Sans papiers : l'été sera chaud ! (Et humide …)

Moins d’1 salarié sans papiers sur 3 régularisé. Des dizaines de restaurants occupés. Des centaines de dossiers s’empilant dans les préfectures. Et des milliers de travailleurs étrangers qui espèrent leur « 

Moins d'1 salarié sans papiers sur 3 régularisé. Des dizaines de restaurants occupés. Des centaines de dossiers s'empilant dans les préfectures. Et des milliers de travailleurs étrangers qui espèrent leur "

Les grévistes du Bistrot de Marius.

Ecoutez notre reportage

Moins d’1 salarié sans papiers sur 3 régularisé. Des dizaines de restaurants occupés. Des centaines de dossiers s’empilant dans les préfectures. Et des milliers de travailleurs étrangers qui espèrent leur régularisation. HR-infos a mené l’enquête à Paris auprès des grévistes, des syndicats et associations qui les soutiennent, mais aussi des employeurs et de la Préfecture de Police de Paris. Bilan : le mouvement s’est encore amplifié et la sortie de crise n’est pas pour demain. L’Etat ne semble pas résolu, pour l’instant, à une régularisation massive. Avec de lourdes conséquences économiques.

Le point de la situation sur Paris-Ile de France ( au 2 juillet)

Sources : enquête HR-infos, CGT Paris, Préfecture de Police de Paris.

Plus de 500 dossiers ont été déposés à la Préfecture de Police de Paris.
140 ont été régularisés.

Restaurants occupés sur Paris
Barrio Latino, rue du faubourg Saint-Antoine, 12ème
Barlotti, place du marché Saint-Honoré, 1er
Le Bistrot de Marius, avenue Georges V – 8ème
Breteuil, place de Breteuil « ? 7ème
Melrose, place de Clichy – 17ème
La Muette, chaussée de la Muette – 16 ème
La gare, chaussée de la Muette « ? 16ème
Le Congrès d’Auteuil, boulevard Exelmans – 16ème
Bistro Romain, Champs Elysées – 8ème
Quick, Champs-Elysées – 8ème
GSS, boulevard Bonne Nouvelle « ? 10ème
Chez Papa (rue Lafayette « ? 10ème
Pizza Marzano, boulevard des Italiens – 9ème

Précisions : la plupart de ces établissements poursuivent leur activité dans des conditions évidemment non optimales

Etablissements où les salariés ne sont plus en grève,
certains attendant encore leur régularisation
hôtel Murano, boulevard du Temple -3ème
Market, avenue Matignon – 8ème
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Plusieurs des 19 régularisés du restaurant de l’Ile à Issy-les-Moulineaux,
et au milieu d’eux, le responsable local de la CGT, Gérard Hénaff.
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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

« Laissez passer ces sans papiers ! »


Quelque temps déjà qu’ils ne faisaient plus la une des médias, les sans papiers aux banderoles rouges ! On espérait leur problème en voie d’être réglé. Naïveté ! Pour quelques uns, seulement ! Et au compte-goutte !

En réalité, depuis son lancement en février, le mouvement s’est amplifié sous l’impulsion de la CGT et de l’association Droit Devant, qui, dès l’origine, ont pris en main le conflit, non sans être débordé à leur tour.

Malgré tout, l’action est pour l’instant restée limitée à Paris-Ile de France et, à de rares exceptions près, à la restauration traditionnelle. Pour combien de temps encore? Si ces deux organisations ont la capacité de mobiliser ailleurs, d’autres secteurs des HCR et d’autres grandes villes et régions basculeront à leur tour.

Autre naïveté, l’idée d’une régularisation massive ! Nicolas Sarkozy régularisant à tour de bras comme la gauche espagnole le fit des années plus tôt ? Impensable ! Lui qui ne cesse de prôner la maîtrise de l’immigration, choisie et non plus subie, économique et non plus familiale. Et qui déclare, avec habileté, refuser de venir en aide aux patrons fraudeurs.

Les conséquences de cette fermeté sont connues. Non régularisés, les sans papiers seront licenciés, retomberont dans la clandestinité ou seront expulsés du territoire français. Des scénarios inévitables quel que soit le pourcentage final (40, 50, 60 % ?) de régularisés.

De longs mois encore seront donc nécessaires pour apurer le passé et s’adapter à la nouvelle donne législative (lire notre article sur ce sujet) . D’autant que certains établissements, leurs patrons nous l’ont confié, saisiront eux-mêmes les préfectures pour vérifier la validité des autorisations de travail de leurs collaborateurs étrangers.

Entre temps, le prix à payer va être élevé. Pour les établissements, qui subissent des pertes et des surcoûts d’exploitation. Et pour les salariés grévistes, sans ressources. Le tout sur fond de marché qui a commencé à baisser au premier semestre 2008.

Au-delà des passions et des tensions, faisons le pari de la raison. Il doit être possible, de trouver un juste équilibre entre le choix, légitime, fait par la France de maîtriser ses flux migratoires, les besoins économiques et sociaux d’un grand secteur d’activité en tension d’emploi, et le respect, l’humanité due à tous ceux qui contribuent aussi au bon fonctionnement des nos hôtels et restaurants. Alors, Messieurs les Préfets, faites un effort, ne les laissez pas payer l’addition !
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Enquête : Julie Gacon
Avis : Jean-François Vuillerme

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