Nicolas Sarkozy aux côtés de Jacky Boucher, restaurateur au Croisic (Le Neptune), et d'André Daguin (président de l'Umih)

Aucun doute, il veut l'obtenir, la TVA à taux réduit pour la restauration à table, notre Président. Quand, comment et à quel taux? Il ne l'a pas précisé. Mais il a avancé ses arguments clefs lors d'un déplacement le 24 juillet à Batz-sur-Mer (Loire-Atlantique) : crédibilité de la parole publique, équité vis-à-vis de la restauration rapide et des Etats membres de l'Union européenne, impact économique (augmentation du chiffre d'affaires, baisse des prix, création d'emplois) et sur le développement du tourisme, nouveau grand projet de la France.

Venu pour parler des "vacances pour tous" dans un centre d'enfants, Nicolas Sarkozy, qui était accompagné d'André Daguin, président de l'Umih, en a profité pour rencontrer des restaurateurs de la station et des représentants syndicaux. Verbatim, réactions et avis.

Le Président de la République aux côtés de restaurateurs locaux et de représentants syndicaux.

Verbatim des propos du Président de la République

 

« (« ?) Votre profession, je la connais bien, (« ?) depuis longtemps. C’est celle de ceux qui ne comptent pas leurs heures, qui assument leurs responsabilités. Et qui veut simplement que l’on leur donne le droit de vivre de leur travail. Et que l’on répare une injustice, celle d’une TVA à taux réduit pour la restauration dite rapide, (« ?) qui ne met pas de service à la table du client, et d’une TVA à 19,6 % pour ceux qui donnent de l’emploi et donnent du service.

« Pour moi, la TVA à taux réduit pour la restauration, c’est le marqueur de responsables politiques qui font des promesses sans les tenir. Donc, je veux tenir cette promesse (« ?)
Ce n’est pas seulement une affaire économique, doper le chiffre d’affaires, baisser les prix, créer de l’emploi. C’est une question de crédibilité de la parole publique et donc de fonctionnement de la démocratie. »

«(« ?) Nous avons maintenant, et je l’ai négocié moi-même avec (son) président, une proposition de la Commission. Jusqu’à présent, on était dans le contexte de la demande de la France d’un taux réduit, et d’une France isolée. Maintenant, avec l’action que l’on a conduite, c’est la Commission européenne qui a pris l’initiative de mettre sur la table une proposition 2011 de TVA à taux réduit. (« ?). Avec un argument très juste, c’est que la restauration n’est pas soumise à risque de délocalisation, il faut donc nous donner de la souplesse, et chaque pays doit pouvoir faire son choix. »

Il me reste à convaincre nos partenaires d’adopter cette proposition de la Commission. C’est le combat qu’avec Hervé Novelli, nous allons mener chaque jour. (« ?). J’ai les Etats membres à convaincre , nos amis Allemands comme nos amis Danois. Mais chacun a quelque chose à demander. Je me battrai. J’ai bien compris le message, (« ?) cela doit être le plus tôt possible. Mais moi, ce que je vous dis, c’est que je l’aurai.

Quant à la volonté collective, le gouvernement n’a qu’une seule politique. Le Premier ministre est tout à fait sur cette ligne. Hervé Novelli se bat là-dessus. Et Christine Lagarde est sur cette ligne. C’est celle que j’ai demandée de défendre, et que j’irai défendre moi-même.

« Je veux aussi construire une autre Europe, une Europe qui réponde à la préoccupation des gens, qui les protège. Je l’ai dit sur l’OMC, cet accord qui est sur la table, s’il n’est pas modifié, on ne le signera pas. Je le dis là aussi sur la TVA. Je n’empêche pas les autres Etats membres d’avoir des taux d’impôt sur les sociétés de 12% (« ?). Mais ils n’ont pas à nous empêcher d’avoir un taux de TVA pour la restauration comme (celui) de la restauration rapide.

Hervé Novelli travaille sur un plan tourisme 2020 parce que la France est le pays qui reçoit le plus de touristes, 80 millions. En recettes globales, nous sommes le troisième pays du monde. Mais en niveau de dépenses par touriste, on peut faire beaucoup mieux que (notre) vingt-huitième rang. Ce plan tourisme, il est (aussi) pour des entreprises comme les vôtres. Il n’y a pas seulement la question de la TVA. Je veux plus de touristes, un tourisme de qualité, pour que des entreprises comme les vôtres vivent. (« ?) C’est un combat de tout mon quinquennat. Avec le paysage qui est le nôtre, il faut absolument développer les infrastructures (NDLR : le président pense en particulier aux hôtels) pour accueillir plus de touristes et que ces touristes dépensent plus d’argent en France (« ?)

