Jamais les dépenses de consommation des ménages en hôtels, cafés et restaurants n'avaient été aussi élevées qu'en 2025, selon l'étude annuelle de l'Insee sur la consommation des ménages. Leur progression s'est toutefois légèrement ralentie en volume (hors inflation), à +2,3 % mais reste nettement supérieure à l'ensemble des fonctions de la consommation des ménages, en hausse de +0,4 % seulement. Les dépenses en H&R se situent à la quatrième place de la consommation des ménages, derrière le Logement (énergies incluses), les Produits alimentaires et les Transports.
L’évolution de la consommation des ménages par fonction
En 2025, la dépense de consommation finale des ménages en services de Restauration et de débits de boissons et en services d’Hébergement croît de +2,3 % en volume (hors effet inflation 2025).
Ces dépenses décélèrent légèrement (- 0,3 points) : +2,3 % en 2025 après +2,6 % en 2024. Et ceci en dépit de prix qui ralentissent (+2,4 % en 2025 après +3,2 % en 2024). Néanmoins, ces dépenses sont en progression de plus de 20 % par rapport à 2019.
La dépense brute en R&H (en euros courants cette fois, inflation comprise) s’élève à 141 milliards d’euros. Ce qui représente une hausse en prix courant de +4,7 % (dont +2,4 % dus à l’inflation).
Cette hausse tend à ralentir. Elle atteignait +5,8 % en 2024 à 134,9 milliards d’euros, dont +3,4 % imputable à l’inflation et +3,6 % au volume. Elle grimpait même à +11,1 % en 2023. Et à +44,8 % en 2022.
La consommation 2025 en R&H se répartit à 77,2% dans les Services de restauration et de débits de boissons (108,9 milliards d’euros) en hausse de +2,3 %. Et à 22,8 % dans les Services d’hébergement (32,1 milliards d’euros), en progression équivalente (+2,3%).
La consommation des ménages en HCR avait reculé de 30 % en 2020 année du Covid-19, à 67,2 milliards d’euros. Alors qu’elle atteignait 96,2 milliards d’euros en 2019. En 2021, elle n’était encore que de 79,2 milliards d’euros.
Mais dès l’année 2022, la consommation des ménages en HCR, contrairement à la majorité des autres fonctions de consommation, dépassait (largement !) son niveau d’avant-crise, en culminant déjà à 127,4 milliards d’euros.
Deux causes à la dynamique structurelle de la consommation des ménages en services de R & H
L’objet de cette étude de l’Insee n’est pas de révéler les causes de ces évolutions fort diverses. Recul ou stagnation pour certaines fonctions de la consommation. Progression faible ou soutenue pour d’autres. L’Institut de la statistique se cantonne à les chiffrer en volume et en valeur. Travail déjà considérable…
S’agissant de l’Hébergement Restauration, nous avançons deux causes complémentaires à sa dynamique structurelle. Causes à la fois démographique et comportementale.
Les ménages sont tout simplement plus nombreux aujourd’hui qu’hier à consommer des Services de restauration et d’hébergement. Notamment en raison d’un nombre plus élevé de consommateurs étrangers.
Par ailleurs, ces consommateurs dépensent d’avantage. A cause de l’inflation. Mais aussi en raison d’un nombre plus élevé d’achats. En particulier dans la Restauration et les Débits de boissons. La consommation en Hébergement touristique marchand étant surtout soutenue par les consommateurs étrangers (ou plus largement les non-résidents).

