Pour traiter rapidement les besoins et situations d’urgence, Accor a mis en place une plate-forme téléphonique CEDA - Coronavirus Emergency Desk Accor. CEDA centralise les demandes et propose des solutions d’hébergement sur tout le territoire. CEDA peut être également interrogé par email : ceda@accor.com.

"Nous devons aux soignants sérénité dans leurs déplacements et repos, déclarait le président de la République le 16 mars dans son adresse aux Français. C'est pourquoi j'ai décidé que, dès demain, les taxis et les hôtels pourront être mobilisés à leur profit. L'Etat paiera." Le message d'Emmanuel Macron semble avoir été reçu 5 sur 5 par les professionnels de l'hébergement touristique.

Dès le 21 mars, l'Umih (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie) et le GNC (Groupement National des Chaînes Hôtelières), annonçaient avoir mobilisé déjà 500 hôtels. Répartis dans toute la France, ils regroupent plus de 20 000 chambres pour les personnels soignants, mais aussi les routiers et les personnes sans-abri. La Fédération internationale des Logis indiquait par ailleurs avoir avoir obtenu l'accord volontaire d'environ 450 adhérents de son réseau de 2000 hôteliers en France.

Le groupe Accor, pour sa part, a mis en place une plateforme téléphonique CEDA - Coronavirus Emergency Desk Accor. CEDA centralise les demandes et permet de traiter rapidement les besoins exprimés et les situations d'urgence. CEDA, en lien avec les propriétaires d'hôtels Accor et les autorités publiques et sanitaires, propose des solutions d’hébergement sur tout le territoire.

A la date du 23 mars, plus de 40 hôtels (hotelF1, ibis budget, ibis, ibis styles, Mercure et Novotel) proposaient une capacité de 1 000 à 2 000 lits pour accueillir les personnes sans abri sur tout le territoire. Accor travaille en lien avec le ministère de la ville et du logement, les préfectures et le Samu Social.

Depuis, Accor a élargi son dispositif. Il collabore également avec le groupe hospitalier AP-HP. Son personnel soignant, mobilisé contre le Covid-19, pourra via la plateforme CEDA accéder à un hébergement proche de son lieu de travail.

Les résidences de tourisme participent également pleinement à l'effort de solidarité. Contacté par HR-infos le 26 mars, le SNRT (Syndicat National des Résidences de Tourisme et des Appart'hôtels) faisait état de l'inscription volontaire de 200 résidences de tourisme regroupant 16 000 logements.

Parmi elles, neuf résidences Citadines (groupe The Ascott Limited) situées à Paris, Lyon, Grenoble, Strasbourg et Marseille. Des personnels soignants ont déjà réservé auprès d'elles près de 400 nuitées. Notamment auprès de la résidence Citadine Bastille-Marais Paris, boulevard Richard-Lenoir (Paris 11 ème). Avoisinant trois hôpitaux du groupe AP-HP : Saint-Antoine, Saint-Louis et Rothschild.

Autre acteur de poids mobilisé désormais, Airbnb. Sollicité par Julien Denormandie, le ministre de la Ville et du Logement, la plateforme a lancé le 24 mars un site dédié, «Appartsolidaire ». Il propose des logements gratuits aux personnels soignants et aux travailleurs sociaux. Chaque hôte volontaire reçoit un dédommagement de 50 € réglé par Airbnb, remboursé ensuite par l'Etat.

L'hôte doit proposer un logement entier, situé à moins de 30 minutes d'un établissement hospitalier. Avec une disponibilité minimale de 15 nuits consécutives d’ici fin avril. Sachant que les voyageurs doivent réserver pour un minimum de 5 jours. Et qu'Airbnb a fixé un délai de trois jours entre deux réservations, pour des raisons sanitaires. Le 27 mars, la plateforme américaine n'avait pas encore indiqué le nombre d'offres en ligne.

En liaison permanente avec le gouvernement et les préfectures

L’UMIH et le GNC travaillent en lien avec les Préfectures. Le recensement des établissements s’est intensifié avec les demandes plus précises et les échanges avec le Gouvernement, notamment à Bercy avec Agnès Pannier-Runacher et au ministère du logement avec le ministre, Julien Denormandie.

« Le travail quotidien 7/7 en partenariat avec l’Etat et ses services se poursuivra jusqu’à l’hébergement et la mise à l’abri de toutes les personnes identifiées », indiquent les deux organisations. Qui rappellent également que le dispostif s’adresse à différents publics : le personnel soignant, les routiers, les malades sans maladie infectieuse et enfin les sans domicile fixe.

Julien Denormandie, ministre chargé de la ville et du logement

« Nous sommes en train de réquisitionner des chambres et travailler avec les groupes hôteliers pour pouvoir mettre à l’abri des personnes sans abri. Ces personnes vulnérables doivent bénéficier de tout l’accompagnement nécessaire. Des premières places ont déjà commencé à ouvrir cette nuit, et nous allons continuer.
Dans le contexte très difficile que nous traversons actuellement, ma priorité est de maintenir l’assistance aux plus vulnérables et je remercie sincèrement tous les professionnels et bénévoles engagés dans cette action».

Roland Héguy, président confédéral de l’UMIH

« C’est un élan de solidarité sans précédent qui s’est mis en place au sein de toute la profession. Nous sommes mobilisés pour aider au maximum de nos capacités nos concitoyens qui en ont le plus besoin.
Indépendants, franchisés, chaines, nous avançons ensemble pour répondre aux exigences de la situation de crise dans notre pays. Pour cela, nous réaffirmons l’entière disponibilité, de l’UMIH et particulièrement Laurent Duc qui préside la branche hôtellerie, auprès des services de l’Etat pour réussir à mettre à l’abri les milliers de personnes qui en ont besoin
. »

Jean-Virgile Crance, président du GNC

« La crise sanitaire est sans précèdent et le plus dur est encore devant nous, nous devons être parfaitement opérationnels pour accompagner les publics en première ligne dans cette crise. La mobilisation des hôteliers est totale pour traverser ce contexte très difficile, tout en respectant également des règles sanitaires pour nos salariés et les personnes accueillies. Il est également important de ne pas sous-estimer les angoisses de
nos équipes sur le terrain dans le contexte de crise sanitaire que nous traversons et auquel personne ne s’est préparé.
Nous voulons tous vaincre cette guerre sanitaire mais aussi sociale et économique, responsabilité et solidarité sont nécessaires pour notre pays et nous gardons confiance en l’avenir. Nous avons transmis au gouvernement les contacts de chaque groupe hôtelier et des départements UMIH (en plus des contacts des hôtels) pour optimiser cette gestion de crise en région et ainsi s’adapter aux besoins de chaque territoire en fonction des demandes. »

L’Etat et les professionnels concluent une Charte d’accueil en hébergement d’urgence

La charte fixe les conditions d’accueil et de service par les hébergeurs et les obligations des hébergés. Elle établit également les tarifs défrayés aux établissements. Le prix par chambre, à la charge exclusive de l’Etat, va de 30 euros pour un hôtel non classé à 75 euros pour un hôtel 4 étoiles

Charte Accueil hébergement d'urgence - Covid19 - 23mars20

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