Développer les offres vers les visiteurs français passe aussi par des produits thématiques de court séjour. Comme ici des stages rando-photos à la découverte de la Bretagne, promus par le CRT. Photo : Simon Bourcier.

Les visiteurs français ont sauvé le PIB touristique français d'une récession en 2016. Selon les statisticiens de la Direction Générale des Entreprises (direction de Bercy en charge du Tourisme), la consommation touristique française est restée globalement stable l'an dernier grâce à la progression de + 1,4 % de leurs dépenses, à 108,1 milliards d'euros.

Celle-ci a compensé en partie les dépenses des visiteurs étrangers qui ont reculé de 3 % à 50,8 milliards d'euros. Un recul qui s'explique par la baisse du nombre de touristes internationaux, la France en a perdu plus de 1,8 million en 2016 (82,6 millions en 2016 contre 84,4 en 2015).

L'étude publiée le 20 octobre 2016 par la DGE montre une nouvelle fois le poids prépondérant des visiteurs français, qu'ils soient de loisirs ou d'affaires, dans les dépenses touristiques en France. Toute stratégie de développement du tourisme en France doit comporter des mesures propres à stimuler les demandes de cette clientèle et à augmenter le nombre de Français partant en vacances. Selon le baromètre Raffour Interactif, 58% des Français de 15 ans et + sont partis en vacances en 2016.

Une consommation globalement stable en 2016 malgré le recul des consommations des visiteurs étrangers

Deux tiers de la consommation touristique intérieure sont réalisés par les résidents français et un tiers relève des non résidents. La croissance des dépenses des Français a compensé le recul de celle des internationaux.
Les ventes touristiques intérieures ont en 2016 7,13 % du PIB français (vs 7,24 % en 2015), dont 4,85 % pour la consommation des visiteurs français et 2,28 % pour celle des visiteurs étrangers.

Une structure des dépenses différente

Toutes clientèles confondues, les principaux postes de dépenses des touristes sont le transport non urbain
(27,7 Md€), l’hébergement payant (24,3 Md€) et les dépenses dans les restaurants et les cafés (21,1 Md€). Ces trois postes représentent près de la moitié (46 %) du budget des touristes en France.
La structure de la dépense touristique des étrangers diffère de celle des Français. Les parts des dépenses en transports non urbains, en restaurants et cafés et en « autres dépenses » (biens de valeur, shopping de luxe…) sont plus importants. A l’inverse, ils consacrent une part moins importante aux boissons et aliments, car plus fréquemment en hébergement marchand, ils dépensent plus dans les restaurants. Leurs dépenses de carburants sont également moindres, car ils utilisent davantage des transports collectifs (avions, trains…). Enfin, leurs dépenses en agences de voyages sont plutôt effectuées avant le départ, dans le pays de résidence. Celles-ci ne rentrent donc pas dans le champ de la consommation touristique intérieure en France.

Les plus fortes progressions de dépenses des touristes français en 2016

Les dépenses des Français en hôtellerie ont progressé de 3,3 %, notamment grâce à une hausse des nuitées dans les établissements classés 3 étoiles et plus (+ 4,3 %). La modération des prix a soutenu la fréquentation, avec une hausse estivale des prix moins marquée en 2016 qu’en 2015.
La légère baisse de la fréquentation des campings (- 0,8 % en nuitées) est due aux mauvaises conditions du printemps. Les dépenses en campings ont toutefois augmenté de 2,6 %, grâce à une hausse des prix de 3,2 % liée à une nette montée en gamme des établissements de plein air. Malgré une légère baisse des nuitées dans les autres hébergements marchands, les dépenses des Français y progressent de 1,2 %.
Les dépenses en locations entre particuliers continuent leur progression depuis plusieurs années (+ 4,7 % en 2016 après + 4,1 % en 2015). Le succès des sites internet dédiés à la location entre particuliers se confirme.
Les dépenses dans les restaurants ou les cafés évoluent dans les mêmes proportions que les dépenses d’hébergement (+ 3,1%) sous l’effet d’une hausse des prix de 1,4 % et d’un accroissement de la consommation (en volume) de 1,7 %.

Sources des tableaux et des commentaires : DGE, Compte satellite du tourisme, base 2010 ; Insee, Comptes nationaux, base 2010.

L’étude la DGE à lire et télécharger
2017-10-4p78-compte-satellite-du-tourisme

VOS RÉACTIONS

Laissez votre commentaire