Dans une étude inédite, l'Insee s'est penché sur l'emploi salarié dans les 6 700 pôles commerciaux français de centre-ville et de périphérie où se concentrent les deux tiers des points de vente aux ménages. Entre 2016 et 2022, c'est dans la Restauration et les Débits que l'emploi a le plus fortement progressé (+4,2 % par an en moyenne). Dans les pôles de centre-ville, où se concentrent près de la moitié des pôles commerciaux, ces deux secteurs emploient trois salariés sur dix, et constituent les premiers employeurs de ces pôles, assez loin devant les Commerces alimentaires.
Remarque préliminaire : pôle commercial ne signifie pas centre commercial
Un pôle commercial, précise l’Insee, concentre dans une zone géographique donnée des établissements de vente au détail répondant à des actes de consommation de la vie courante. Ils sont listés dans le tableau ci-dessous. Equipements de la personne. Equipements de la maison. Biens médicaux (pharmacies…). Commerces de détail alimentaires. Agences bancaires et immobilières. Services corporels…
Dans les centre-villes, ce sont le plus souvent des petits établissements situées dans des rues commerçantes. En périphérie des villes, ces pôles commerciaux sont surtout présents dans des zones non résidentielles.
Dans les deux cas, centre-ville et surtout périphérie, un pôle commercial peut inclure en son sein un centre commercial.
En 2022 en France (dernière année statistique consolidée), deux tiers des points de vente aux ménages (commerce de détail, restauration, salons de coiffure, etc.) étaient concentrés dans 6 700 pôles commerciaux. Un peu moins de la moitié sont des pôles de centre-ville.
Une forte dynamique d’emploi dans la Restauration et les Débits de boissons sur ces pôles
Entre 2016 et 2022, le secteur agrégé de la Restauration et les Débits de boissons a surperformé tous les autres secteurs en termes de création d’emploi. En cumul sur 6 ans, il a créé près de 128 500 emplois. Dont 70 600 sur les seuls pôles commerciaux de centre-villes. En moyenne annuelle, son effectif salarié a progressé de 4,2 %. Alors que cette progression n’a été que de 0,9 % par an dans tous les autres secteurs confondus.
Sans sa dynamique, l’emploi aurait même légèrement reculé sur les centre-villes, du fait notamment d’une baisse de l’emploi dans les agences bancaires et les commerces d’habillement.
L’emploi salarié des points de vente aux ménages croît moins vite dans les pôles de centre-ville (+1,1 % par an) que dans les pôles de périphérie (+1,6 %) ou que dans ceux situés en dehors des pôles (+1,8 %).
Ces évolutions globales tiennent aussi à celles de chaque secteur d’activité. Ainsi, l’emploi salarié diminue dans le commerce d’équipement de la personne (habillement, chaussure, etc.). Alors qu’il progresse fortement dans la Restauration et les Débits de boissons (+4,2 % en moyenne annuelle, notamment dans la restauration rapide (+6,6 %).
Les Commerces alimentaires restent les premiers employeurs mais créent moins d’emplois
Dans les pôles commerciaux de centre-ville, trois salariés sur dix (31 %) travaillent dans la Restauration et les Débits de boissons. Le secteur est numériquement le plus important (315 690) (et le plus dynamique en emploi (+4,3 % d’évolution annuelle moyenne). Assez loin devant les Commerces alimentaires (222 500, +1,1 % en évolution annuelle) .
Dans les pôles commerciaux, l’emploi salarié des points de vente augmente plus vite dans les bassins de vie touristiques ou en croissance démographique.
Sur les 2,1 millions de salariés qui travaillent dans des pôles commerciaux, plus de 1 sur 5, soit 438 500, exerçaient en 2022 dans la R & B.
Tout pôle confondu et hors pôle, le commerce alimentaire reste le plus gros employeur avec près de 876 000 salariés, devant la Restauration (593 000 salariés). 4 salariés sur 10 travaillent dans un commerce alimentaire. Celui-ci est également le premier employeur sur les pôles commerciaux (629 200 vs 438 500).
