Vue du Novotel London Canary Wharf, ouvert en 2017. L'un des plus importants et récents actifs d'AccorInvest qui y a investi 90 millions de livres. Un gratte-ciel en verre de 39 étages disposant de 313 chambres et 26 suites, d’une piscine, d’un café et d’un bar-restaurant le Bookan déployé sur deux étages et une terrasse, offrant un panorama à 360 degrés sur la capitale britannique.

Cette fois, le dossier de cette première phase de désengagement est bel et bien bouclé. Avec une année de retard sur le calendrier initial. "L'opération a été très difficile et très longue à mener", reconnaissait Sébastien Bazin, le PDG d'AccorHotels, en février 2018 lors de l'annonce des modalités de la cession, avant d'obtenir le 20 avril le feu vert de son conseil d'administration.

AccorHotels a donc annoncé le 31 mai la réalisation définitive de la cession du capital d’AccorInvest, l'entité qui regroupe ses activités immobilières, auprès des fonds souverains Public Investment Fund (PIF) et GIC, des investisseurs institutionnels Colony NorthStar, Crédit Agricole Assurances et Amundi, et d’investisseurs privés. Le niveau de participation de chaque investisseur n'a pas été rendue public.

Léger changement dans la part du capital cédé. Le groupe hôtelier cède finalement 57,8% au lieu des 55% précédemment annoncés. Du coup, Accor engrange un apport de liquidités brut de 4,6 milliards d'euros, légèrement supérieur aux 4,4 milliards annoncés en février.

AccorHotels détiendra dans un premier temps 42,2% du Capital d’AccorInvest, qui sera déconsolidé des comptes du groupe à compter du 1er juin 2018. Dans le cadre de cette opération, AccorHotels et AccorInvest conservent un partenariat privilégié et de long terme au travers de contrats de partenariat de très longue durée.

Comme son PDG l'avait indiqué, AccorHotels se réserve la possibilité de céder encore des parts d’AccorInvest pour descendre jusqu’à 30% du capital de la société dans les cinq ans qui viennent. Au-delà de cette date, il pourra totalement en sortir.

“AccorHotels n’a pas vocation, sur le long terme, à rester actionnaire d’AccorInvest”, avait précisé Sébastien Bazin (conférence téléphonique de février 2018), évoquant une possible mise en Bourse, à terme, de l’entreprise.

Le groupe avait également annoncé qu’il consacrerait le produit de la cession à de nouvelles acquisitions et à un rachat d’actions dans les deux ans qui viennent pour un montant de 1,35 milliard d’euros, représentant environ 10% de son capital. Pas question donc de s'en servir pour se désendetter ou pour augmenter les dividendes versés.

Concernant les acquisitions justement, AccorHotels a annoncé ce même 31 mai la réalisation de celle de l'Australien Mantra Group. Le montant total de la transaction atteint 1,3 milliards de dollars australiens, soit 830 millions d'euros. AccorHotels est désormais le seul actionnaire de Mantra.

Le 10 octobre 2017, AccorHotels avait annoncé la signature d'un accord avec les dirigeants de Mantra, qui avaient accepté, indiquait le groupe français, l'offre de rachat d'environ 900 millions d'euros du géant français de l'hôtellerie.

L'accord, soumis alors à l'approbation des actionnaire de Mantra, portait sur l'acquisition de la totalité du capital, au prix de 3,96 dollars australiens (2,65 euros) par action. "AccorHotels devait 1,3 milliard de dollars australiens en numéraire, soit 900 millions d'euros", indiquait le groupe français dans un communiqué.

Le texte de l'accord, publié à l'époque par Mantra sur son site internet, mentionnait un montant légèrement inférieur, d'environ 1,25 milliard de dollars australiens dette incluse, soit 826 millions d'euros au taux de change actuel. Montant donc très proche de celui la transaction finale.

A propos de la cession d’AccorInvest

Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels

« La cession effective de près de 58% du capital d’AccorInvest représente l’aboutissement du processus de transformation du Groupe enclenché il y a maintenant cinq ans.
Elle nous met en position d’accélérer encore le développement de AccorHotels en concentrant nos moyens et notre énergie sur le renforcement de notre portefeuille de marques et de notre leadership sur les marchés clés, ainsi que sur la poursuite de notre stratégie d’innovation et d’excellence au service de nos clients et de nos propriétaires partenaires.

Désormais essentiellement asset light, nous pouvons déployer pleinement notre vision d’une « hospitalité augmentée », ambitieuse et disruptive. »

John Ozinga, directeur général d’AccorInvest

« Nous ouvrons aujourd’hui un nouveau chapitre pour AccorInvest. Avec des moyens renforcés
et des équipes entièrement mobilisées, nous allons accélérer la consolidation de notre portefeuille, la rénovation et le repositionnement de nos actifs et le développement de nouveaux projets. Grâce à la puissance des marques de AccorHotels, notre objectif est clair : consolider notre position de premier
investisseur hôtelier en Europe, en améliorant l’attractivité et la valeur de notre portefeuille. »

Mantra, un des leaders australiens de l’hôtellerie, exploite 127 établissements hôteliers, représentant plus de 20 000 chambres d’hôtels, de resorts ou d’appartements en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Indonésie et à Hawaï.

Le groupe dispose d’un parc varié qui va des résidences hôtelières aux « resorts ». Il possède les marques Peppers (28 établissements), Mantra (75 établissements) et BreakFree (24 établissements), et emploie 5 500 personnes.

Selon des statistiques d’IBISWorld, le rapprochement entre AccorHotels et Mantra – qui reste soumis au feu vert des autorités – donnera naissance à une entité capable de proposer environ 50 000 chambres en Australie, pour une part de marché de 11%.

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