Marc Veyrat en 2016, à La Maison des Bois du col de la Croix Fry. Le chef, qui s'était rendu au siège du guide Michelin à Boulogne-Billancourt pour comprendre les raisons de sa rétrogradation, dénonce "la profonde incompétence" régnant selon lui au sein du plus célèbre des guides gastronomiques. Marc Veyrat a ainsi relaté à l'AFP "qu'ils ont osé dire qu'on avait mis du cheddar dans notre soufflé de reblochon, beaufort et tomme! Ils ont insulté la région, mes employés étaient fous!". "Alors qu'on a les oeufs de nos poules, qu'on trait le lait de nos vaches, que deux botanistes vont cueillir nos plantes tous les matins !", a-t-il énuméré.

Dans une lettre publiée dans l'hebdomadaire Le Point mercredi 10 juillet, Marc Veyrat, le chef de la Maison des Bois à Manigod (Haute-Savoie) a annoncé vouloir se retirer du guide Michelin auquel il reproche une "profonde incompétence". Il laisse entendre que ses inspecteurs ne seraient pas venus chez lui, qu'ils lui auraient reproché d'avoir mis du cheddar dans son soufflé au fromage alors que ce n'était pas le cas.

Marc Veyrat, 69 ans, avait perdu en janvier une de ses trois étoiles au guide Michelin France. Dans cette lettre, il écrit : "Je suis en dépression depuis six mois. Comment osez-vous prendre en otage la santé de vos cuisiniers ?"

Dans sa lettre, le chef doute même de la réalité de la visite dans son restaurant d'inspecteurs du Michelin. "Je désire expressément les factures (...) Vous avez un bilan, vous devriez être en mesure de retrouver ces preuves", écrit-il.

"Vous êtes des imposteurs ne désirant que des clashes pour des raisons commerciales", conclut-il.

Il a accusé auprès de l'AFP "la nouvelle génération" présente au sein du guide Michelin de "s'attaquer aux institutions". "C'est grave pour tous ceux qui arrivent derrière nous".

Outre La Maison des Bois, ouverte en 2013, deux autres restaurants de M. Veyrat avaient obtenu trois étoiles dans le passé (l'Auberge de l'Eridan à Annecy et l'Auberge La Ferme de mon père à Megève), et en outre 20/20 au guide Gault et Millau.

"J'en ai vu d'autres, ce n'est pas le Michelin qui va me faire tomber", a-t-il conclu mercredi soir. (source AFP).

La réponse de Gwendall Poullenec, directeur du guide Michelin (extraits *)

« C’est quand même assez facile de se glorifier lorsqu’on gagne des étoiles et de dénoncer tout un système quand on les perd.

Marc Veyrat a été, et reste, un chef de génie et ses propos sont l’évidence d’une grande tristesse. Ils témoignent d’un chef qui a perdu un peu ses moyens et le sens des réalités. En aucun cas nous ne pouvons l’autoriser à mettre en cause les compétences, le professionnalisme et l’engagement des équipes du Guide Michelin.

Je déments formellement les propos qu’il nous attribue, ils sont sans lien aucun avec la réalité. Evidemment, le Guide Michelin est allé tester son établissement en 2017, en 2018, et même cette année en 2019.

Nos inspecteurs sont anonymes, ils œuvrent dans les restaurants comme de simples clients et ils payent leurs additions. Nous n’avons aucun compte à rendre sur nos additions qui sont payées par Michelin à Marc Veyrat.

En revanche, de façon à ce qu’il ne subsiste aucun doute auprès du grand public, nous avons demandé à un huissier de justice de venir constater la réalité de nos visites par des inspecteurs en produisant tous les justificatifs circonstanciés. »

(*) Extrait de l’interview donnée à France Info le vendredi 12 juillet

 

VOS RÉACTIONS

Laissez votre commentaire