La restauration rapide a son accord !

Un accord qui va profiter aux salariés de la branche, en terme de rémunération et de couverture complémentaire de frais de santé.

Ecouter notre reportage lors de sa signature

Un an et demi après la baisse de la TVA, à l’issue d’une longue négociation à rebondissement, conclue par 3 mois d’intenses discussions, les partenaires sociaux de la restauration rapide ont finalement signé mercredi 26 janvier un accord qui fera date. Il va permettre aux quelque 120 000 salariés de la branche de bénéficier d’une grille de salaire revalorisée, d’une prime annuelle et d’une mutuelle complémentaire santé obligatoire. De quoi donner l’envie de découvrir cet autre grand secteur de la restauration commerciale, en forte croissance. Et, pourquoi pas, d’y faire carrière !

{{Le communiqué de presse du Snarr}}

{{Le communiqué de presse des syndicats de salariés}}

{{{L’accord : avenant N° 43 à la convention collective nationale de la restauration rapide}}}

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LES GRANDS POINTS DE L’ACCORD DU 26 JANVIER

une revalorisation des salaires minima
-* comprise dans une fourchette de 3 à 5% selon les niveaux

– une plus forte pente (écart) entre les niveaux
-* d’au moins 4 % entre les niveaux I-1 et II-3 pour 2012
-* d’au moins 5 % en 2013 et 6 % en 2014
-* le niveau V-1 sera porté de 32 640 ? à 37 200 ? au plus tard le 1er janvier 2014
l’instauration d’une prime annuelle conventionnelle
-* elle est fonction de l’ancienneté
-** de 1 an à moins de 3 ans : 120 ?
-** de 3 ans à moins de 5 ans : 150 ?
-** de 5 ans et plus : 220 ?
– la mise en place d’un régime collectif et obligatoire de couverture de frais de santé
-* un calendrier fixe au 16 juin 2011 le terme des réunions de négociations
-* celles-ci porteront sur le niveau des garanties, le niveau des prestations, la répartition entre l’employeur et le salarié, le délai de mise en œuvre
-* les entreprises garderont toutefois la liberté de contracter avec des organismes habilités de leur choix, ces derniers devant bien entendu appliquer le cahier des charges conventionnel

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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

Un bon accord, cette fois !

Ils sont revenus de loin, les partenaires sociaux du secteur. Il faut dire que la Rapide a été lente au démarrage, accouchant d’une première mouture mollassonne passée à la trappe au deuxième trimestre 2010, après le droit d’opposition exercé par trois syndicats de salariés.

CGT, CFTC et FO, en effet, n’avaient pas trouvé leur compte dans un projet qui devait, en principe, améliorer significativement les conditions de travail des salariés de la restauration rapide. Comme le prévoyait d’ailleurs le contrat d’avenir signé en 2009 par le Snarr, pour définir les contreparties au taux de TVA à 5,5 %. Taux dont la Rapide a également bénéficié, dans une moindre mesure certes, pour ses activités de vente sur place, étant déjà assujettie aux taux réduit pour ses ventes à emporter.

Le trio d’empêcheurs de signer en rond était donc fondé à remonter au créneau, refusant d’entériner un texte qui n’était pour l’essentiel qu’un simple toilettage de grille de salaires. D’autant qu’ils trouvèrent en la personne de l’ancien secrétaire d’Etat en charge du secteur, Hervé Novelli, un allié de circonstance, agacé tout de même par le blocage patronal de l’époque.

Une fois les bretelles remontées, les esprits apaisés, les partenaires sociaux firent leur retour à la table des négociations, avec l’objectif partagé d’améliorer sérieusement leur copie. Et cela fut fait !

Pour ceux qui possèdent l’ancien accord minoritaire débouté et le présent accord signé à l’unanimité, la comparaison de leurs articles fait mesurer les progrès accomplis depuis. Y’a pas photo ! Une grille plus pentue. Et une prime annuelle instaurée, pour tous. Ainsi qu’un régime complémentaire frais de santé obligatoire. Deux mesures phares qui ne figuraient pas dans le projet de 2010.

Néanmoins, cet accord, aussi amélioré soit-il, demeure un compromis. Mais un compromis mutuellement acceptable, cette fois, et donc mutuellement accepté. Un compromis intelligent qui donne naissance à un accord majeur dont vont profiter les salariés mais aussi les entreprises, sur un plan managérial, et la branche dans son ensemble, en terme d’image de marge.

Reste à parachever ce bel ouvrage, promis en principe à une extension rapide, avec la finalisation de la future mutuelle santé dont seul le principe a été acté dans l’accord. Rendez-vous en juin prochain pour découvrir le détail du dispositif qui va également être négocié d’ici là entre les partenaires sociaux.

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Pas une signature ne manquait à l’accord mercredi soir !

Défilé des six signataires dans les locaux du Snarr (Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide) mercredi 26 janvier. Sur le parapheur, la signature du représentant du Snarr et de l’intersyndicale (CFE-CGC, CGT, CFDT, FO-FGTA, CFTC). A la signature ici, James
Bokongo, secrétaire fédéral CFDT, et Hubert Vilmer, président du Snarr.

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Reportage : Juliette Micheneau
Photo d’ouverture : ©Pascal Sittler/REA
Photo d’un employé d’un restaurant Francesca à Paris, chaîne de restauration rapide spécialisée dans la gastronomie italienne.

Photos intérieures : Juliette Micheneau

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