- 1. APU : Administrations publiques.
- 2. ISBL SM : Institutions sans but lucratif au service des ménages.
- 3. L’évolution est calculée entre les niveaux 2019 et les niveaux 2025 exprimés en volumes aux prix de l’année de base 2019.
- 4. La comparaison des niveaux de consommation à la tendance annuelle d’avant-crise a été réalisée en calculant le niveau qu’aurait eu la consommation si la tendance observée entre 2011 et 2019 sur les volumes, aux prix de l’année de base 2019, avait été prolongée jusqu’en 2025. Pour cela, des niveaux fictifs de 2012 à 2025 ont été calculés par régression linéaire sur une tendance temporelle entre 2011 et 2019, et comparés aux niveaux effectivement observés.
Lecture : En 2025, la dépense de consommation finale des ménages en produits alimentaires et boissons non alcoolisées croît de 1,5 % en volume (après 0,2 %). Cette dépense représente 192,8 milliards d’euros.
Source : Insee, comptes nationaux, base 2020. Traitement graphique : HR-infos
Les dépenses des touristes étrangers en France augmentent sensiblement
En 2025, les dépenses des touristes étrangers en France (77,5 milliards d’euros, +7,8 %) augmentent davantage que celles des résidents français à l’étranger (57,5 milliards d’euros, +3,6 %).
Ces deux postes de dépenses touristiques dépassent sensiblement leur niveau d’avant‑crise, tout comme leur solde – la différence entre les dépenses des résidents français à l’étranger et celles des touristes étrangers en France –, appelé correction territoriale (-20,0 milliards d’euros en 2025, -8,5 milliards d’euros en 2019).
Les dépenses de consommation des étrangers sont incluses au niveau des produits (ex: hébergement-restauration). En revanche, la ligne Total est corrigée de la correction territoriale, qui apparait dans le tableau 1
Taux de croissance annuels moyens entre 2011 et 2019 et entre 2019 et 2025
C’est dans les Services de Restauration et d’Hébergement que le taux de croissance annuelle moyen entre 2019 et 2025 a été le plus élevé (+3,8 %). Presque cinq fois plus élevé même que le taux de croissance de l’ensemble de la consommation effective des ménages (+0,8 %)
Quelques postes de dépenses seulement dépassent en 2025 leur tendance d’avant‑crise. En premieur lieu, les dépenses en hébergement et restauration (+16,1 %). Suivie des dépenses de santé (+8,2 %). Des dépenses en loisirs, sport et culture (+4,9 %). Ou encore les dépenses en information et communication (+3,1 %).

Note : La surface de chaque cercle (ci-dessous) est proportionnelle au poids de chaque dépense dans la consommation effective des ménages.
Lecture : La dépense de consommation finale des ménages en hôtels, cafés et restaurants a augmenté en moyenne de +1,9 % par an de 2011 à 2019, et de +3,5 % par an entre 2019 et 2025.
Source : Insee, comptes nationaux, base 2020. Traitement graphique : HR-infos

Définitions Insee des ménages au sens de la comptabilité nationale
- Un ménage, au sens statistique du terme, désigne l’ensemble des occupants d’un même logement sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté (en cas de colocation, par exemple). Un ménage peut être composé d’une seule personne
- Ménage au sens de la Comptabilité nationale : Individus ou groupes d’individus considérés tant dans leur fonction de consommateurs que dans celle, éventuelle, d’entrepreneurs produisant des biens ou des services marchands.
- Les ménages sont l’un des six secteurs institutionnels. Les autres sont : les sociétés non financières, les sociétés financières (SF), les administrations publiques (APU), les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLM) et le reste du monde.
Définitions Insee de la consommation des ménages
- La dépense de consommation finale des ménages comprend les dépenses effectivement réalisées par les ménages résidents pour acquérir des biens et des services destinés à la satisfaction de leurs besoins.
- Les biens et services correspondants ne sont pas stockés, mais considérés comme consommés au moment de leur achat, même si certains d’entre eux sont durables (voitures, électroménagers, meubles, etc.).
- Elle ne comprend pas les dépenses partiellement ou totalement couvertes par des transferts sociaux en nature.
- Seules interviennent, par exemple, dans la dépense de consommation finale des ménages, la part des dépenses de santé, d’éducation, de logement, restant à leur charge, après remboursements éventuels.
- La partie qui leur est remboursée entre dans la dépense de consommation finale des administrations publiques.
Définitions Insee de la mesure de la consommation en volume et en prix (ou valeur)
- Le prix (ou la valeur, le terme est équivalent) reflète le coût des biens ou services consommés.
- Du fait de la hausse des prix, la monnaie se déprécie au cours du temps. Pour corriger l’effet de dépréciation de la monnaie au fil de temps, on distingue les évolutions en « valeur » (évaluées à prix courants, sans correction de l’effet de l’inflation), des évolutions en « volume » (évaluées avec une correction éliminant l’effet de l’inflation, en calculant la consommation d’une année aux prix de l’année précédente).
- La mesure en volume (à euros constants, inflation corrigée) permet de fait de mesurer l’évolution réelle de la consommation.
- La mesure en valeur (inflation comprise) permet de mesurer l’évolution des dépenses brutes de la consommation.




