Un recul mensuel de l’inflation insuffisant pour empêcher une forte hausse annuelle des prix

En septembre, l’indice Insee des prix des services de Restauration et d’Hébergement est remonté de 1,9 % à 2,7 % sur 12 mois, en raison d’une forte hausse des tarifs des services d’Hébergement, de +0,7 % à +4,9 %, le rythme pour la Restauration et les Débits de boissons restant inchangé à +2,1 %. Mais sur le seul mois de septembre, l’indice de la branche était quasi stable dans la Restauration (+0,1 %, Cantine exceptée à +0,4 %) et même en baisse saisonnière dans les Campings, Résidences de tourisme et Villages vacances (-29,6%), contrairement aux Hôtels (+2,7%).

En septembre, l'indice Insee des prix des services de Restauration et d'Hébergement est remonté de 1,9 % à 2,7 % sur 12 mois, en raison d'une forte hausse des tarifs des services d'Hébergement, de +0,7 % à +4,9 %, le rythme pour la Restauration et les Débits de boissons restant inchangé à +2,1 %. Mais sur le seul mois de septembre, l'indice de la branche était quasi stable dans la Restauration (+0,1 %, Cantine exceptée à +0,4 %) et même en baisse saisonnière dans les Campings, Résidences de tourisme et Villages vacances (-29,6%), contrairement aux Hôtels (+2,7%).

Bofinger (groupe Bertrand), qui serait la plus ancienne brasserie parisienne, équilibre son offre entre menus à prix serrés (19,90 € le midi pour deux plats et 35,90 € pour trois plats) et carte à prix étudiés. Ses six choucroutes alsaciennes, cuisinées maison et selon la tradition, s'étagent de 19,50 € pour La Jarret de porc demi-sel, à 49,50 € pour La Royale de la mer, en passant par la Choucroute signature Bofinger au crémant d'Alsace, avec jarret de porc demi-sel, saucisse blanche, saucisse au cumin, saucisse de Strasbourg, poitrine fumée, échine et pommes à l’anglaise, facturée 29,50 € (en photo - DR).
Stabilité de l’inflation dans la restauration et les débits de boissons…

Malgré une nouvelle accélération des prix de l’énergie ( +21,3 % en septembre 2026 en rythme annuel, après +16,7 % en août et +12,6 % en juillet) et une hausse de l’inflation alimentaire ( +1,4 % en septembre 2026 après +1,1 % en août), les services de restauration et de débits de boissons ont maintenu leur variation annuelle inchangée, à +2,1%. En leur sein, les services de restaurants et cafés, qui pèsent 690 points sur 784 dans la pondération de l’ensemble restauration – débits de boissons, ont même légèrement reculé de +2,9%  à 2,8 %.

A examiner plus en détail ce poste, la restauration à service complet (à table, traditionnel) réussit à contenir son inflation annuelle à +2 % (vs +2,1 % le mois dernier). Sans doute au prix d’efforts de gestion et de compression de ses marges.

Une performance d’autant plus remarquable que sa concurrente, la restauration à service limité (incluant surtout la rapide) affiche  un taux d’inflation deux fois plus élevé :  +4,3 %, en glissement annuel. Taux qui atteignait même +4,7 % en août.

Signe possible d’une stabilisation voire d’un inversement de tendance, la restauration à service limité n’a enregistré en septembre aucune hausse de prix notable selon l’Insee. Mais cela s’était déjà produit en juin 2026.

Quant aux cantines, elles affichent un +0,4 % sur 1 mois correspondant à des mises à jour contractuelles de rentrée. Elles restent malgré tout un facteur de stabilité des prix. Son indice global annuel ayant baissé de 2,9 % sur 1 an. Essentiellement grâce à la généralisation des repas à 1€ dans les restaurants universitaires depuis mai 2026.

… Reprise dans les hébergements en raison des hôtels malgré les baisses saisonnières dans les autres types

Alors que l’indice mensuel des prix des hôtels n’avait pris que + 1,1 % en septembre 2025, il augmente cette fois de + 2,7 %. Après avoir reculé de -4,3 % en août 2026 mais augmenté de +1,1 % en août 2025…  Du coup, l’indice annuel de leur prix remonte à + 7,5 %, après +5,8 % le mois précédent.

La très forte baisse saisonnière (-29,6 % en septembre après +5,4 % en août) observée par l’Insee dans les campings, résidences de tourisme et autres centres de vacances, n’a pas eu, pour l’instant, de répercussion significative.

Alors que l’indice mensuel des services d’hébergement dans leur ensemble passe pourtant de + 0,9 % en août à – 15 % en septembre, leur indice en glissement annuel sur 12 mois (septembre 2026 comparé à septembre 2025) remonte paradoxalement de +0,7 % à +4,9 %.

