La baisse est indiscutable. Sa mesure réelle reste à déterminer.

Les deux enquêtes officielles réalisées par l'Insee et la DGCCRF mettent en évidence une première baisse des prix dans les cafés et restaurants, loin pourtant d'être générale et homogène. Analyse des premiers résultats et point de vue d'HR-infos. Article actualisé le 2 septembre 2009.

DERNIER BILAN PROVISOIRE (fin août) SELON BERCY

d’après dépêche AFP du 02/09/09

Près de 40% des restaurateurs ont baissé au moins sept prix sur leur carte en échange du taux de TVA réduite, a indiqué Hervé Novelli, secrétaire d’Etat en charge notamment du Commerce, du Tourisme et des Services en marge d’une réunion avec son homologue à l’Emploi Laurent Wauquiez et la profession.

« Sur la période juillet-août, il y a eu trois vagues de contrôles, qui ont donc porté sur un échantillon représentatif de près de 12.000 restaurants. Il en ressort que près de 40% de ces restaurants appliquent une baisse d’au moins sept prix sur leur carte, conformément au contrat d’avenir », a dit M. Novelli à l’AFP.

« On n’est pas à l’objectif », a constaté M. Novelli, alors que l’idée d’un moratoire sur la baisse de la TVA a affleuré dans les rangs UMP cet été.

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QUE REVELENT LES DEUX PREMIERES ENQUETES

L’indice Insee des prix à la consommation en juillet

– diminution des prix de 1,3 % dans la restauration, contre 0,2 % en juillet 2008. Sur un an, les prix restent en progression de 0,2 %.

– diminution des prix de 0,7 % dans les cafés, contre 0,1 % en juillet 2008. Sur un an, les prix restent en progression de 0,5 %.

{{L’enquête Insee}}

L’étude suivi des prix de la DGCCRF

Sur 3 755 établissements (déjà visités en mars et avril)

Et sur 23 517 prix de produits

-plus de la moitié des restaurants a pratiqué au moins 7 baisses de prix

-un peu plus de 10 % des restaurants affiche des baisses de prix, mais sur moins de 7 produits
-un peu plus d’un tiers des restaurateurs n’annoncent aucune baisse de prix.

-32 % des restaurants ont apposé la vitrophanie

-39 % des produits ont baissé en moyenne d’un peu plus de 10 %

-59 % sont restés stables

-2,4 % ont augmenté en moyenne de 8,5 %

– sur l’ensemble des prix suivis, la baisse moyenne est d’un peu moins de 4 %
– elle atteint près de 6 % dans les « formule grill »
– et moins de 2 % dans les restaurants « exotiques »

{{L’enquête de la DGCCRF}}

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Hervé Novelli commente les premiers résultats

Interview réalisée par l’UMP du Secrétaire d’Etat en charge du Commerce, de l’Artisanat, des PME, du Tourisme, des Services et de la Consommation, le 20 août 2009.



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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

Poches fermées et Mouchoir de poche

Entre les commentaires frisant l’auto satisfaction, accommodant les chiffres à qui mieux mieux, et ceux frisant le dénigrement, en cassant du restaurateur indépendant à tour de blog, il y a aussi place pour un troisième type de commentaires, nuancé, s’appuyant sur la vérité des faits.

Mais comment avancer une analyse équilibrée reposant sur des éléments indiscutables, quand les deux premières enquêtes officielles devant mettre en évidence l’évolution des prix divergent autant dans leurs résultats, voire même se contredisent ?

Contradictions

L’Insee avance une baisse des prix en juillet de 1,3 % dans les restaurants et de 0,7 % dans les cafés. La DGCCRF, elle, annonce une baisse moyenne d’un peu moins de 4 %. Entre ces deux chiffres, le delta est trop important pour conclure avec certitude sur l’ampleur de la baisse.

Ni générales, ni massives, des baisses des prix ont pourtant bien eu lieu. Suffisamment significatives pour inverser la tendance d’un mois sur l’autre. Mais pour autant, les consommateurs ont-ils globalement perçu une baisse des prix les incitant à se faire plaisir ? Une enquête sur leur comportement de consommation serait indispensable.

De mauvaises en divine surprise

Mon constat personnel, forcément limité, de vacancier en Bretagne, est assez éloigné des conclusions de Bercy. Car que de mauvaises surprises ! De la part surtout de ces bonnes maisons que je fréquente chaque été en famille, qui n’avaient pas baissé leur prix. Je me suis promis d’en comprendre les raisons auprès de leurs patrons, après la saison, tranquillement, autour d’un café …

Mais de bonnes surprises, nous en eûmes aussi. Peu, mais parfois de taille ! Découverte par hasard, cette charmante crêperie du village de La Gacilly dans le Morbihan, « Le mouchoir de poche ». Tenez vous bien ! Elle avait baissé ses prix de plus de 10 % sur la quasi totalité de sa carte ! Mais de la qualité exquise de ses crêpes, nous nous souviendrons tout autant.

Ce que nous concluons

Que le choc espéré du 1er juillet ne s’est pas produit, un nombre important de restaurants (plus d’un tiers sur l’échantillon de la DGCCRF) n’ayant pas bougé. Le tiers du taux réduit, comme le prévoit le contrat d’avenir, n’a donc pas été encore restitué aux consommateurs.

Que l’Etat et les organisations professionnelles doivent reprendre leur bâton de pèlerin. Et les enquêtes se poursuivre pour mieux établir l’ampleur réelle de cette baisse.

Baisse qui voudra !

Enfin, qu’opérant dans une économie libérale, chère à Hervé Novelli, les entrepreneurs peuvent faire d’autres choix que ceux que le gouvernement et les organisations patronales leur recommandent. Beaucoup d’entre eux, pour l’instant, ne s’en sont pas privés.

Et puis, en cette rentrée, faisons un voeux ! Que le Président de la République, très soucieux de réguler les bonus des traders, viennent à nouveau réguler le dossier TVA, histoire de remettre un peu la pression, comme il sait si bien le faire.

Jean-François Vuillerme

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