Réquisitoire et boite à idées pour relancer la destination France

Association indépendante de professionnels et d’experts de l’hôtellerie et du tourisme, le Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française publie son nouveau Livre Blanc.
Radiographie en premier lieu du secteur, le document dresse un bilan des réformes engagées depuis 2006 et aboutit au constat d’une industrie française demeurée « 

Association indépendante de professionnels et d'experts de l'hôtellerie et du tourisme, le Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française publie son nouveau Livre Blanc. Radiographie en premier lieu du secteur, le document dresse un bilan des réformes engagées depuis 2006 et aboutit au constat d'une industrie française demeurée "
Association indépendante de professionnels et d’experts de l’hôtellerie et du tourisme, le Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française publie son nouveau Livre Blanc.
Radiographie en premier lieu du secteur, le document dresse un bilan des réformes engagées depuis 2006 et aboutit au constat d’une industrie française demeurée anémiée sur son marché domestique et n’ayant pas bénéficié, à l’inverse d’autres destinations, de l’expansion du tourisme mondial. Et cela, faute de stratégie, faute de compétences, faute de moyens
, explique le Comité qui s’évertue dans une deuxième partie à détailler les 13 chantiers prioritaires qui permettraient de relancer la branche. Interview du fondateur et président du Comité, Mak Watkins.


Mark Watkins

{{Le Livre Blanc pour la modernisation hôtelière et touristique}}

Le site ressources du Comité, avec ses études disponibles


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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

Propositions pour une mandature…

Ce Livre Blanc est à la fois une charge, un pamphlet même parfois quand il vire à l’outrance, contre les (habituels) cibles du Comité de Modernisation de l’Hôtellerie Française : le groupe Accor, les leaders des syndicats professionnels et les ministres du tourisme.
Mais il est aussi et surtout, et c’est là sa partie la plus féconde et la plus utile, une boite à idées pour les professionnels qui veulent développer leur établissement et pour les pouvoirs publics, des cabinets ministériels aux collectivités territoriales, qui veulent créer un environnement favorisant la création de richesses (collectives et individuelles) dans ce grand secteur qu’est le tourisme, l’hôtellerie et la restauration.
D’idées opérables, le Livret regorge, à quelques rares exceptions. Ainsi, nous ne considérerons pas, pour notre part, prioritaire de « moraliser la profession ». L’expression même nous semble excessive et outrée. Car sur quelles données objectives et statistiques se base le Comité pour affirmer qu’il « existe probablement (dans la restauration) un grand nombre d’exploitants malhonnêtes et pas du tout recommandables » ? Affirmation lapidaire et contre productive : comment considérer celui qui vous dénigre et vous amalgame ?
Que l’on veuille, par exemple, améliorer l’information des consommateurs, est un objectif louable, sans qu’il soit besoin, pour le motiver, d’arguer que ces pauvres consommateurs sont abusés chaque fois qu’ils commandent un plat au restaurant ! Le législateur veut permettre aux clients d’identifier l’origine des produits utilisés pour mieux le guider dans leur choix, c’est légitime »? Et dans notre air du temps, soupçonneux, obsédé de transparence. C’est peut-être aussi ce style accusatoire et Père la Morale du Comité qui irrite parfois et provoque un effet repoussoir, à l’encontre du but qu’il recherche : être consulté et écouté.
Parenthèse refermée ! Car, pour le reste, il faut que nos futurs gouvernants de 2012-2017 piochent généreusement, méthodiquement, dans ce généreux référentiel qu’est le Livre Blanc, et que demain ils consultent et écoutent les experts du Comité de Modernisation. Oui, il faut sauver les hôtels « méritants » de la disparition, au même titre qu’une usine compétitive : cela n’est pas fait, c’est pourtant faisable (le Livre en livre le mode d’emploi) et cela vaut le coup. Oui, il faut aider les hôteliers dans leur commercialisation, aider les jeunes entrepreneurs à s’installer : c’est techniquement possible, avec un retour sur investissement sécurisé. Oui, il faut remettre sur un pied d’égalité fiscal résidences de tourisme et hôtels. Oui, il faut (enfin) mettre le client au cœur de l’offre. Etc, etc.
Grenelle du Tourisme ? Le terme s’applique plutôt aux négociations sociales. Etats Généraux ? Il a déjà servi pour la restauration en 2009. Plutôt Assises ou Convention ? Peu importe le cadre. Le Comité, pragmatique, n’en appelle pas à de grandes messes mais à une stratégie ambitieuse, concertée, partagée.
On voudrait, pour cela, que le futur ministre du Tourisme membre de l’équipe Hollande ou Sarkozy reconnaisse d’abord que la destination France ne profite pas assez de l’essor du tourisme mondial, pire, que sa part de marché diminue. On aimerait ensuite qu’il bâtisse une stratégie de reconquête (avec des objectifs chiffrés qui engageront sa responsabilité, comme tout patron d’entreprise). En mobilisant, pour l’édifier, non pas seulement et en catimini quelques organisations patronales et un grand groupe, mais également et à ciel ouvert les chaînes volontaires, les personnes qualifiées, les opérateurs du tourisme, les associations de consommateurs »?On voudrait »? On aimerait »? On verra bien !