La Restauration a créé deux fois plus d’emplois que les Commerces alimentaires
En revanche, la dynamique d’emploi du commerce alimentaire est trois fois moins forte que celle de la Restauration. Elle reste cependant positive. Avec une hausse moyenne annuelle de 1,3 %. A comparer avec les 4,2 % crédités pour la Restauration et les Débits de boissons.
En l’espace de six ans, de 2016 à 2022, la Restauration et les Débits de boissons comptaient 129 000 salariés supplémentaires. Deux fois plus que les Commerces alimentaires (63 000).

Champ : Points de vente en France métropolitaine, La Réunion, Martinique et Guadeloupe.
Précisions : les pourcentages en rouge signifient des reculs, les pourcentages en vert symbolisent des progressions.
Les commerces d’équipements de la personne regroupent notamment les commerces d’habillement.
Source : Insee, dispositif Points de vente, Sirene, Flores. Publication Insee Première.
>Traitement graphique et des données : HR-infos
Lecture : en 2022, dans les pôles commerciaux de centre-villes, la Restauration et les Débits de boissons emploient 315 690 salariés, soit 29 % de plus qu’en 2016
Des créations d’emplois associées à des créations de sites
Tout secteur confondu, en 2022, un pôle commercial de centre-ville regroupe en moyenne 108 établissements. Contre 26 pour un pôle commercial de périphérie.
En revanche, la taille moyenne d’un établissement implanté sur un pôle commercial de périphérie est nettement plus importante. Sa surface de vente atteint en moyenne 585 m2, contre 91 m2 pour un situé en centre-ville. Par ailleurs, il emploie en moyenne 11 salariés contre 3 en centre-ville.
Entre 2016 et 2026, le rythme annuel de création de points de vente n’a pas dépassé 0,3 %. On en dénombrait 643 000 en 2016. Et 654 500 en 2025. L’évolution des surfaces de vente est légèrement plus élevée (+0,6%, avec 122, 573 millions de m2). La taille moyenne d’un établissement a donc légèrement augmenté.
Une dynamique encore plus élevée dans les pôles commerciaux de périphérie
Toutefois, les secteurs de la Restauration et des Débits de boissons font à nouveau exception ! Ils enregistrent à nouveau pour les pôles commerciaux de centre-ville le taux le plus élevé de création d’établissements (+ 2 % en moyenne annuelle) et d’expansion de surfaces (+1,6%). Ce qui est, bien entendu, en lien avec la création d’empois salariés (+4,3 %).
En terme de gabarit, leur taille est toutefois plus basse (73 m3 environ). Et ils emploient en moyenne 3 salariés.
Il en va tout autrement dans les pôles commerciaux de périphérie, encore plus dynamiques pour la Restauration avec une croissance moyenne annuelle de +3,9 % pour les créations établissements et de +3,8% pour les surfaces de vente. Leur effectif moyen grimpe à 11 salariés. Et leur surface moyenne à 187 m2.
Restauration et Débits de boisson résistent dans les zones rurales !
Hors des pôles commerciaux, c’est-à-dire essentiellement dans les zones rurales, la taille moyenne retombe à 2,6 salariés par points de vente et à 106 m2 (plus élevé que dans les centre-villes !).
Mais contrairement à ce qui est souvent affirmé, le parc rural de la Restauration est loin de s’éroder. Il est passé à plus de 60 000 établissements, soit une hausse moyenne annuelle de +1,%
. L’Insee ne précise pas toutefois leur répartition sur le territoire. Sont-ils plus nombreux sur un nombre équivalent ou supérieur de communes ? Ou sur un nombre diminué… ?

Champ : Points de vente en France métropolitaine, La Réunion, Martinique et Guadeloupe.
Précisions : les pourcentages en rouge signifient des reculs, les pourcentages en vert symbolisent des progressions.
Les commerces d’équipements de la personne regroupent notamment les commerces d’habillement
Source : Insee, dispositif Points de vente, Sirene, Flores. Publication Insee Première.
>Traitement graphique et des données : HR-infos
Lecture : en 2022, dans les pôles commerciaux de centre-villes, la Restauration et les Débits de boissons disposent de 95 120 établissements, soit 12 % de plus qu’en 2016.

