HR-infos a plongé dans les bases de données de l'Insee pour repérer les villes de France qui comptent le plus d'hôtels et de chambres et pour mesurer les évolutions de leur parc entre 2016 et 2026. Quelles sont ces communes ? Pas nécessairement les plus peuplées ! Mais assurément celles dont l'activité économique est étroitement liée à l'attractivité touristique de leur territoire et, in fine, au tourisme d'affaires et de loisirs, y compris religieux, ainsi qu'à l'importance de la clientèle internationale. Voici les chiffres clefs dévoilés dans le premier volet de ce panorama exclusif.
Le top 30 des communes de France les plus dotées en hôtels
Source : Insee – extraction et tableau HR-infos
- données France (hors Mayotte) actualisées au 1er janvier 2026
- Les valeurs en vert correspondent à des chiffres en progression par rapport à ceux de l’année 2016
- Les valeurs en rouge correspondent à des chiffres en recul par rapport à ceux de l’année 2016
- Les autres valeurs correspondent à des chiffres stables par rapport à ceux de l’année 2016
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Ces 30 communes regroupent 3 449 hôtels, soit 21 % du parc total français (19 % en 2016). C’est dire sa concentration géographique et sa forme pyramidale ! A sa base, près de 3 000 autres communes ne comptent qu’un hôtel. Et 28 000 autres n’en comptent aucun…
Alors que nos 16 291 hôtels se distribuent entre 5 036 communes (1), moins de 1 % d’entre elles concentre près d’1 hôtel sur 5. Paris, capitale et première destination touristique de la France, représente à elle seule 10 % du parc hôtelier français. C’est 1,5 points de plus (8,5 %) qu’en 2016.
Plus l’on monte en gamme, plus cette concentration géographique est élevée. Ainsi, avec ses 219 classés cinq étoiles implantés sur leur territoire, ce Top 30 en regroupe près d’1 sur 2 (44 %). Paris en accumule encore près de 1 sur 4 (117 vs 501).
La proportion reste presque aussi élevée pour les quatre étoiles : 1 020 sur 2 587 dans le Top 30, soit plus de 39 %, dont 680 uniquement à Paris (26 %) ! Elle atteint encore 22 % pour les trois étoiles. Mais elle tombe à 17 % pour les deux étoiles (432 sur 3 044). Et à 9 % seulement pour les non classés (319 vs 3509).
De grandes communes ne figurent pas dans ce Top 30…
Ce Top 30 des communes hôtelières n’est en aucune façon la décalque des villes françaises les plus peuplées.
Certes, les dix premières villes françaises figurent bien dans le classement. Mais avec des écarts pour plusieurs d’entre elles. Ainsi, Nantes, sixième ville de France (328 000 habitants, recensement Insee 2023), n’arrive qu’en 16 ème position pour le nombre d’hôtels (48). Montpellier, la 7 ème ville (310 000 habitants) se situe à la 13 ème place avec 52 hôtels.
Mais au moins une dizaine d’autres métropoles françaises sont absentes de ce Top 30. A commencer par Le Havre. Le premier port de France et la 15 ème ville française (170 000 habitants (source Insee) ne compte que 23 hôtels, ce qui la positionne à la 245 ème place. Ou Saint-Etienne (173 000 habitants) et ses seulement 20 hôtels, qui lui valent la 93 ème place. On pourrait citer aussi Nîmes, Le Mans, Angers et même Toulon.
Ce Top 30 reflète bien d’avantage le niveau de fréquentation touristique d’une commune que sa population endogène. Mais avec des écarts parfois là-aussi. Lyon, qui serait à la deuxième place en terme de nuitées et de fréquentation, arrive à la troisième pour le nombre d’hôtels.
… Mais des petites communes si !
C’est aussi en raison de leur fréquentation touristique que des communes de petites tailles arrivent à se glisser dans le tableau.
A commencer par Lourdes (13 300 habitants), visitée chaque année par environ 3,1 à 3,5 millions de pèlerins et touristes. La petite cité des Hautes-Pyrénées compte encore 112 hôtels, autant que Lyon, bien qu’elle en ait perdu une quarantaine depuis 2016.
Et que dire du très beau village des Saintes-Marie-de-la -Mer et de ses 2 300 âmes. La capitale de la Camargue, station balnéaire et haut lieu de pélérinage, offre 42 hôtels, dont deux classés 5 étoiles, ce qui la propulse au 25 ème rang du Top 30 hôtelier.
On pourrait également citer Beaune (20 000 habitants). La magnifique cité fortifiée bourguignonne a enregistré en 2025 1,5 millions de nuitées. Positionnée à la 27 ème place du TOP 30, elle compte autant d’hôtels (38) que Clermont-Ferrand et ses 146 000 habitants…
(1) A noter que le nombre de communes françaises disposant d’au moins d’1 hôtel a diminué de 16 % depuis 2016, leur effectif reculant de 5 973 à 5 036.
