Les prix baissent bien pour l'Ifop, bien peu pour la CLCV et pratiquement plus pour l'Insee !

Les sondages se suivent et ne se ressemblent pas, mais ils enrichissent le débat. L’étude Ifop pour la mutuelle de retraite Médicis annonce 65 % de restaurants baissant les prix. Celle de l’association de consommateurs CLCV « 

Les sondages se suivent et ne se ressemblent pas, mais ils enrichissent le débat. L'étude Ifop pour la mutuelle de retraite Médicis annonce 65 % de restaurants baissant les prix. Celle de l'association de consommateurs CLCV "
Les sondages se suivent et ne se ressemblent pas, mais ils enrichissent le débat. L’étude Ifop pour la mutuelle de retraite Médicis annonce 65 % de restaurants baissant les prix. Celle de l’association de consommateurs CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie) n’en relève que 51 %. Seul point de convergence : le manque de visibilité de ces baisses pour les clients. Présentation de leurs principaux résultats et interview de Frédéric Micheau, directeur des études au Département Opinion et Stratégies d’Entreprise de l’Ifop.

Dernière heure : inflation zéro en septembre selon l’Insee

Selon l’indice paru le 13 octobre, les prix dans la restauration et les cafés sont restés au global étals (0 %) en septembre. Le mouvement de baisse qui avait débuté en juillet (-1,2 %) et s’était poursuivi en août (-0,2 %) consécutive est donc arrêté, sans pour autant observer un redémarrage de l’inflation. Observons toutefois que l’indice des prix a baissé de 0,2 % en septembre sur l’ensemble des postes de consommation.

Sur les trois derniers mois (juillet-août-septembre), la baisse cumulée atteint 1,5 %. Sur les 12 derniers mois, elle s’élève à 0,4 %, soit le même taux constaté pour l’ensemble de l’indice.

A noter que les prix dans la restauration sont restés stables en septembre (indice 128,70 en septembre contre 128,68 en août) et ont baissé de 1,5 % sur les trois derniers mois et de 0,5 % sur 12 mois.
Dans les cafés en revanche, les prix ont de nouveau baissé en septembre (-0,3 %, indice 129,86 contre indice 130,23). En cumul, ils ont baissé de 1,1 % sur juillet-août-septembre et de seulement 0,2 % sur un an.
La pondération plus forte de la restauration par rapport aux cafés explique qu’au final, l’Insee retienne pour septembre un taux de 0 % pour l’ensemble restauration et cafés.

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Les principaux enseignements du sondage CLCV

{{L’étude CLCV}}

51 % des restaurants ont pris des mesures de baisse
– 20,5 % ont baissé leur prix selon le contrat d’avenir
1/3 des restaurants enquêtés affichent la vitrophanie

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Les principaux enseignements du sondage Ifop

65 % de restaurants ont baissé leur prix
– 70 % ont maintenu l’emploi
55 % des Français ont constaté une baisse des prix

{{L’étude Ifop}}

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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

Aller plus loin dans l’observation objective de la réalité

On est, évidemment, frappé par les différences de résultats entre ces deux sondages. Elles tiennent avant tout à des échantillons et des méthodes de recueils fort différents. Dans le cas de l’étude Ifop, les données reposent sur des déclarations par interview téléphonique, à partir d’un échantillon représentatif de 301 restaurateurs. Dans le cas de l’étude CLCV, elles proviennent de relevés dans 483 établissements, constituant également un panel national représentatif.

Le champ de l’étude est également différent. Il est plus large dans le cas de l’Ifop, qui s’intéresse aux autres impacts du taux réduit, notamment l’emploi, et sonde également l’opinion du grand public. Mais il est plus ciblé sur la conformité de la baisse des prix par rapport aux engagements du contrat d’avenir dans le cas de la CLCV.

Malgré ces disparités méthodologiques, on peut donc considérer que l’on dispose, à début octobre, d’une fourchette basse (CLCV) et d’une fourchette haute (Ifop) dans l’évaluation du phénomène de baisse des prix.

Il était utile que des acteurs privés parties prenantes prennent l’initiative de ces sondages, qui, au passage et comme souvent, apportent aussi de l’eau au moulin de leurs commanditaires … Mais il serait encore plus indispensable que les pouvoirs publics reprennent la main d’ici la fin de l’année pour commander un rapport définitif et indiscutable. Le comité de suivi du contrat d’avenir pourrait aussi diligenter un tel bilan.

Quoi qu’il en soit, il est illusoire d’espérer voir demain la totalité des restaurateurs appliquer le contrat d’avenir. D’une part, il s’agit d’un contrat et non d’une loi qui s’imposerait à tous. Et d’autre part, certains d’entre eux considèreront toujours, à tort ou à raison, que ses clauses ne sont pas compatibles avec l’intérêt de leur entreprise.

Mais entre les 51 % d’engagés (dont la moitié que partiellement) pointés par la CLCV et les 100 % inaccessibles, il existe sans doute une marge de progression à la fois qualitative (en appliquant – 11,8 % sur au moins 7 produits) et quantitative (passer à 60 % voire 70 % de restaurants engagés). Nous verrons bien lors d’une prochaine étude, si d’avantage que « la moitié du chemin », expression employée par Hervé Novelli, a été cette fois accomplie.

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Interview : Solenne Le Hen

Avis : Jean-François Vuillerme

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