Après l'avoir établi pour les hôtels et pour les campings, HR-infos a a replongé dans les bases de données de l'Insee pour repérer pami les 915 communes de France qui en sont dotées, celles qui comptent le plus de résidences de tourisme et de places-lits, en comparant les évolutions de leur parc entre 2016 et 2026. Leurs principales caractéristiques sont assez différentes de celles des hôtels et des campings, avec des implantations majoritairement situées sur quatre grands zones géographiques : les Alpes, l'Ile-de-France, la Corse et la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur.
Le top 30 des communes de France les plus équipées en résidences de tourisme
Source : Insee – extraction et tableau HR-infos
- Données France (hors Mayotte) actualisées au 1er janvier 2026
- Les valeurs en vert correspondent à des chiffres en progression par rapport à ceux de l’année 2016
- Les valeurs en rouge correspondent à des chiffres en recul par rapport à ceux de l’année 2016
- Les autres valeurs correspondent à des chiffres stables par rapport à ceux de l’année 2016
- *NS : Non Significatif, comparaison non significative, la commune n’étant pas constituée en 2016
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Une concentration communale et géographique nettement marquée
En cumulant 597 résidences de tourisme sur les 2 293 que comptaient la France début 2026, 30 communes regroupent pas moins de 26 % du parc. Leur concentration géographique est beaucoup plus forte que celle des campings (7 % du parc est localisé dans le Top 30) ou même celle des hôtels (21 %). Le Top 10 des communes les plus riches en adresses de résidences en représente encore 15 %.
Cette concentration géographique s’est d’ailleurs accrue au cours des dix dernières années. En 2016, les 30 communes les plus dotées cumulaient 533 résidences sur un total de 2 237, soit 23,8 % du parc. Le Top 10 de l’époque en pesant 13,6 %.
Nous avançons deux hypothèses jointes à cette concentration géographique. En premier lieu, une moindre présence dans les territoires. 915 communes seulement comptent au moins une résidence de tourisme. Dont 537 qui n’en recensent qu’une seule. A comparer avec les 5 036 communes où l’on pointe au moins un hôtel. Et les 4 705 qui hébergent au moins un camping.
Deuxième hypothèse : le coût de l’investissement et le seuil de rentabililité plus élevé pour une résidence de tourisme qui a besoin d’une plus grosse capacité qu’un hôtel ou un camping. Et de fait, dans les dix dernières années, le nombre de leur adresses n’a augmenté que de 2,5 % (56 supplémentaires). Alors qu’en parallèle, le nombre de place-lits baissait de 12 % (608 911 vs 692 407).
Malgré ces freins à l’investissement et les difficultés financières que le secteur a connues, 14 communes supplémentaires offrent aujourd’hui une résidence (915 vs 901). A l’image de Morton, dans la Vienne, où s’est implanté le Center Parcs Domaine du Bois aux Daims, avec 809 unités d’habitation et sa capacité d’accueil de 4 426 personnes.
Les résidences se répartissent entre zone, montagneuse, urbaine, côtière et… corse !
Les résidences de tourisme se singularisent aussi pour leur répartition géographique. Elles ne sont pas concentrées sur les littoraux, contrairement aux campings. Ou dans les métropoles, comme dans le cas des hôtels. Mais d’abord dans les montagnes.
Au sein du top 30, trônent d’abord des communes des Alpes. Dix d’entre elles sont situées en Savoie, Haute-Savoie et Isère Ces dix Alpines regroupent 172 résidences hôtelières. Dix alpines qui ont pour trait commun d’être des stations de ski. Leurs résidences de tourisme ont donc essentiellement une clientèle de loisirs, familiale.
Vient ensuite l’Ile-de-France, avec seulement deux villes classées dans le Top mais qui cumulent à elles seules 104 résidences, dont 92 à Paris et 12 à Courbevoie. Ces résidences ont un mix client assez différent, avec 70 % environ de clientèle d’affaires et 30 % de clientèle de loisirs.
En troisième position dans ce top 30, les cinq communes corses (Porto Veccio, Calvi, Bonifacio, Cargèse et Zonza) cumulant 96 adresses. Dix ans auparavant, une seule de ces communes, Porto-Veccio, figurait dans le Top 30, avec déjà 30 résidences.
Enfin, en quatrième position seulement, 5 communes de Paca, réparties entre les Bouches-du-Rhône (Marseille et Aix-en-Provence) et les Alpes-Maritimes (Nice, Cannes, Antibes).
Quatre régions regroupent plus de 58 % des résidences de tourisme
La concentration géographique se double d’une relative concentration régionale.
Avec 497 résidences de tourisme réparties sur 134 communes, Rhône-Alpes (12 départements et collectivités territoriales) est la première région résidentielle de France. Et de très loin.
