Paul Dubrule : en Accor, en Cavale, ambitieux

Le cofondateur d’Accor, toujours actionnaire du groupe, vient de donner une longue interview à l’hebdomadaire l’Auvergnat de Paris à l’occasion de la présentation du futur chai (conçu par Jean-Michel Wilmotte) de son vignoble, le Domaine de la Cavale, dans l’appellation Côtes du Luberon.

S’exprimant sans fard et avec passion sur son nouveau métier de vigneron, Paul Dubrule met la même énergie et la même exigence à développer ses vignes qu’il le fit pour Accor, au sein duquel il se préoccupait déjà de promouvoir les cartes de vins des hôtels Mercure.

Mais il évoque aussi le présent et l’avenir du groupe hôtelier, en France, en Europe et dans les pays émergents, usant d’une liberté de ton et d’appréciation rare et glissant au passage quelques messages clefs.

Avec l’aimable autorisation de notre confrère, que nous remercions, nous publions quelques extraits de ce passionnant entretien. L’intégralité peut également se télécharger. »

Le cofondateur d'Accor, toujours actionnaire du groupe, vient de donner une longue interview à l'hebdomadaire l'Auvergnat de Paris à l'occasion de la présentation du futur chai (conçu par Jean-Michel Wilmotte) de son vignoble, le Domaine de la Cavale, dans l'appellation Côtes du Luberon.

S'exprimant sans fard et avec passion sur son nouveau métier de vigneron, Paul Dubrule met la même énergie et la même exigence à développer ses vignes qu'il le fit pour Accor, au sein duquel il se préoccupait déjà de promouvoir les cartes de vins des hôtels Mercure.

Mais il évoque aussi le présent et l'avenir du groupe hôtelier, en France, en Europe et dans les pays émergents, usant d'une liberté de ton et d'appréciation rare et glissant au passage quelques messages clefs.

Avec l'aimable autorisation de notre confrère, que nous remercions, nous publions quelques extraits de ce passionnant entretien. L'intégralité peut également se télécharger."
77 printemps et une énergie, une vision, une impatience d'entrepreneur qui font souvent s'évader de la Suisse notre exilé fiscal décomplexé et toujours sur la brèche...

Extraits de son interview

L’Auvergnat de Paris : Finalement, il vous a fallu plus de temps pur obtenir un grand vin que pour mener Accor au CAC 40?
Paul Dubrule: «L’hôtellerie est ma grande occupation dans laquelle je me suis investi à 200 %. Le vin, j’y suis venu par obligation, puis en dilettante avant de m’y intéresser vraiment. Mais je crois que le métier de vigneron est plus difficile que celui d’hôtelier.
L’hôtellerie ce n’est pas compliquée, il faut un bon emplacement, une bonne construction et un bon financement. Si, ensuite, on dérape un peu dans la gestion, il y a toujours moyen de se rattraper. Pour le vin, il faut le bon terroir, planter les bons cépages. La culture est très compliquée. Il faut ensuite récolter, vinifier, mettre en bouteille, promouvoir et vendre. Je perds d’ailleurs de l’argent depuis 37 ans au Domaine de la Cavale.»
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L’Auvergnat de Paris : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’hôtellerie française ?
Paul Dubrule : «Notre hôtellerie est à un très bon niveau. Nous avons, globalement, un parc hôtelier de qualité dans les villes et les destinations touristiques reconnues. Nos faiblesses résident plutôt dans la France profonde où on assiste à la fermeture de
nombreux hôtels familiaux de campagne qui, pour des raisons de sécurité, d’investissement ou simplement des problèmes de familles, sont amenés à cesser leur activité. Les Logis de France s’affirment comme une chaîne emblématique de cette hôtellerie rurale. Si ces hôtels disparaissaient, le tourisme français serait très affecté.»
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L’Auvergnat de Paris : Des groupes comme Accor ne sont-ils pas intéressés par ce marché de l’hôtellerie rurale ?
Paul Dubrule : «Nous sommes incapables de gérer d’aussi petites unités. Je vous dirais même que la précédente direction d’Accor avait choisi de se débarrasser des hôtels de petites dimensions (60 à 80 chambres), situés dans des zones peu rentables. Je ne sais pas si Denis Hennequin, l’actuel président, va continuer de cette manière que je déplorais un peu. J’estime que ces hôtels font partie du
réseau et que nous devons être capables de les gérer.»
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L’Auvergnat de Paris : L’hôtellerie n’est-elle pas devenue aujourd’hui un pur métier de financier?
Paul Dubrule: «S’il y a une critique à faire sur Accor durant ces dix dernières années, c’est que les financiers ont eu tendance à prendre le pouvoir. C’est une erreur. Nous avons d’abord des produits. Après ces produits, nous avons des clients, puis du personnel et, accessoirement, on fait de l’argent. L’argent doit rester à la disposition de cette trilogie afin de développer l’entreprise. Mais l’argent ne doit pas décider. C’est ce qui arrive au bout du compte lorsqu’une affaire fonctionne. L’argent, cela se trouve. Lorsqu’on a un bon produit, pas besoin d’argent !
Au début, Accor devait prouver que notre proposition hôtelière était bonne. Maintenant, c’est chose faite et le groupe n’est même plus endetté. Mais il faut avouer que, lorsqu’on est en Bourse, les contraintes de contrôle sont très importantes. Les ratios financiers prennent une importance qui empêche un peu de travailler intelligemment.»

{{L’intégralité de l’interview de Paul Dubrule publiée dans l’Auvergnat de Paris. N°611 – 7 avril 2011}}

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Interview réalisée par Jean-Michel Dehais, rédacteur en chef de l’Auvergnat de Paris Photo : DR
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