Ils promettent plus d'unité !

Bonnes résolutions 2011 : les trois principaux syndicats de la branche HCR promettent d’agir ensemble et sans fausses notes. A l’occasion des congrès annuels de deux d’entre eux « 

Bonnes résolutions 2011 : les trois principaux syndicats de la branche HCR promettent d'agir ensemble et sans fausses notes. A l'occasion des congrès annuels de deux d'entre eux "

Gérard Guy, le président de la CPIH, a surpris en entrant au directoire de l’Umih. De son côté, Roland Héguy souhaite l’unité sous « l’ombrelle » Umih. Unité oui, mais dans l’indépendance, pour Didier Chenet, président du Synhorcat.

L’interview intégrale de Roland Héguy

L’interview intégrale de Didier Chenet

L’interview intégrale de Gérard Guy

Ecouter notre reportage

Bonnes résolutions 2011 : les trois principaux syndicats de la branche HCR promettent d’agir ensemble et sans fausses notes. A l’occasion des congrès annuels de deux d’entre eux (fin novembre pour l’UMIH, 13 décembre pour le Synhorcat), HR-Infos a voulu connaître leur plan d’action pour l’année à venir. Entretiens avec Didier Chenet président du Synhorcat, Gérard Guy celui de la CPIH et Roland Héguy à la tête de l’UMIH. Il en ressort un appel unanime à l’union, dont chaque dirigeant pourtant semble se faire une idée nuancée. Interviews et analyse.


Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

De l’union à la fusion, un grand pas qui ne sera pas franchi (tout de suite)… Et pourtant !

Bref retour en arrière, à la mi décembre 2009, lors des négociations sociales sur les contreparties au taux réduit de TVA. L’ambiance était à couteaux tirés entre organisations professionnelles à l’approche de la signature. Avec d’un côté, le duo Umih-GNC hostile au dernier compromis sur la prime TVA. Et de l’autre, le trio Synhorcat-Cpih-Fagiht prêt à un ultime effort pour un accord historique. Non signataire et très remontée, l’Umih obtint dans la foulée de la Direction générale du Travail une enquête de représentativité sur les organisations professionnelles des HCR. 1 an plus tard, les plaies semblent refermées. Mais l’enquête est toujours en cours !

Mi décembre 2010, oubliée la crise, les relations sont plus détendues et le travail en commun a repris, comme en attestent deux dossiers récents. L’unanimité des cinq organisations sur le régime complémentaire de santé. Et le combat mené auprès des parlementaires pour que le taux réduit échappe aux coupes budgétaires 2011, souhaitées même par certains élus UMP.

Les échanges entre dirigeants semblent également plus chaleureux. Et les déclarations d’unité se multiplient. Mais le paysage syndical n’en demeure pas moins toujours aussi dispersé. Et la Fédération à 3 entre Synhorcat-Cpih-Fagiht lancée en mars 2010 demeure encore une coquille vide. De plus, la double appartenance de la CPIH à l’Umih (Gérard Guy étant entré dans son directoire tout en restant dans la Fédération) complique le projet de faire de cette entité le grand pôle des hôteliers cafetiers restaurateurs indépendants.

Alors que l’hôtellerie restauration traditionnelle perd des parts de marché ; Alors que la restauration chaînée et thématique gagne au contraire du terrain et s’appuie sur un syndicat maintenant reconnu au plan national (SNRTC). Alors que l’hôtellerie de chaîne peut compter sur le GNC, trois questions tabous reviennent comme un boomerang : la multiplicité des organisations professionnelles d’indépendants est-elle porteuse d’avenir ? Sert-elle l’intérêt général des professionnels ? Les entrepreneurs patrimoniaux, en grande majorité non syndiqués, la souhaitent-ils ?

La modernisation du syndicalisme patronal des HCR passe avant tout par une recomposition de ses branches indépendantes (encore majoritaires, faut-il le rappeler). Avec l’objectif à terme de créer une entité unique par grand métier, ces différentes organisations spécialisées étant chapeautées par une Union ou une Fédération. Un modèle qui existe déjà dans de nombreux secteurs d’activité.

Un tel projet est évidemment très complexe, compte tenu, surtout, des intérêts commerciaux et financiers propres à chaque organisation, et des enjeux de pouvoir. D’autre part, peut-il se construire autour de l’Umih déjà existante ? Ou faut-il plutôt envisager une nouvelle force sous une nouvelle dénomination, qui regrouperait l’ensemble des branches syndicales, une fois opérées les fusions entre syndicats jusque là concurrents ?

Les entrepreneurs des HCR gagneraient beaucoup à voir leurs représentations professionnelles non seulement unies mais réunies et unifiées. Avec un discours univoque, un leadership fort, une communication claire, des structures rationalisées, des moyens mutualisés et un fonctionnement transparent.

Après les résolutions, formons aussi un voeux pour 2011. Qu’une grande consultation nationale soit lancée auprès des entrepreneurs des HCR autour de ce thème : quel syndicalisme et quels syndicats souhaitez-vous pour demain ?

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Interviews : Juliette Micheneau
Analyse : Jean-François Vuillerme

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