L'Umih dans l'unité

Hervé Becam et Roland Héguy, vice-président et président de l’Umih, renforcée par son unité retrouvée.

Légitime cette fois au regard du droit, et reposant sur l’adhésion d’une forte majorité de patrons de fédérations départementales, l’élection de Roland Heguy et Hervé Becam marque sans doute la fin d’une période troublée au sein de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie et le début d’une ère de reconquête d’un leadership affaibli par les divisions internes. Le tandem nous a accordé un long entretien. Les priorités de leur mandat, la réforme de l’Umih, leur état d’esprit, la question sociale, la TVA … Les principaux extraits de cet entretien.

LE PROJET DU TANDEM HÉGUY-BECAM

Leur programme

{{Le communiqué officiel de l’Umih à l’issue des élections du 4 octobre}}

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BIO-EXPRESS DE ROLAND HÉGUY

Son parcours professionnel

Roland Héguy, 60 ans, marié, 2 enfants, a effectué son parcours à Biarritz

hôtelier restaurateur depuis 1976 à l’hôtel Windsor (3 *) Biarritz
– acquiert en 2001 le restaurant Le Galion
– il est également cafetier depuis 2004 avec la brasserie le Bleu Café

Sa formation

– études secondaires
– BTS projeteur maquettiste en architecture

Son parcours institutionnel et syndical

(résumé de ses principaux mandats)
président de l’UMIH Pays Basque depuis 1993
– également vice-président de l’UMIHRA (Région Aquitaine)
– président de 2000 à 2009 de la Fédération nationale de l’hôtellerie française (FNHF)
– vice-président du Medef Pays-Basque depuis 1994
– président du Biarritz Olympique Omnisports (depuis 1998)

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BIO EXPRESS de HERVÉ BECAM

Hervé Becam, 60 ans, est le PDG de la SAS Hôtel Restaurant de la Butte à Plouider (Finistère)

Son parcours professionnel

– reprend l’exploitation familiale en 1975
– transformation, création de l’hôtel en 1991
– crée en 1996 une société organisatrice de réceptions
– exploitation avec son épouse. 34 salariés

Sa formation

– études secondaires
– CAP cuisinier

Son parcours institutionnel et syndical

(résumé de ses principaux mandats)
– membre du conseil d’administration de l’Umih 29 depuis 1998, dont il est secrétaire général/trésorier depuis 2002
– membre de la Commission des Finances de l’Umih
– membre du bureau de la FNHF
Ambassadeur métiers
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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

Retour à un leadership utile et solidaire

Une période s’achève à la tête de l’Umih, en forme de parenthèse. L’une, brève et escamotée : l’intérim de Christine Pujol. L’autre, interminable et tordue : le feuilleton judiciaire à la Une des médias durant 9 mois, dont les principaux protagonistes se seraient bien passés, s’ils n’avaient endossé, à l’insu de leur plein gré, le rôle d’arroseurs arrosés.

De ce combat syndical fratricide, ressort un vainqueur final, le tandem présidentiel Héguy-Becam, légitimé à la fois par le suffrage et par le scrutin. Scrutin organisé, il faut le rappeler, par l’administrateur judiciaire qui veillait depuis mars dernier sur le bon fonctionnement d’une Umih en crise.

UN SOUTIEN INTERNE SANS FAILLE

Le duo Basque-Breton en sort-il renforcé ? Au sein de la confédération, sans l’ombre d’un doute. La plupart des présidents départementaux leur ont renouvelé leur soutien. Quant aux opposants internes pro Pujol et anti GNC, leur départ de la confédération semble se confirmer, Philippe Quintana en tête, le président de l’Umih 44 et 49. Par ailleurs, Roland Héguy et Hervé Becam font corps avec les autres membres du directoire, et en particulier, les patrons des cinq branches professionnelles et des deux syndicats associés.

L’Umih elle-même sort-elle renforcée de l’épreuve, vis-à-vis des pouvoirs publics et de ses consœurs et concurrentes patronales ? A court terme, ce n’est pas certain. Pour faire taire le soupçon du doute, ses dirigeants devront apporter assez vite de solides preuves du contraire.

Ce à quoi s’emploient déjà Héguy et Becam. Dans leur communication : ils contestent toute érosion d’adhérents et assurent même que l’Union en a gagné et en recrutera encore (un autre bénéfice de son satellite Umih Formation), consolidant ainsi sa position de leader patronal, dont ils font une priorité de leur mandat. Mais aussi par leur action, à travers notamment deux décisions importantes.


DE NOUVEAU SIGNATAIRE SUR LE SOCIAL

La première est connue depuis le printemps. L’Umih a demandé une enquête de représentativité des organisations patronales de la branche HCR. Le ministère du Travail s’y attellerait depuis juillet, les résultats devraient, en principe, être connus au premier trimestre 2010.

La plus récente, du 6 octobre, est d’ordre social. L’Umih, en effet, a apposé sa signature à l’accord collectif signé ce mercredi par l’ensemble des partenaires sociaux (à l’exception de la CFDT) sur la mise en place du régime complémentaire de santé pour les salariés de la branche HCR.

L’Umih, qui n’était pas signataire de l’accord social historique du 15 décembre 2009, acte fondateur de la mutuelle, veut souligner ainsi trois faits : qu’elle a toujours adhéré à la création d’une complémentaire santé ; qu’elle est déterminée à occuper toute sa place dans la gestion paritaire du régime. Et, in fine, qu’elle entend bien peser sur les négociations sociales présentes et à venir. Elle a toujours d’ailleurs continué de participer aux commissions paritaires de la branche. L’Umih aura d’autres occasions de démontrer sa volonté réelle dans les prochains mois, riches en rendez-vous, en particulier sur les salaires et les classifications.

REMOBILISATION COLLECTIVE POUR LA TVA

Enfin, il est un autre dossier prioritaire entre tous, pour lequel l’Umih va devoir démontrer sa puissance et son habileté à faire entendre sa voix : le dossier TVA. Car au-delà de 2012, terme du mandat Sarkozy, la pérennité du taux réduit est loin d’être garantie. Et alerte supplémentaire, les magistrats financiers de la Cour des Comptes viennent de sonner une nouvelle charge contre les 5,5 %.

Raison de plus pour peaufiner ce volet social, le plus réussi et le moins contesté des effets de la TVA à taux réduit. Et, plus largement, pour faire preuve de volontarisme sur l’application pleine et entière du contrat d’avenir. Alors, faisons un vœu à l’adresse de l’Umih : que son unité retrouvée à l’interne se double d’une unité avec ses pairs patronaux sur un objectif central : garantir le rendement économique, fiscal et social du taux réduit, le meilleur moyen de préparer l’après 2012. Dans un marché qui retrouve le chemin de la croissance, et avec les marges récurrentes apportées par le différentiel de taux, cela parait possible.

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Film : Benoît Malphettes
Photo d’ouverture : droits réservés Frédéric Criquet

Avis : Jean-François Vuillerme

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