Le SNRTC reçu à la table des négociations

>En obtenant le statut de syndicat représentatif, le syndicat national de la restauration thématique et commerciale (SNRTC) va participer aux négociations collectives nationales avec les partenaires sociaux des HCR »

>En obtenant le statut de syndicat représentatif, le syndicat national de la restauration thématique et commerciale (SNRTC) va participer aux négociations collectives nationales avec les partenaires sociaux des HCR"

Logo et sigle symbole d’un nouveau positionnement. Avec l’abandon du C pour « chaînes », au profit du C pour « commercial ».

Ecouter Laurent Caraux, fondateur et président d’honneur du SNRTC

En obtenant le statut de syndicat représentatif, le syndicat national de la restauration thématique et commerciale (SNRTC) va participer aux négociations collectives nationales avec les partenaires sociaux des HCR, aux côtés des cinq autres organisations professionnelles reconnues (CPIH, GNC, Fagiht, Synhorcat, Umih) et face aux cinq syndicats de salariés représentatifs de la branche (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO). Témoignage et éléments d’analyse sur une arrivée qui pourrait bien modifier la physionomie des prochaines discussions.

Quelques données sur le SNRTC

– création en 2005

1470 établissements adhérents

– plus de 35 000 salariés

– + de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2009

– 350 000 repas servis chaque jour

plus de 50 enseignes
-* Amarine, Barrio Latino, Boutiques Festins, Café Kléber, Brochettes & Cie, Buffalo Grill, Chai 33, Courtepaille, Del Arte, El Rancho, Financière Dijols, Flam’s, Flo, Frères Blanc, Il Ristorante, La Boucherie, Ladurée, Léon de Bruxelles, Les Trois Brasseurs, Pizza Paï, Pizza Pino, Restaumarché, Riem Becker, Rouge Tendance, SSP, Tiger wok…

{{Le communiqué de presse du SNRTC sur la représentativité}}

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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

Offensif ? Défensif ? Les deux ?

Cette arrivée, qui était attendue depuis quelques mois, est accueillie, c’est un euphémisme, avec une certaine froideur par les organisations patronales déjà en place. Si l’Umih n’a fait aucun commentaire officiel, le trio d’indépendants CPIH-Fagiht-Synhorcat s’est fendu, lui, d’un communiqué peu amène. En soulignant combien, selon eux, cette décision confirme le « clivage » apparu lors de la baisse de la TVA « entre l’intérêt catégoriel et la stratégie des chaînes financières et celle des indépendants patrimoniaux. »

Côté salariés, les syndicats accueillent également avec circonspection ce sixième grand patron. Ils demandent à voir et jugeront sur pièces de sa volonté déclarée de « jouer un rôle positif et constructif » lors des prochaines négociations collectives. Ils se disent aussi que, si d’aventure, le SNRTC avait obtenu son statut de syndicat représentatif dès 2009, l’accord social historique du 15 décembre n’aurait peut-être pas vu le jour, du moins pas dans les mêmes termes ni avec la même ambition.

Un constat qui conduit d’ailleurs à se demander si un nouvel accord collectif pourrait être signé demain dans les HCR par seulement trois organisations professionnelles sur six ? Le risque de blocage serait important si une logique de bloc contre bloc devait prendre le dessus au détriment d’une recherche de compromis.

Pour notre part, on conclura d’abord que cette représentativité du SNRTC est légitime et qu’il faut se garder de tout procès d’intention à son égard. Après tout, s’il n’était pas en mesure de négocier en 2009, le syndicat de la rue de la Trémoille a en tout cas apporté sa contribution à l’adoption d’un contrat d’avenir pour les HCR d’une bonne tenue. Contrat en vigueur jusqu’en 2012, qui fixe, rappelons-le, les engagements des entreprises de la branche en contrepartie de l’obtention du taux réduit de TVA. Par ailleurs, plusieurs adhérents du SNRTC ont fait la preuve, à cette occasion, de réelles avancées sociales dans leurs établissements.

On conclura également que cette question sociale ne devrait pas être un enjeu concurrentiel entre les entreprises d’un même secteur. On ne peut à la fois se vouloir le mieux disant social chez soi et se révéler le moins disant social dans les accords conventionnels. La responsabilité sociale des entreprises passe aussi par la recherche du meilleur dénominateur social commun au sein de leur branche d’activité.

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Interview : Armelle Parion
Avis : Jean-François Vuillerme

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