Frédéric Lefebvre : ses trois priorités pour le contrat d'avenir

Bientôt un nouvel avenant au contrat d’avenir de la restauration. Il devrait être signé le 28 avril prochain, date anniversaire de ce dernier. D’ici là, trois groupes de travail auront été mis en place par le secrétaire d’Etat Frédéric Lefebvre. Groupes en partie constitués des membres du comité de suivi du contrat d’avenir. Organisations patronales et représentants syndicaux, entre autres, vont donc plancher sur l’investissement, la formation et la qualité. Explications de Frédéric Lefebvre, à l’issue d’une réunion semestrielle du comité de suivi.

LES PREMIÈRES RÉACTIONS AUX ANNONCES DE FRÉDÉRIC LEFEBVRE

Roland Héguy

Président de l’Umih (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie
«Nous sommes très heureux de ces propositions et surtout de la date fixée pour la signature de ce nouvel avenant (28 avril). Les trois axes de travail, avec pour objectif l’amélioration de la qualité, sont essentiels.
Tous les jours, ce taux à 5,5 est remis en cause. Cet avenant va permettre de sécuriser les hôteliers avec des engagements au-delà de 2012. Les sécuriser pour leur permettre de faire les investissements nécessaires.»

Claude Izard

Vice-président de l’association française des maîtres-restaurateurs
«Nous sommes bien sûr satisfaits que le secrétaire d’Etat soutienne notre action en apportant des moyens supplémentaires à l’association, comme la création de ce guide des maîtres-restaurateurs. Il y aura bientôt 1500 maîtres-restaurateurs, mais encore beaucoup de professionnels ne savent pas ce que représente et apporte ce titre.
Il faut aussi que les consommateurs sachent que ce label existe et ce qu’il veut dire. Nous devons montrer qu’il y a en France beaucoup de restaurateurs qui travaillent de manière artisanale.
L’association a déjà lancé son site internet de localisation des
maîtres-restaurateurs. Le guide papier sera un autre repère, soumis à des contrôles, pour qu’il s’y retrouve et fasse la différence avec la majorité des établissements qui ne travaillent pas de produits frais.»

Philippe Labbé

Président du SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale)
«Le volet investissement me semble le plus important. Le fait de permettre à certaines entreprises, notamment les établissements indépendants, d’avoir plus facilement accès à des financements pour moderniser. Mais ça ne peut pas fonctionner avec des échéances tous les deux ans. Pour investir, les entreprises ont besoin d’un minimum de visibilité. Avec en plus, la hausse des prix des matières premières qui devrait s’aggraver, il faut que la restauration, sous toutes ses formes, continue à bénéficier d’un taux réduit.»

Reine-Claude Mader

Présidente de la CLCV (association Consommation, Logement,
Cadre de vie)

«Je fais partie du comité de suivi initial mais n’ai pas été conviée à cette réunion annonçant la signature d’un nouvel avenant. Pour moi ce ne sont que des engagements qui succèdent à des engagements qui n’ont pas été tenus. La baisse des prix n’a pas eu lieu, les consommateurs n’ont pas trouvé leur compte dans cette baisse de la TVA et les engagements pris envers les salariés n’ont pas tous été suivis d’effets. C’étaient les deux points qui nous tenaient à cœur.
Quant aux efforts sur les investissements et la modernisation, c’était déjà prévu par le contrat d’avenir et cela va surtout profiter aux professionnels qui vont bénéficier d’aides pour augmenter la valeur de leur établissement.
Cette baisse de la TVA reste un cadeau fait aux restaurateurs et une tromperie pour les consommateurs.»

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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

12 mois pour lancer (enfin !) la modernisation de l’offre France

Il ne fallait pas attendre de Frédéric Lefebvre qu’il fasse une moue dubitative à la vue des premiers résultats du contrat d’avenir. Sur la baisse des prix, les créations d’emploi, les contrats d’apprentissage : c’est d’un large satisfecit qu’il a crédité les professionnels, qui ne demandaient qu’à être rassurés sur les intentions du nouveau secrétaire d’Etat.

Frédéric Lefebvre et ses collaborateurs ont repéré, malgré tout, d’autres volets du contrat d’avenir porteurs de croissance et d’image pour la branche. En ne froissant en rien, les susceptibilités. Et en donnant le sentiment de vouloir, quoi qu’il arrive, graver dans le marbre le taux réduit de TVA en lançant des projets à échéance moyen terme.

Au-delà du lancement de la sympathique fête de la gastronomie, léguée par son prédécesseur Hervé Novelli, Frédéric Lefebvre aura fait oeuvre utile, même mineure, s’il réussit durant les 16 mois à venir de son mandat à lancer enfin un chantier stratégique qui n’a jamais démarré : celui de la modernisation des infrastructures, hôtelières en premier lieu mais aussi de restauration. Elles en ont le plus grand besoin !

Investir dans les hébergements et les restaurants, remonter leurs standards, y ajouter une « french touch » dans l’architecture intérieure et les équipements, et le faire savoir au marché international, c’est une bonne manière de relancer la destination France. Encore faut-il créer les conditions financières d’un plan de modernisation visible et efficace.

L’équipe ministérielle, avec le concours des groupes de travail mis en place, a trois mois devant elle pour consulter toutes les intelligences et construire un projet ambitieux et chiffré. Le délai est serré d’ici les Présidentielles. Mais là encore, l’agenda 2012 ne doit nullement freiner les ardeurs, bien au contraire.

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Interviews : Juliette Micheneau
Avis : JFV
Photos : ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
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La réunion du comité de suivi du contrat d’avenir

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