20 ans au moins seront nécessaires pour mettre fin à des pratiques désolantes. La loi prévoit par ailleurs une amende forfaitaire de 1 500 euros pour le dépôt sauvage de déchets.

Des vagues de prohibitions d'objets jetables vont déferler à partir de 2020, pour passer progressivement mais assez rapidement, en 20 ans, d'une société du "tout jetable" à une économie du tout recyclable. Elles vont profondément modifier l'organisation de la restauration rapide, des cantines collectives, de la distribution automatique et des commerces alimentaires. Le hors domicile sera plus impacté encore que le domicile.

Des vagues formées par des directives européennes transposées, de slois françaises déjà votées ou en voie de l'être, comme celle relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire. Son projet vient d'être adopté en première lecture à l'Assemblée nationale, le 20 décembre, à la quasi unanimité des députés présents en séance (49 suffrages exprimés sur 50). Le Sénat, le 27 septembre, l'avait également très largement approuvé le (342 voix pour, 1 voix contre).

Première de ces vagues, dès le 1er janvier 2020, avec l'interdiction des gobelets et assiettes en plastique. Et des cotons-tiges en plastique. Avec le bannissement également des bouteilles d'eau en plastique dans les cantines scolaires.

En 2021, ce sera le tour des pailles et des touillettes. De même , les emballages en plastique pour les fruits et légumes de moins de 1,5kg seront interdits. A la même date, sera également mis fin à la distribution gratuite de bouteilles en plastique dans les établissements recevant du public (plus de 300 personnes).

A compter du 1er janvier 2022, les prestations de portage de repas à domicile pour les personnes âgées ou en difficulté devront récupérer les contenants alimentaires afin de les réemployer ou de les recycler.

A partir du 1er janvier 2023, les emballages à usage unique pour les repas servis sur place, y compris pour la restauration rapide, seront interdits. De même que le plastique pour les jouets offerts avec les menus enfants.

S'agissant des consignes de tri et des poubelles de collecte sélectives, elles devront être harmonisées sur l'ensemble du territoire d'ici le 31 décembre 2022 au plus tard.

Quant à la fin ultime des plastiques à usage unique, à usage industriel ou domestique, la loi sur l'économie circulaire la prévoit d'ici 2040. Elle fixe à 2029 la diminution de moitié des bouteilles plastiques commercialisées, à 2025 le recyclage à 100% des plastiques encore utilisés.

Trier, réutiliser, recycler : les principales mesures du projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire

Objectifs chiffrés
• Le texte inscrit dans la loi l’objectif de 100% de plastique recyclé d’ici au 1er janvier 2025.
• Il vise l’interdiction de mise sur le marché des emballages plastiques à usage unique d’ici 2040.
• Il ambitionne une réduction de 50% d’ici à 2030 du nombre de bouteilles en plastique à usage unique vendues.
Filières REP
• Création de nouvelles filières à responsabilité élargie des producteurs (REP), qui exigent des professionnels qu’ils financent la gestion des déchets liés à leurs produits. A compter de 2022 pour les matériaux de construction (BTP), les jouets, les articles de sports et de loisirs, les articles de bricolage et de jardinage, dès 2021 pour les mégots, et en 2024 pour les lingettes pré-imbibées pour usages corporels et domestiques.
Dépôts sauvages
• Création d’une amende forfaitaire de 1.500 euros pour le dépôt sauvage de déchets.
Chasse au plastique
• Fin du plastique ou des contenants à usage unique pour les repas servis sur place dans les fast-foods, au plus tard le 1er janvier 2023. Fini aussi le plastique pour les jouets offerts avec les menus enfants.
• Interdiction de tous les produits fabriqués à base de plastique « oxodégradable » qui, en se fragmentant, participe à la pollution des océans.
• Interdiction à compter du 1er janvier 2021 de la distribution gratuite de bouteilles en plastique dans les établissements recevant du public (plus de 300 personnes).
• Interdiction progressive des microplastiques « intentionnellement ajoutés » dans les cosmétiques, les détergents, les produits d’entretien ou les dispositifs médicaux d’ici à 2027, afin de lutter contre ces particules qui polluent les océans.
Information du consommateur
• Indice de « réparabilité » pour les équipements électriques et électroniques, sur le modèle de l’étiquette énergie. Il permettra au consommateur de savoir si le produit est facilement réparable ou non.
• Obligation d’informer sur la disponibilité des pièces détachées nécessaires à la réparation des équipements électriques, électroniques et des biens d’ameublement.
Invendus et réemploi
• Le texte interdit la destruction d’invendus non alimentaires neufs et crée une obligation de réemploi (incluant le don), de réutilisation ou recyclage. Pour les produits de première nécessité, notamment d’hygiène, le recyclage est même interdit et le don obligatoire.
• Création d’un fonds de réemploi à hauteur de 30 millions d’euros destinés aux recycleries, ressourceries et autres structures de l’économie solidaire, voire aux entreprises privées, sous condition.
Développement du vrac
• Le projet de loi favorise la vente en vrac et prévoit que tout consommateur « peut demander à être servi dans un contenant apporté par ses soins, dans la mesure où ce dernier est visiblement propre et adapté à la nature du produit acheté ».
Consigne… en pointillé
• Alors que le gouvernement souhaitait mettre en place initialement une consigne pour les bouteilles plastique, il laisse finalement aux collectivités jusqu’en 2023 pour tenter de montrer qu’elles peuvent améliorer la collecte des bouteilles, sans passer par la consigne. Dans le cas contraire, le gouvernement « définira la mise en oeuvre » d’une consigne après concertation. En attendant, des expérimentations sont possibles dans les territoires volontaires.
 Tri
• Le texte veut généraliser la signalétique sur le geste de tri, via le logo « Triman ». Avec des règles écrites expliquant clairement dans quelle poubelle l’emballage ou le produit doit être jeté.
• Il vise à harmoniser la couleur des poubelles sur l’ensemble du territoire d’ici le 31 décembre 2022 : jaune pour les plastiques, métaux et tous les autres matériaux ; bleu pour le papier-carton si la collectivité le collecte à part ; vert pour le verre ; marron pour les déchets naturels comme les épluchures et biodéchets ; gris pour les ordures ménagères.
Médicaments à l’unité
• Le projet de loi ouvre la voie à la délivrance de certains médicaments à l’unité dans les pharmacies à partir du 1er janvier 2022, laissant toutefois la liberté aux pharmaciens de le faire ou non. Engagement de campagne d’Emmanuel Macron, cette mesure sera précisée lors de décrets d’application.
Perturbateurs endocriniens
• Les fabricants devront mettre en ligne et en « open data » (exploitable sur le net) des informations sur la présence éventuelle de perturbateurs endocriniens dans leurs produits.
• Contre l’avis du gouvernement, l’Assemblée a voté un amendement LR pour que les fabricants apposent un pictogramme « déconseillé aux femmes enceintes » si leurs produits contiennent des perturbateurs endocriniens présentant des risques.
Tickets de caisse
• Fin de l’impression systématique des tickets de caisse, sauf demande expresse du client. Seront concernées les transactions en dessous de 10 euros à partir du 1er septembre 2020, de 20 euros au 1er janvier 2021, puis en dessous de 30 euros à l’horizon du 1er janvier 2022.
Source : AFP

 

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