état de santé du parc hôtelier français. Rendez-vous pour cela en mars prochain pour notre bilan annuel sur les hébergements touristiques collectifs.

Recul des défaillances dans tous les secteurs
mais le taux de liquidations se maintient à 72 %

Sauv. : procédures de sauvegarde
RJ : redressements judiciaires
LJ : liquidations judiciaires
Lecture :  le nombre des défaillances a baissé de 36,8 % par rapport à 2020.  Il a baissé de -20,4 % dans l’Hébergement. De 37 % dans la Restauration. Et de 42,8 % dans les Débits de boissons.
Source du tableau : Altares – retraitement HR-infos

Détail des défaillances par secteur, par comparaison trimestrielle

Lecture :  le secteur des Hébergements a enregistré 72 défaillances au 4 ème trimestre 2021, contre 67 au 4 ème trimestre 2020. Le secteur de la restauration traditionnelle en a enregistré 334 contre 447.
Source du tableau : Altares – retraitement HR-infos

Taux d’évolution trimestrielle

Lecture :  entre octobre et décembre 2021, le nombre de défaillances judicaires prononcés pour des hôtels a augmenté de 10,9 %. Il a baissé de 43,8 % pour les traiteurs.
Source du tableau : Altares – retraitement HR-infos

Des données réputées fiables et exhaustives provenant des sources judiciaires

Altares comptabilise l’ensemble des entités légales disposant d’un numéro Siren (entreprises individuelles, professions libérales, sociétés, associations). Et l’ensemble de celles ayant fait l’objet d’un jugement d’ouverture de procédure prononcé par un Tribunal de Commerce ou de Grande Instance.
Altares collecte par ailleurs l’ensemble des jugements auprès des greffes des Tribunaux de Commerce ou des Tribunaux d’Instance. L’entreprise est également licenciée officiel du B.O.D.A.C.C.

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