Le top 30 des communes de France les plus dotées en chambres d’hôtels
données France (hors Mayotte) actualisées au 1er janvier 2026
Les valeurs en vert correspondent à des chiffres en progression par rapport à ceux de l’année 2016
Les valeurs en rouge correspondent à des chiffres en recul par rapport à ceux de l’année 2016
Les autres valeurs correspondont à des chiffres stables par rapport à ceux de l’année 20106
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Ce décalage avec la taille des villes est encore plus manifeste s’agissant des volumes de chambres. La capacité en lits des deuxième et troisième villes de France (Lyon et Marseille) est nettement inférieur à celle de la ville (Nice) ou , encore, celle de la petite commune de Lourdes. Ceci en raison de leur fréquentation touristique respective. Seule Paris fait exception, avec ses 37,3 millions de touristes accueillis en 2025 (dans le Grand Paris).
Paris, en soi est une destination touristique. Ce qui n’est pas le cas de Roissy-en-France (2 700 habitants) aussi coquet soit le centre du village… Il est pourtant doté de 6 511 chambres réparties dans 28 hôtels. Ce qui la classe à la 6 ème place pour les chambres et 50 ème pour les adresses.
L’impact majeur des grandes zones aéroportuaires
Le haut niveau d’équipements hôteliers de cette petite ville du Val-d’Oise tient, on l’aura compris, à sa proximité immédiate avec l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle (107 milllions de passagers en 2025, dont 50 millions d’arrivants, hors transit), le 1er de France, le 2ème d’Europe, le 10 ème dans le Monde, et son immense zone d’activités tout autour.
A proximité immédiate de Charles-De-Gaulle, la commune de Tremblay-en-France (38 000 habitants) et ses 9 hôtels de 2 197 chambres profitent eux aussi de la manne aéroportuaire.
Coupvray (3 000 habitants) n’est pas d’avantage une destination en soi. Sauf que cette commune du Val-de-Marne accueille sur son territoire une partie du complexe de Disneyland Paris. Et particulièrement trois de ses hôtels… Le Disney Sequoia Lodge. Le Disney Hotel Santa Fe. Le Disney Hotel Cheyenne. Des hôtels gigantesques.
Du coup, Coupvray, avec ses trois hôtels et ses 3 092 chambres cumulées (ce qui la situe au 12 ème rang français), présente la plus forte capacité unitaire hôtelière de France, la seule à dépasser les 1 000 chambres par hôtel (1 031).
L’impact économique et social phénomènal des parcs d’attraction
Autre exemple qui montre, si nécessaire, le lien étroit entre infrastructure pro-tourisme et offre hôtelière importante, celle de Chasseneuil-du-Poitou. Cette commune de la Vienne (4 700 habitants) accueille la partie sud du parc du Futuroscope (2,6 millions de visiteurs en 2025) et de la technopole du Futuroscope. Ce qui explique l’implantation sur son territoire de 20 hôtels cumulant 2 272 chambres.
Et on pourrait aussi évoquer Magny-le-Hongre et ses 6 hôtels de 2 135 chambres (356 par hôtel), proches eux aussi de Disneyland Paris. Tout comme Chessy qui accueille une autre partie du complexe. Ses trois seuls hôtels (dont le Disney hotel Newport et le Disney hotel New Yord) se manifestant aussi par leur gigantisme : 2 069 chambres, soit 689 par hôtel.
On ne dira jamais assez les multiples retombées économiques du choix stratégique fait en 1985 par la France de François Mitterand de créer Euro Disneyland, rebaptisé depuis et devenu très vite le premier parc d’attraction européen. 16,1 millions de visiteurs en 2025. 6 % des recettes touristiques françaises. Et une centaine de milliards d’euros de retombées depuis son ouverture en 1992.
Un projet qui s’inscrivait dans une stratégie de développement des grands équipements touristiques en France, similaire à celle du Futuroscope ouvert en 1987 (2,6 millions d’entrées, record historique) ou du Parc Astérix en 1989 (2,9 millions d’entrées).
Des capacités unitaires bien plus élevées que la moyenne française
La concentration géographique des chambres hôtelières est encore plus marquée que celle des hôtels. Le Top 30 rassemble près 31 % des clefs (202 417 sur 660 489) contre 21 % des hôtels.
Cette hyper concentration tient à la capacité moynnne de leurs hôtels, 136 chambres par adresse, c’est plus de trois fois la moyenne nationale (près de 41 chambres). Si l’on retire du cumul la douzaine d’hôtels Disney à méga capacité, la taille moyenne approche encore les 120 clefs.
Même en soustrayant les hôtels Disney, hors de leur périmètre direct, les grandes villes présentent elles-aussi des capacités unitaires nettement plus élevées. 54 pour Paris, 67 pour Nice. 75 pour Lyon. 74 pour Marseille. 78 pour Lourdes.
La forme du parc est là aussi pyramidale. Les quelque 2 959 communes qui ne comptent qu’un hôtel totalisent seulement 66 000 chambres. Soit 10 % du parc et une taille moyenne par hôtel d’environ 22 chambres. Elle monte à 30 chambres dans les 824 communes qui comptent deux hôtels et totalisent environ 49 000 chambres.
Aussi petits soient-ils par la taille, ses hôtels, le plus souvent accompagnés d’un restaurant, sont précieux tant pour la vitalité et le rayonnement communal que pour l’attractivité et la diversité touristique des territoires français.




