Jean-Yves Le Drian. Celui qui a fait l'unanimité en tant que ministre de la Défense sera-t-il aussi décisif à la tête de l'Europe, des Affaires Etrangères et du Développement international, tourisme inclus ? Il lui appartient de creuser le sillon dessiné par ses prédécesseurs Jean-Marc Ayrault et Laurent Fabius. Avec une stratégie ambitieuse, des mesures pragmatiques, et une équipe forcément restreinte mais totalement mobilisée.

La stratégie de la France en matière de tourisme restera bien du domaine du quai d'Orsay, le suivi et le soutien de ses activités touristiques étant assurés par Bercy, comme ce fut déjà le cas sous le ministère de Laurent Fabius (2014-2016) et Jean-Marc Ayrault (2016-2017).

La direction opérationnelle du Tourisme au sein du ministère devrait toujours être confiée à Michel Durrieu, en place depuis août 2014.

En vertu du décret du 24 mai 2017 publié au Journal Officiel du 10 mai 2017, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères est chargé de définir et mettre en oeuvre la politique du développement international de la France, notamment au titre du commerce extérieur et du tourisme.

Pour exercer ses attributions en matière de tourisme, le ministre de l'Europe et des affaires étrangères dispose de la direction générale des entreprises (DGE), celle-ci restant rattachée au ministère de l'Economie.

Le ministre de l'économie, pour sa part, prépare et met en œuvre la politique du gouvernement en matière économique, financière, de consommation et de répression des fraudes ainsi qu'en matière d'industrie, de services, de PME, d'artisanat, de commerce, de postes et communications électroniques, de suivi et de soutien des activités touristiques.

La politique Tourisme définie et mise en oeuvre par le quai d’Orsay, le suivi et le soutien aux activités touristiques assurés par Bercy

Jean-Yves Le Drian est né le 30 juin 1947, à Lorient (Morbihan).

Fonctions ministérielles
  • Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères depuis mai 2017
  • Ministre de la Défense d’avril 2014 à mai 2017
  • Ministre de la Défense de mai 2012 à mars 2014
  • Secrétaire d’État à la Mer auprès du ministre de l’Équipement, du Logement, des Transports et de l’Espace, de 1991 à 1992
Fonctions électives
  • Président du Conseil régional de Bretagne de 2004 à 2012
  • Conseiller régional de Bretagne, de 1998 à 2004
  • Député du Morbihan, de 1978 à 1991 et de 1997 à 2007
  • Maire de Lorient (Morbihan), de 1981 à 1998
  • Conseiller municipal de Lorient (Morbihan), de 1977 à 2004
Autres fonctions
  • Président de la Conférence des régions périphériques maritimes d’Europe (CRPM) 2010
  • Président du SIVOM du Pays de Lorient (6 communes), puis du District du Pays de Lorient (10 communes), et enfin de la Communauté d’agglomération du Pays de Lorient (19 communes) de 1983 à 2004
  • Vice-président de la délégation française du Comité des Régions, 2005
  • Représentant au Bureau du Comité des Régions au titre des Régions, depuis 2005
Carrière
  • Universitaire, depuis 1973
  • Inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, depuis 1993
Cursus
  • Agrégé d’histoire contemporaine

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(Ce n’est que notre analyse mais on la partage !)

Creuser le sillon ensemencé des territoires connectés et adaptés

Il est évidemment prématuré d’annoncer quelles seront les grandes orientations de Jean-Yves Le Drian. Un ministre aux compétences larges certes mais qui connait parfaitement les enjeux du Tourisme et a oeuvré pour son développement en territoire breton, durant ses deux mandats successifs à la tête de la Région Bretagne. Favoriser de nouveaux territoires pour le Tourisme justement ! Voilà ce qui pourrait être l’un des principaux enjeux du nouveau mandat gouvernemental.

La France dispose depuis 2014 d’une stratégie pour le Tourisme, qui donne déjà quelques résultats (encore insuffisants). Faut-il de nouveau en changer ? Il faudrait la poursuivre au contraire. En s’assurant que les fameuses « trente décisions très concrètes en faveur d’un tourisme français leader mondial » prises en 2013 aux premières Assises du Tourisme sont réalisées ou proches de l’être. Et en renforçant encore l’action sur au moins deux sujets majeurs : le développement des infrastructures et de la connectivité aérienne (Paris ne peut plus demeurer notre seul hub international) ; et l’adaptation de l’offre dans les territoires (les fameux « contrats de destination »), avec la mise à niveau des produits eux-mêmes, qui motivent le séjour en France, et la modernisation des modes d’hébergement de nos hôtes.

Car les objectifs, suffisamment ambitieux, restent inchangés. Accueillir certes davantage de visiteurs internationaux (le cap des 90 millions pourrait bien être franchi cette année) pour conforter notre rang de première destination mondiale. Mais surtout faire en sorte qu’ils séjournent plus longtemps dans notre pays pour y consommer davantage de biens et de services. Les statistiques le montrent, cette partie là est encore loin d’être gagnée.

Le Drian va trouver au quai d’Orsay une stratégie solide, mais partiellement accomplie, et une équipe déjà opérationnelle. Il lui revient de refixer les priorités et de remobiliser les énergies. Le Tourisme, est-il besoin de le répéter, est une industrie porteuse (mais ce n’est pas la seule), qui mérite donc l’attention du gouvernement. Sans pour autant se résigner à la vision Houellebecquienne d’une France déclassée, sans usines ni cerveaux, qui ne vivrait plus que de ses vins et de ses veilles pierres restaurées.

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