Les 13 chantiers urgents à lancer

Détaillés de la page 105 à 121 du Livre Blanc
– «améliorer l’image du secteur»
– «moraliser la profession»
– «qualifier le classement hôtelier»
– «aider les hôteliers dans leur commercialisation»
– «encourager les regroupements d’hôtels autour des chaînes volontaires»
– «aider les jeunes entrepreneurs à s’installer»
– «aider les hôteliers à moderniser et à adapter leur offre à la clientèle»
– «sauver les hôtels méritants en déperdition»
– «revoir le contenu de la réglementation»
– «créer un observatoire économique fiable»
– «instaurer une égalité fiscale et sociale entre résidences de tourisme et hôtellerie»
– «créer un label de qualité national crédible»
– «créer un service consumériste national»
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Interview : Armelle Parion
Photo d’illustration : red2000 – fotolia.com
Avis et texte de l’article du Fil direct : Jean-François Vuillerme
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La France ne serait qu’au 14ème rang des dépenses par touriste international

Article publié le 15 décembre sur le Fil direct HR-infos, le jour de la sortie officielle du Livre Blanc
Selon le calcul établi par le Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie Française dans son Livre Blanc publié jeudi 15 décembre, la France ne serait qu’au 14ème rang des dépenses par touriste étranger (643,2 dollars), loin derrière les Etats-Unis (N° 1 avec 1 710 $ par tête), l’Allemagne (N° 2 avec 1 434 $) ou encore l’Espagne (N° 5, 1 019 $).
Le gouvernement français, pour sa part, communique sur des données plus flatteuses mais en trompe l’œil : la première place mondiale de la France pour le nombre de visiteurs internationaux et sa troisième place pour les recettes totales. Le Comité, présidé par Mark Watkins et composé de professionnels des secteurs Hôtellerie-Tourisme, se base sur les données 2009 officielles de l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme, une agence de l’ONU) et arrive à ce résultat en divisant les recettes du tourisme international (49,4 milliards de $) par le nombre de touristes internationaux (76,8 millions). Par ailleurs, toujours selon les statistiques de l’OMT, la France n’a pas profité de la reprise du tourisme international observée en 2010 dans la plupart des régions du monde.

Classement des recettes moyennes par arrivée de touristes internationaux dans les premiers pays touristiques mondiaux, en 2009, en Dollars US


Classement établi par le Comité de Modernisation de l’Hôtellerie française d’après des données OMT

{{Les faits saillants du Tourisme, OMT, édition 2011}}

En 2010, France n’a pas profité de la reprise du tourisme international

Le nombre de touristes internationaux ayant séjourné en France est resté quasi étal (76,800 millions contre 76,824 en 2009 ), tandis que les dépenses totales reculaient de 6,2 % (46,3 Milliards $EU). Notre pays est désormais talonné par la Chine qui pourrait ravir sa 3 ème place mondiale pour les recettes touristiques en 2011 (données OMT).
La France fait moins bien que le reste de l’Europe.
La quasi totalité des pays d’Europe occidentale ont observé une progression du nombre de visiteurs internationaux, à l’exception de la France (0 %), du Royaume-Uni (-0,2 % – 28,133 millions) et d’Andorre (-1,2 % – 1,808 million). Côté recettes, la France est en net recul (46,32 milliards $ contre 49,4 en 2009). Les chiffres italiens et espagnols sont en baisse également, mais dans une moindre proportion.

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