(« ?)
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Réactions de participants à la rencontre avec Nicolas Sarkozy

André Daguin, président de l’Umih

« Dans nos métiers, le Président Sarkozy, c’est celui qui a dit ce qu’il ferait, et qui le fait. Tu as chez nous une confiance totale. Ce n’est pas confortable. Mais je leur ai dit : « Plus vous lui faites confiance, plus il sera obligé de réussir ». Alors, sois tranquille, ils vont être têtus dans la confiance ! Mais ils savent que tu as la capacité de réussir. »


« Je voudrais donner un satisfecit à (Hervé) Novelli. (« ?). Notre profession a trouvé son ministre.
(« ?) Il prend la place qu’il mérite. Et il travaille bien avec nous. (« ?). Tu fais ce qu’il faut et l’on a confiance en toi. »

Yves Jegu, vice-président de l’UMIH 44 et 49

« C’est bien le taux réduit au taux de 5,5 % que nous voulons et aucun autre. Et cela, le plus rapidement possible. Alors, comme nous nous y sommes engagés, nous agirons sur tous les leviers : baisse des prix, embauche et fidélisation de nos personnels, investissement en équipement et en mise aux normes. »

Pascal Lebrec, patron de la pizzeria La Salina (Batz/Mer)

« Le Président est vraiment convaincu sur le taux réduit, et il ne lâchera pas le morceau. On est monté d’un cran avec l’accord de la Commission. Reste maintenant à convaincre les 26 autres Etats membres. L’échéance, c’est 2011. On a deux ans à tenir. Pour moi, qui dirige une très petite entreprise, la priorité sera d’embaucher un troisième employé.

Michel Picaud, patron du café de la Plage (Batz/Mer)

« Je crois que nous finirons par l’obtenir, le taux réduit. Nicolas Sarkozy est convaincu et déterminé, il ne peut que réussir, et a-t-il d’autre choix ? Mais ce qui m’a paru le plus novateur dans ses propos, c’est le lien qu’il fait avec le développement du tourisme, qui peut être un grand projet pour la France, et pour notre profession ! Avec le taux réduit, la restauration française aura les moyens réels de bien accueillir les clients étrangers.

Précisions : les propos rapportés de M. Daguin ont été tenus lors de la rencontre avec M. Sarkozy et M. Novelli. Les propos des trois autres témoins ont été recueillis après la rencontre.

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Le Président affectionne les bains de foule, dit-on !

Mais peut-être jusqu’à un certain point …

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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

Gonflé à bloc !

Alors que l’on commençait tout juste à couler des vacances heureuses sur la Cote d’Amour à deux pas de Batz (prononcer Bâ), voilà que l’on apprend la venue de Nicolas Sarkozy sur notre lieu de villégiature et qu’il va y parler de TVA. Branle-bas de comBatz..! Le devoir nous appelle!

Bains de foule réparateurs

Journaliste non familier de l’Elysée et des voyages présidentiels, le spectacle de la venue de Nicolas Sarkozy dans cette (très belle) petite commune de France, nous laissera, à défaut d’une grosse info, un joli souvenir. Celui, au pied du clocher de l'(admirable) église Saint-Guénolé, d’une petite foule de vacanciers fêtant avec force cris et applaudissements l’arrivée d’un chef de l’Etat prodiguant tout aussi généreusement poignées de main, bises, compliments et dialogues mêmes, y compris avec les mécontents. Moment inoubliable pour chacun et peut-être aussi pour le Président, qui reçoit en pareille occasion, réconfort, encouragement et même affection.

Une proposition avant tout bruxelloise

Sur le fond de la visite, la TVA, avouons que nous sommes restés
sur notre faim. Nicolas Sarkozy l’a redit, il veut absolument le taux réduit, en précisant toutefois ses arguments (lire le verbatim). Il mobilise ses ministres concernés (Hervé Novelli et Christine Lagarde) et continue de s’impliquer lui-même. Il est revenu aussi sur la proposition de la Commission européenne, annoncée le 7 juillet. Le Président n’a pas craint de l’affirmer : cette proposition, il l’a négociée avec José Manuel Barroso, et elle constitue une première. En réalité, Bruxelles a depuis des années (2003 exactement) fait sa religion du taux réduit en restauration et l’a clairement mentionnée dans ses précédentes propositions. La proposition du 7 juillet était donc attendue et prévisible et doit très peu à l’intervention de l’Elysée.


Propos réduit au minimum sur le taux !

Au-delà de cette détermination sans faille qu’il affiche et qui impressionne ses interlocuteurs, Nicolas Sarkozy n’a rien dit de la façon dont il allait convaincre nos 26 partenaires. Rien dit non plus du taux réduit réel qu’il compte appliquer. Un silence qui peut se comprendre pour un fin politique qui sait l’importance du tempo dans une négociation. Ne pas tout dire, ne pas tout lâcher…

La pression est maintenant sur lui

L’épreuve de vérité s’approchant, on a pu ressentir chez le Président, au détour de quelques phrases, une claire conscience de son seul vrai challenge : arracher un accord unanime des 27. Jacques Chirac, qu’il n’a pas manqué d’accabler à nouveau sans jamais le nommer, avait échoué au finish une nuit de décembre 2005 face à une Angela Merkel inflexible. C’est une certitude, Nicolas Sarkozy mettra un point d’honneur à réussir là où son prédécesseur a échoué. La pression est désormais sur lui. Rendez-vous d’ici décembre 2008 !

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Texte : Jean-François Vuillerme

Photos de la rencontre avec N. Sarkozy : Arnaud Jaffré/Presse
Océan

Autres photos : Jean-François Vuillerme

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