Sachant que 3 seulement de ses 12 départements et collectivités territoriales (Savoie, Haute-Savoie, Isère) en cumulent 415 réparties sur 95 communes.
Vient ensuite la région PACA (6 départements), avec 324 résidences réparties sur 130 communes. Puis l’Occitanie (13 départements), qui offre 257 résidences de tourisme distribuées dans 119 communes. Et l’Ile-de-France (5 départements) qui regroupe 244 résidences au sein de 95 communes.
Un chiffre d’affaires unitaire moyen plus élevé que celui des hôtels ?
Hiérarchiquement, les résidences de tourisme constituent le troisième catégorie d’hébergement touristique collectif derrière les hôtels et les campings. Que ce soit pour le nombre de leurs adresses et de leurs place-lits (lire notre bilan annuel).
C’est également le cas pour leur fréquentation. Les hôtels ont cumulé 214,5 millions de nuitées en 2024 (source Insee), soit plus de trois fois le volume des résidences de tourisme (69,8 millions de nuitées). Les campings se situant en deuxième position avec 141,2 millions de nuitées.
Sur le plan économique, elles se situent en revanche, en deuxième position. Avec un chiffre d’affaires de branche estimé à 4,5 milliards d’euros hors taxe (source FNRT 2025). A comparer avec les 23,6 milliards d’euros des hôtels et les 3,4 milliards des campings (source Esane, 2023).
Si l’on rapporte cette fois le chiffre d’affaires de branche à celui de leur nombre d’établissements, les résidences de tourisme passent nettement en tête. Avec un chiffre d’affaires moyen de 1,962 millions d’euros par adresse (4,5 milliards /2 293 résidences).
A comparer avec celui des hôtels, qui est de 1,4 millions d’euros (23,6 millards /16 850 hôtels en 2023). Et celui des campings, nettement inférieur, à 457,5k€ (3,4 milliards / 7 432 terrains).
Hétérogénéité des tailles et des chiffes d’affaires…
Il s’agit d’une moyenne théorique. Une analyse par décile (dix parties d’effectifs égaux) permettrait de saisir la répartion précise du chiffres d’affaires en fonction de la taille de l’établissement, forcément très inégal.
Certaines résidences, en effet, ne dépassent pas une quarantaine d’unités d’habitation. A A l’exemple de la résidence 4 étoiles Via Mare, à Zonza (Corse du Sud), qui dispose de 43 unités d’habitation pour accueillir jusqu’à 244 personnes.
A l’autre bout de l’échelle, la capacité des six résidences Center Parcs de France se chiffre par centaines. Ainsi, le Center Parcs Domaine des Bois-Francs. sur la commune des Barils (Eure) déploie 809 unités d’habitation pouvant accueillir jusqu’à 4 426 personnes !
Le top 30 des communes de France les plus équipées en place-lits de tourisme
Source : Insee – extraction et tableau HR-infos
- Données France (hors Mayotte) actualisées au 1er janvier 2026
- Les valeurs en vert correspondent à des chiffres en progression par rapport à ceux de l’année 2016
- Les valeurs en rouge correspondent à des chiffres en recul par rapport à ceux de l’année 2016
- Les autres valeurs correspondent à des chiffres stables par rapport à ceux de l’année 2016
- *NS : Non Significatif, comparaison non significative, la commune n’étant pas constituée en 2016
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Un classement largement décorrélé du Top 30 des communes les plus dotées
Ce Top 30 totalise 175 198 place-lits, soit 29 % du total des 608 911 place-lits. Le top 10 (90 922) en représente 15 %. Le top 30 de 2016 pesait 189 100 place-lits. Une diminution donc de 7,4 % en l’espace de dix ans. Diminution n’est pas surprenante. Le parc total lui même a reculé de 12 % au cours des dix dernières années, perdant quelque 83 500 place-lits dans la période.
A la première place géographique, les résidences alpines de la Savoie, Haute-Savoie et Isère totalisent à elles-seules 72 000 places-lits. Elles devançent largement les Franciliennes (33 266 place-lits), malgré le poids lourd parisien (16 914 place-lits).
Derrière ces deux régions majors, se profilent bien les deux profils de résidence : celles orientées Tourisme loisirs et familles (Les Alpines) et celles orientées Tourisme d’affaires (les Franciliennes). SAachant que parmi ces Franciliennes, les trois de Bailly-Romainvilliers (lire plus haut) sont orientées Loisirs, du fait surtout de la proximité du parc Disneyland Paris.
Pas de lien mécanique avec le top 30 des communes les plus équipées. Ce ne sont pas le nombre de leurs adresses qui est examiné, mais bien les capacités que celles-ci offrent.
