Tout ce qu'il faut savoir sur le nouveau classement hôtelier

Le secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des PME, du Tourisme et des Services, présentait le 17 décembre, le plan de modernisation du parc hôtelier français, dans les salons de l’hôtel Bristol.

Ecouter l’analyse et les réactions

Modernisation et extension des critères, création de la cinquième étoile, abrogation du régime obligatoire, contrôles par des audits privés … Hervé Novelli, le secrétaire d’Etat au Tourisme, vient de dévoiler la nouvelle procédure de classification des hôtels de tourisme. Très attendu mais critiqué sur plusieurs points, le référentiel entrera en vigueur au premier semestre 2009, avec la prochaine loi sur le tourisme. Explications et commentaires d’Hervé Novelli, Jean-François Girault, Christine Pujol et Mark Watkins.

A télécharger : la nouvelle grille de classification hôtelière

Grille

Discours

A télécharger aussi : le discours du secrétaire d’Etat
Une lecture recommandée. Le discours d’Hervé Novelli contient de nombreux éléments précis.

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Les points clefs du classement 2009

– il remplace le référentiel de 1986

– il est volontaire, et non plus obligatoire

– il est établi à partir de six chambres

– la procédure de classement est diligentée par un cabinet d’audit privé

– son coût est pris en charge par l’hôtel

– la classification fait disparaître le « 0 » étoile et crée le « 5 étoiles »

– elle comprend pour chaque catégorie des critères obligatoires et à la carte

– le nombre de critères obligatoires est multiplié par 2 ou 3 (détails ci-dessous)

– l’hôtel doit atteindre au moins 95 % des points de critères obligatoires

– s’il n’atteint pas 100 %, il doit compenser la différence en obtenant trois fois plus de points à la carte

– le classement est accordé pour 5 ans

– un délai de 3 ans est octroyé pour obtenir leur classement (à dater de la promulgation de la loi tourisme, prévue 1er semestre 2008)

– le délai d’application de l’arrêté instaurant le référentiel est de six mois

– la classification des 5 étoiles sera immédiate, via la DGCCRF

– le référentiel sera révisable tous les 5 ans
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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

Label étoiles sur mesure

Première impression sur le fond : cette grille est précise, détaillée et assez complète, avec le service au client enfin traité. La deuxième impression est plus nuancée: on pointe des oublis, des critères flous ou basiques parfois, et surtout facultatifs, qu’on aurait vu plutôt obligatoires. Bilan : une grille étoffée, modernisée, mais manquant d’ambitions sur les obligations. Une réserve sur le fond qui s’explique sans doute par la méthode adoptée pour concevoir ladite grille.

Consultation a minima, élaboration en petit comité

Il était légitime que les cinq syndicats hôteliers s’investissent dans son élaboration. Et normal que le leader français, le groupe Accor, exerce un lobbying pour protéger ses intérêts économiques. Malgré tout, on s’étonne qu’Hervé Novelli ait délégué la mise au pointe finale de ce référentiel à des syndicats, aussi compétents soient-ils. En court-circuitant la direction du Tourisme! Rappelons quelle est l’une de ses principales missions : »élaborer la réglementation, notamment les procédures d’agrément et de classement » …

Dans l’économie contemporaine, pour réadapter une offre, de surcroît dans les services, il est recommandé de bien comprendre la demande et le marché. Dans le cas présent, d’aucun pouvait concevoir que l’on sonde les clients, que l’on consulte et fasse participer des organismes de consommateurs, des professionnels du tourisme, et, en toute transparence, les chaînes et marques hôtelières intégrées et volontaires.

Un autre référentiel consensuel était possible

Aucun doute ! De cette concertation élargie, serait ressortie, non pas un autre référentiel, encore que certains oublis auraient été réparés, mais une grille plus rigoureuse. Dans laquelle le curseur entre critères obligatoires et critères à la carte aurait été déplacé.

Bien sûr, une concertation, c’est toujours plus compliqué et long à conduire. Et Monsieur Novelli voulait boucler ce dossier en 2008. Mais le consensus aurait été obtenu assez vite. Tout est question de volonté politique. A l’exemple du Grenelle de l’environnement. Un compromis raisonnable pouvait être trouvé, sous l’autorité de l’Etat, de manière à remettre à niveau les hôtels par une élévation de leurs standards, tout en préservant leur équilibre économique, en leur évitant une trop rapide et trop coûteuse modernisation.

Garantir le sérieux et la neutralité de la procédure

La messe, même facultative (ce qui va réduire singulièrement la portée du classement) semblant être dite pour cinq ans, regardons déjà l’étape suivante : la mise en place du contrôle. Le confier au secteur privé est une bonne chose, l’Etat devant se recentrer sur ses missions régaliennes.

Mais à condition que les futurs cabinets d’audits soient qualifiés et certifiés. Et indépendants, sur tous les plans (commercial compris), des organisations hôtelières. Faute de quoi, des classements de complaisance sont à craindre. A la future Agence de développement touristique de rendre cette procédure irréprochable, en prévenant tout risque de clientélisme.

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Reportage : Solenne Le Hen
Avis : Jean-François Vuillerme
Photo : ©HAMILTON/REA

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La première page explicative de la grille

Extrait de l’arrêté fixant les normes de classement des hôtels de tourisme.

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Un tableau de la grille de classification

Extrait de l’arrêté fixant les normes de classement des hôtels de tourisme.


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