Paradoxe seulement apparent. Car cette remontée tient exclusivement au fort retentissement de la hausse, assez atypique, des tarifs des hôtels en septembre. Retentissement qui tient à la prépondérance de ces derniers dans la pondération de l’indice Hébergement. Les hôtels pèsent, en effet, 105 points sur ses 204 points. Si leur indice flambe, c’est tout l’indice Hébergement qui flambe avec lui.

Source : Insee 
Traitement graphique : HR-infos

Service complet, Service limité, une nouvelle segmentation de la Restauration

L’Insee a  procédé à une révision générale de la classification des fonctions de consommation des ménages. Classification qui sert notamment à l’établissement de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC).

Le changement principal opéré par l’Institut au sein de la division « Services de restauration et d’hébergement » (précédemment appelée Restaurants et Hôtels) se situe dans l’instauration de deux sous-classes : « Restaurants, cafés…, services complet » et  « Restaurants, cafés…, service limité », recouvrant deux grands types d’établissements classés auparavant en « Restaurants, cafés et établissements de danse », d’une part, et « Service de restauration rapide et à emporter », d’autre part.

Dans la sous-classe « Service complet », on retrouve les « Services de restauration fournis par des restaurants, des cafés et des établissements de restauration similaires offrant un service complet consistant en un service de serveur à des clients individuels assis à des tables, avec ou sans animation.».

Cette sous-classe inclue dans le détail quatre postes de consommation : « Repas traditionnel dans un restaurant », « Cafés et autres boissons chaudes consommés dans les cafés » ,« Boissons alcoolisées consommées dans les cafés »  et  « Boissons fraîches non alcoolisées consommées dans les cafés»

Dans la sous-classe « Service limité »,  on retrouvera « les Services de restauration fournis par des établissements à service limité et en libre-service (i.e., sans service de serveur et avec ou sans places assises) »

Cette sous-classe inclue dans le détail deux postes de consommation : « Repas en libre service » et  « Service de restauration rapide et  à emporter  » 

La classe Cantine a également été rebaptisée « Cantines, cafétérias et réfectoires ». Elle comprend désormais deux sous-classes :  « Cantines et cafétérias des universités, écoles et jardins d’enfants » et  « Autres cantines, cafétérias et réfectoires ». Cette dernière sous-classe recouvre essentiellement la restauration du travail, la restauration des patients hospitalisés et les mess militaires. Alors que la première sous-classe recouvre la restauration scolaire et universitaire.

Le glissement annuel des prix des services de restauration et d’hébergement depuis janvier 1991

IPC-Services-de-restauration-et-d’hebergement-septembre 2026

Le glissement annuel des prix des services de restauration et débits de boissons depuis janvier 1991

IPC Insee restaurants et débits de boissons- septembre 2026

Le glissement annuel des prix des services d’hébergement depuis janvier 1991

indice-des-prix-Insee-Services-dhebergement-septembre-2026

Le glissement annuel des prix des services d’hôtels – motels – auberges depuis janvier 1991

Indice-des-prix-Insee-Hotels-et-hebergements-similaires-septembre-2026

Révision à la hausse de la pondération de la Restauration et de l’Hébergement

L’INSEE actualise ses pondérations en fonction de l’évolution de la consommation de chaque poste de son indice. Or, la part de la consommation des ménages consacré aux services de Restauration et d’hébergement n’a jamais été aussi importante qu’en 2025.

En se basant sur les comptes nationaux trimestriels sortis le 31 janvier 2026, le regroupement a connu entre 2024 et 2025 une augmentation de +3,4 % en valeur qui se décompose en un effet volume de +0,9% et un effet prix de +2,5%. Les dépenses de consommation des ménages en prix courants ont atteint 136,4 milliards d’euros sur 12 mois. (vs 131,9 Md€ en 2024).

Du coup, la nouvelle pondération du regroupement « Restauration et Hébergement », qui succède à l’ancien « Restaurant et Hôtel » atteint son plus haut niveau historique. : 988 points en 2026 contre 961 points en 2025, qui était déjà un plafond.

Les services de Restauration passent de 764 à 784 points, du fait d’une revalorisation des postes Restaurants, cafés (+ 16 points, soit 690 points) et Cantines (+4 points, soit 94 points).

Mais la plus grande évolution tient à la répartition des 690 points du poste Restaurants, cafés entre la Restaurants à service complet (428 points) et la Restauration à service limité (262 points).