Et le constat est clair : la capacité en place-lits résidentielle d’une collectivité n’est pas systématiquement proportionnelle au nombre de résidences qu’elle offre.
De fait, 11 communes parmi les 30 les plus dotées ne figurent pas dans cet autre top 30. Nice, Calvi, Strasbourg, Cannes, Bonifacio, Cargèse, Antibes, Zozon Montpellier, Aix-en-Provence et Gréoux-les-Bains, n’ont pas assez de place-lits pour y apparaître
Deux premiers exemples de cette décorrélation : Nice, qui figure au 9 ème rang des collectivités les plus dotées, avec pas moins de 19 résidences sur son sol, ne figure qu’à la 32 ème place avec 2958 place-lits, immédiatement suivie de Strasbourg (14 résidences) avec 2 948 place-lits.
Deux derniers exemples, plus édifiants, celui des communes corses de Bonifacio et Cargèse (16 résidences chacune) classés respectivement à la 122 ème place et la 147è ème place pour leur capacités en place-lits (respectivement 1187 et 972).
Des rapports de 1 à 119 dans les capacités en place-lits…
Mais la décorrélation inverse est vraie aussi : ce ne sont pas les communes les plus capacitaires qui possèdent nécessairement le plus de résidences. De fait, 10 collectivités parmi elles n’apparaissent pas dans le top 30 des communes les plus riches en résidences. Respectivement Bailly-Romainvilliers, Hattigny, Morton, Chamouille, Les Barils, Chaumont-sur-Tharonne, Saint-Sorlain-d’Arves, La Grande-Motte, Valmeinier et Roissy-en-France.
Deux illustrations les plus édifiantes : Bailly-Romainvilliers (Seine-et-Marne), 4 ème dans ce top 30, qui 1 offre la bagatelle de 8 862 place-lits répartis dans 1 278 unités d’habitation ne dispose que de 3 résidences, score qui la situe à 141 ème place.
Et que dire d’Hattigny (Moselle), qui ne présente qu’une seule résidence de tourisme annoncée pour 5272 place-lits. Mais quelle résidence ! Possiblement la lus importante de France : la résidence Center Parc Les Trois Forêts, qui déploie sur 435 hectares 1 097 unités d’habitation pouvant accueillir 5 968 personnes.
De fait, on observera que 5 des 10 communes ne figurant pas dans le Top 30 des résidences mais dans celui des place-lits, disposent d’une résidence Center Parcs sur leur territoire, chacun présentant plusieurs centaines de place-lits.
A savoir : Le Domaine des Hauts-de-Bruyères à Chaumont-sur-Tharonne (Loire-et-Cher), 744 unités d’habitation (UH) – 4046 personnes accueillies (PA) ; Le Domaine des Bois-Francs au Barils (Eure), 854 UH – 4 472 PA : Le Domaine du Bois aux Daims à Morton (Vienne), 829 UH- 4 426 PA ; Domaine Le Lac d’Ailette à Chamouille (Aisne), 797 UH – 4062 PA. Et Le Domaine des Trois Forêts.
Ce qui nous conduit à pointer de grands écarts de capacités entre les résidences. Plus encore peut-être que dans l’hôtellerie.
La capacité moyenne d’un hôtel est d’environ 82 place-lits (41,5 chambres). Elle monte même à 124 place-lits dans les 4 étoiles (66 chambres). Et il n’y pas de pré requis d’un nombre minimum de chambres. C’est, à notre connaissance, le Méridien Paris Arc de Triomphe, qui arbore la plus grosse capacité de France avec 1 025 chambres dont 22 suites.
Les résidences de tourisme, au contraire, doivent comporter au moins 50 lits et pouvoir ainsi accueillir au moins 50 personnes. Sans doute, au moins en partie en lien avec ce prérequis, la capacité moyenne d’une résidence de tourisme est trois fois et demi supérieure à celle des hôtels, avec près de 266 place-lits par adresse.
Il s’agit là encore d’une moyenne générale. Une analyse par décile serait plus éloquente.
Force est de constater des écarts de capacité considérables, d’une résidence à l’autre. On prendra ici, pour les besoins de la démonstration, une échelle de taille, qui atteste d’un rapport maximum de 1 à 110 dans les unités d’habitation et plus encore dans les place-lits…
A la première traverse de l’échelle, à Cargèze (Corse du Sud), la résidence 3 étoiles Casa Marina dispose de 10 unités d’habitation pouvant accueillir 50 personnes, soit le minimum pré requis. A la plus haute traverse de l’échelle, la résidence Center Parc des Trois Forêts à Hattigny (Moselle) avec ses 1 097 unités d’habitation pouvant accueillir 5 968 personnes.




