Sébastien Bazin, 57 ans, a été nommé PDG d'Accor en août 2013. Huit ans auparavant, en 2005, il avait fait son entrée au conseil d’administration du groupe en qualité de représentant de Colony Capital, à l'époque actionnaire de référence d'Accor. Le fonds d'investissement américain détint en 2009 jusqu'à 30 % de son capital, de concert avec Eurazeo. En 2006, monsieur Bazin devenait l'un des actionnaires du Paris Saint-Germain, via Colony Capital, et en prenait la présidence en 2009. Jusqu'à l'arrivée en 2011 d'un nouvel actionnaire pour le club sportif, Qatar Investment Autority.

Pour le PDG du groupe hôtelier, qui s'exprimait dans le cadre d'un entretien au Journal du Dimanche (édition du 17 mars 2019), la nomination d'un représentant du groupe chinois Jin Jiang, son premier actionnaire, au sein du conseil d'administration d'Accor "semble compliqué".

Compliqué pourquoi ? Parce que "cela reviendrait à faire entrer au conseil un groupe directement concurrent sur beaucoup de pays et de marques", argumente Sébastien Bazin, qui ajoute que Jin Jiang est le "groupe hôtelier ayant ayant la plus belle croissance mondiale".

Le patron d'Accor précise que Jin Jiang, qu'il déclare "rencontrer tous les trois mois", n'a pour l'instant jamais demandé à siéger au conseil d'administration.

Jin Jiang International Holdings, numéro 5 mondial de l'hôtellerie et présent également dans l'industrie du voyage, détient actuellement 12 % du capital d'Accor, devant Qatar Investment Autority (10,44%) et Kingdom Holding Company of Saudi Arabia (5,84 %). Jin Jian est propriétaire de Louvre Hotels, principal concurrent d'AccorHotels en France, et de Radisson Hospitality, racheté en novembre 2018 à son concurrent chinois HNA.

Un autre groupe hôtelier chinois, Huazhu (China Lodging),est au capital d'Accor (depuis mai 2018), à hauteur de 4,63 %. Huazhu et Accor avaient noué fin 2014 un partenariat stratégique pour développer la présence du groupe français dans l'hôtellerie économique et moyen de gamme en Chine, à Taïwan et en Mongolie, avec la franchise exclusive des hôtels Ibis, Mercure et Novotel. China Lodging ouvre une soixantaine d'hôtels Accor par an, précise Sébastien Bazin, "cinq fois plus qu'il y a trois ans".

L’actionnariat d’Accor au 31 décembre 2018
L’interview du « showman » Bazin

Une interview pénétrante du patron d’Accor, qui met en perspective l’évolution du groupe depuis son arrivée à la tête du leader européen de l’hôtellerie en 2013. A l’origine un groupe constructeur, développeur et managers d’hôtel, devenu sous sa présidence un groupe fournisseur d’expériences et de services aux voyageurs.

Le PDG souligne au passage la nécessité « vitale » de bien connaître ses clients et donc de « créer un environnement pour être dans la tête du voyageur ». D’où la stratégie déployée avec le nouveau programme de fidélité ALL (Accor Live Limitless) à partir du quatrième trimestre 2019. ALL offrira aussi des avantages extra-hôteliers, grâce à des partenariats avec le PSG et les organisateurs d’événements AEG (qui exploite des salles de spectacle, organise des festivals et des concerts) et IMG (présent dans le sport, la mode et la gastronomie).

Bazin s’attarde aussi sur la réinvention en cours des enseignes historiques comme Mercure, Novotel et Sofitel. Affirmant même que les espaces communs des hôtels profiteront bientôt tout autant à des clients non résidents qu’à des résidents. « L’hôtel rentrera enfin dans leur quartier », annonce-t-il.

Sébastien Bazin n’a pas été interrogé sur un retour aux sources. Le seul qu’il peut assumer, lui qui a surtout pratiqué des ruptures avec l’ancien modèle du groupe hôtelier. Le retour à la marque Accor. Souvenons-nous que c’est lui qui avait décidé de rebaptiser Accor en AccorHotels, alors même qu’il commençait à diversifier les activités du groupe. C’est à nouveau lui qui a du reconnaître qu’il était plus cohérent avec l’évolution de revenir à Accor.

 

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