Côté Hébergement, la pondération gagne 3 points. Les 15 points supplémentaires gagnés par les Hôtels (105 vs 90), qui en avaient perdu 12 en 2025 (90 vs 102) et les 2 points gagnés centres de vacances (95 vs 93), contrebalancent les 10 points perdus par les autres services d’hébergement (auberges et foyers logements pour les travailleurs, wagons-lits, frais de site web et d’agence de voyages pour la recherche d’un hébergement…)

Moyenne annuelle et glissement annuel : quelles différences?

Moyenne annuelle et glissement annuel sont des concepts différents. L’évolution en moyenne annuelle compare les prix d’une année donnée à ceux de l’année précédente.. Le glissement annuel compare les prix d’un seul mois d’une année donnée à ceux du même mois de l’année précédente.

Et les résultats sont fort différents selon le concept. Ainsi en glissement annuel, l’indice des prix des services d’Hébergement a augmenté de +1,6 % en glissement annuel (décembre 2025-décembre 2024). Alors qu’il a augmenté de +3,7% en moyenne annuelle 2025. Idem pour les hôtels: +2 % en glissement annuel, mais + 3,7 % en moyenne annuelle.

Cet écart peut s’expliquer par les tarifs saisonniers. D’un mois à l’autre, les tarifs repartent à la hausse ou à la baisse. La moyenne annuelle lisse davantage les évolutions. Au contraire du glissement annuel, qui compare les prix à un instant T.

En revanche, les écarts sont minimes ou inexistants pour la majorité des Services de Restauration. +2,2 % pour les prix des Restaurants et Cafés, dans les deux modes de calcul. +1,2 % en glissement annuel vs +1,5 % en moyenne annuelle pour les prix des Cantines. Mais pour la Restauration rapide, le décalage est net. Son inflation cumule +3,6% en glissement annuel (et même +3,9 % en novembre). Elle revient à + 3 % en moyenne annuelle.

En comparaison de 2024, la hausse moyenne des prix
de la branche en 2025 recule dans la Restauration mais augmente dans l’Hébergement

Ce sont à nouveau les services de Restauration qui tirent d’abord l’inflation à la baisse

L’indice global des prix à la consommation a enregistré une forte décélération de l’inflation l’an dernier, à +0,9 %. Après +2% en 2024. +4,9 % en 2023. + 5,2 % en 2022. C’est aussi le cas des services de Restauration & d’Hébergement.

Au final, la hausse des prix des services H&R aux consommateurs a également décéléré, mais moins rapidement que l’indice général (-1,1 point vs 0,7 point).  Celle-ci est retombée en 2025 à +2,4 %. Après +3,1 % en 2024. +5,3 % en 2023. +3,9 % en 2022. Elle n’était que de +0,8 % en 2021.

Cette décélération provient exclusivement des services de Restauration qui passent de +3,1 % à +2,1 %. Ils ont su tirer partie de la baisse des prix de l’énergie en 2025 et d’une modération confirmée de l’inflation sur les produits alimentaires (+0,7 % l’an dernier après +1,2 % en 2024).

La différence la plus marquante cette année dans l’évolution des prix tient au renversement de tendances dans les deux principaux secteurs de la Restauration. L’inflation est retombée de + 3,2 % à + 2,2% dans la Restauration à table. Et de +2 ,7 % à seulement +1,5 % dans les Cantines,

En revanche, la Restauration rapide voit son inflation repartir (légèrement) à la hausse, repassant de +2,5% à +3 %. Sur les 5 dernières années, l’indice des prix à la consommation de la Restauration rapide a pris plus de 22 %. La montée en gamme a ses limites aux yeux des consommateurs quand elles se traduisent par des notes de plus en salées, même en à emporter.

Le secteur des hôtels locomotive de l’inflation

L’inflation a été également très dynamique dans les services d’Hébergement au cours des cinq dernières années : +3,7 % en 2025 vs +3,1 % en 2024.  Et sur le cumul 2021-2025 : +22% vs +15 % pour l’ensemble des services de Restauration.

Au sein de ces services, les hôtels font figure de locomotive de l’inflation avec un cumul de 27,7 % de hausse depuis 2021. Assez loin devant les campings et auberges de jeunesse, avec +17,7 %. Mais sur les deux dernières années, ce secteur est devenu plus inflationniste que celui des hôtels ( +9,1% vs+6,8%).

Même si les campings restent sur une crête supérieure à +4% ces deux dernières années, ce sont les hôtels qui ont enregistré la plus forte poussée d’inflation en 2025, avec une moyenne de +4,1 % contre seulement +2% en 2024. Mais +7 % en 2023…

Source : Insee
Traitement graphique : HR-infos

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