Les postes de serveurs de cafés restaurants sont parmi les trois métiers les plus offerts actuellement dans l'économie française avec ceux de salariés agricoles et d'agents d'entretien des locaux. Pôle Emploi évalue à 97 900 le nombre de projets de recrutements de serveurs, dont 62 700 en saisonniers et 35 200 en permanents. Photo : Mego-studio.

Près de 300 000 projets d'embauche pour les prochains mois dans l'Hébergement Restauration, selon l'enquête annuelle de Pôle Emploi, c'est un record historique réjouissant. Qui traduit à la fois la bonne santé de la branche et sa spécificité d'industrie de main d'oeuvre, les ressources humaines étant un déterminant majeur de ses performances économiques.

Mais c'est justement là son point critique. Plus de la moitié des anticipations de recrutements seront difficiles voire impossibles à réaliser, faute de candidats ou de profils adéquats. 55 % exactement, soit 4 points de plus qu'en 2018 et 5 points au dessus de la moyenne nationale. Ces tensions sur l'embauche ne cessent d'ailleurs de s'aggraver au fil des ans. Le taux de difficultés était inférieur de 12,5 points en 2017 (42,5%) et de 17,5 points en 2016 (37,5 %).

Un autre record donc, mais consternant celui-ci. Qui va plomber la croissance et la rentabilité des établissements. La prévision d'avoir plus de 100 000 postes non pourvus à l'issue de la saison estivale risque de se confirmer. En dépit des efforts indéniables de Pôle Emploi. Depuis septembre 2018, l'opérateur public mène dans les territoires 24 000 opérations #Versunmétier pour faire connaître aux jeunes les secteurs qui recrutent et les métiers qu'ils offrent.

Selon l'enquête annuelle "Besoins en Main d'Oeuvre" réalisée par Pôle Emploi, environ 286 600 projets d'embauche sont anticipés cette année par les employeurs de l'H&R interrogés par l'agence avec le concours du Credoc. C'est 10 % de plus qu'en 2018, qui constituait déjà un record historique.

Le secteur H&R représente à lui seul 12 % des prévisions d'embauche dans les entreprises françaises pour 2019. Il demeure le deuxième secteur le plus recruteur derrière celui des services scientifiques et techniques (14 % du total). 38,5 % des établissements de la branche prévoient de recruter cette année (contre 26,4 % pour l'ensemble des secteurs économiques). C'est un demi de point de plus qu'en 2018 et 3,5 points de plus par rapport à 2017.

La proportion de projets de recrutements saisonniers est légèrement remontée à 55 % (vs 54 % en 2018 et se situe très au dessus de la moyenne intersectorielle qui se limite à 33,8%. Elle culminait à 60 % en 2017 et 62 % en 2016. Le recul du saisonnier profite aux embauches en CDD et CDI, ce qui témoigne de la confiance des employeurs dans leurs prévisions budgétaires.

Quant aux métiers les plus recherchés, on n'observe pas d'évolution notable cette année, les besoins de main d'oeuvre se concentrant toujours sur les serveurs, les cuisiniers et les employés de la restauration et de l'hôtellerie.

On notera en revanche un net regain d'intérêt pour les cadres de l'hôtellerie et de la restauration qui font l'objet de 643 projets supplémentaires, 27,28 % de plus qu'en 2018, ce qui efface la chute observée l'an dernier (-18,8%). Du côté des agents de maîtrise, la dynamique d'embauches se confirme cette année encore, avec une progression de + 34,31 % du nombre d'anticipations, après + 45,7 % en 2018.

Les projets de recrutement pour 2019 dans les principaux métiers de l’Hébergement Restauration

  • Source : Pôle Emploi, enquête BMO 2019, traitement et tableau HR-infos.
  • Avertissement : l’enquête BMO fait état de 286 600 projets de recrutement, le tableau ci-dessus en identifie 269 592. La différence de 17 008 pourrait correspondre à des métiers qu’HR-infos n’a pas été mesure d’identifier comme appartenant au secteur de l’Hébergement Restauration. Et sans doute aussi au décalage de mise à jour entre les données brutes et les données finales de l’enquête BMO.
  • L’étude a été effectuée par sondage et extrapolation. Un questionnaire détaillé a été adressé à quelque 152 337 établissements de la branche (sur les 210 000 dénombrés par Pôle Emploi).
  • 19 % d’entre eux (28 944) ont retourné le questionnaire. Un taux de retour plus bas que la moyenne intersectoriel (25,2 %), qui s’explique par la faible participation des TPE de la branche (moins de 10 salariés).

1 commentaire

  1. Bonjour,
    La problématique aujourd’hui est que Pôle emploi indemnise pendant des mois voir plus toute personne qui se présente au guichet sans un suivi précis sur la recherche d’emploi dudit chômeur en particulier les bénéficiaires de la formule (rupture conventionnelle).

    Je vous cite des cas que nous avons vécus nous même.

    a) A la fin d’un contrat CDD de notre cuisinier, nous avons proposé un CDI avec une augmentation de + de 10 %, proposition refusée.
    Nous avons appris plus tard que le cuisinier avait demandé ses droits à Pôle emploi et qu’il a obtenu 18 mois de chômage, bien-entendu rémunérés…

    b) Dans nos différentes recherches de serveurs/serveuses, Pôle emploi nous envoit les coordonnées des candidat et candidates, la plus part ne répondent pas au téléphone. Lorsque nous arrivons à les joindre, nous leur fixons rendez-vous auquel, ils ne viennent pas la plupart du temps.
    Un fois, nous avons rappelé une candidate qui ne s’est pas présentée au RDV la veille et, sa réponse fut (hier soir, j’ai veillé et, je ne me suis pas réveillée)

    Bien entendu, cette personne continue à être rémunérée par pole emploi.

    Voilà quelques exemples qui font que, nous aurons toujours des centaines de milliers, plutôt des millions de chômeurs.

    Bien cordialement

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