Finalement, elle n'aura pas fait un flop ! Mais elle n'aura pas non plus déclenché une envolée sociale, la prime Macron dans les HCR... Prime créée dans le cadre de la loi MUES (Mesures d'Urgences Economiques et Sociales) adoptée fin décembre 2018 pour répondre aux revendications des Gilets Jaunes. Soutenue par une majorité de Français, leur action avait forcé le gouvernement à prendre des mesures à effet immédiat en faveur du pouvoir d'achat.

Après un point à mi étape réalisé fin janvier, la caisse centrale des Urssaf (Accoss) publie cette fois un bilan définitif de la "Macron" versée entre décembre 2018 et mars 2019. Le 31 mars étant la date butoir pour bénéficier d'exonérations fiscales et sociales intégrales jusqu'à un plafond de 1000 euros versés. Plafond qui a été atteint pour 544 000 salariés, soit 11 % du total des quelque 4, 778 millions de bénéficiaires de la prime sur l'ensemble des secteurs privés. Plus d'un quart de leurs salariés (près de 27 %) ont touché cette prime, dont le montant moyen s'élève à 401 euros.

Les résultats statistiques définitifs de l'Hébergement et Restauration sont nettement supérieurs à ceux du bilan d'étape. Mais il restent très en deça de la moyenne nationale tout secteur d'activité confondu, quelque soit le critère considéré.

26 509 établissements exactement, soit 12,9 % du secteur ont distribué environ 63,8 millions d'euros à quelque 171 000 salariés, représentant environ 15,4 % de ses effectifs soumis à cotisations. En l'espace de deux mois, ces chiffres ont presque doublé. Fin janvier, en effet, l'Acoss avait recensé 14 348 établissement ayant versé 32,,4 millions d'euros à 83 500 salariés.

Une valeur toutefois a légèrement reculé, c'est celle du montant moyen de la prime, finalement tombé à 311 euros contre 327 précédemment. Tout secteur d'activités confondu, lissée sur les 4 mois où elle pouvait être versée en bénéficiant des exonérations, elle s'élève à 401 euros.

Les primes exceptionnelles versées dans l'Hébergement Restauration se situent définitivement en dessous de la moyenne nationale, tant en pourcentage d'établissements volontaires (12,9 % vs 20,1 % ) qu'en taux de salariés bénéficiaires (15,4 % vs 26%). Cet engagement social somme toute modeste (le montant de la prime représente 1,7% de la masse salariale des salariés bénéficiaires) s'explique en partie par la petite taille des entreprises et par la proportion élevée de salariés à temps partiel (environ 1 tiers des effectifs).

Selon toute probabilité, les entreprises de moyenne taille et de grande taille ont en proportion été plus nombreuses à verser des primes que celles de petites tailles. En effet, la masse salariale de ces 26 500 entreprises qui ont versé une prime Macron pèse en cumul 25 % de la masse salariale de l'ensemble des entreprises de la branche. Alors que l'effectif de ces entreprises donatrices ne représente que 12,9 % de l'effectif total de la branche. Tout secteur d'activité confondu,59,1% des plus de 2000 salariés ont versé une prime, contre 14,3 % pour les moins de 10 salariés.

A contrario, rien n'indique que les petites entreprises donatrices dans la branche aient été moins généreuses que les grandes. Tout secteur d'activité confondu, c'est même le contraire. Les entreprises de moins de 10 salariés ont versé en moyenne 560 euros par salarié, contre 377 euros pour les plus de 2000 salariés. De même, les plus petites ont distribué des primes à une part plus importante de leurs salariés : 66,4 % chez celles qui emploient moins de 10 salariés, contre 40,3 % qui en comptent plus de 2000.

Nous attendons encore de l'Acoss des données distinctes pour l'Hébergement et la Restauration.

La branche Hébergement Restauration reste sous la moyenne nationale

Comparaison entre la branche H&R, les secteurs ayant le moins versé et le plus versé de primes Macron, et tous les secteurs confondus

(statistiques Accoss « données inviduelles »)

Source : Acoss/traitement HR-infos.

(statistiques Accoss « données agrégées + données individuelles « )

 

 Sources des tableaux : Acoss/traitement HR-infos
Avertissement pour comprendre les résultats et les différences entre les deux tableaux 

La majorité des établissements a déclaré cette prime dans les données agrégées et dans les données individuelles. Certains ont déclaré uniquement dans les données individuelles, d’autres uniquement dans les données agrégées.

Pour évaluer globalement cette mesure, on agrège les montants des données agrégées et des données individuelles (tableau 2).

Pour calculer des ratios au niveau des salariés, on se limite aux établissements ayant déclaré des données individuelles (tableau 1).

21 % seulement des salariés HCR bénéficiaires ont touché une prime supérieure à 500 euros, contre 32 % pour l’ensemble des secteurs d’activité

Les statistiques de l’Acoss sur la prime exceptionnelle (à fin mars 2019)

VOS RÉACTIONS

Laissez votre commentaire