En Seine-Saint-Denis, les villes du Bourget et de Drancy expérimentent depuis janvier 2007 la gratuité des cantines des écoles élémentaires. Noisy-le-Sec fait de même depuis la rentrée. HR-Infos en dresse un premier

La cantine de l’école Diderot de Drancy

Premiers bilans

Premiers débats

En Seine-Saint-Denis, les villes du Bourget et de Drancy expérimentent depuis janvier 2007 la gratuité des cantines des écoles élémentaires. Noisy-le-Sec fait de même depuis la rentrée. HR-Infos en dresse un premier bilan. Mais la gratuité pour tous est encore loin de faire l’unanimité. Reportages et points de vue croisés d’élus, de parents et de personnels.

Le pour et le contre de la gratuité

Les arguments pour

1 – le repas scolaire relève du service public au même titre que l’enseignement. Son coût doit donc être intégralement pris en charge par la collectivité et financé par l’impôt.

2 – le repas scolaire est essentiel à la bonne alimentation et à la bonne santé des enfants. Chacun doit accéder à ce repas sans obstacle financier.

3 – la gratuité évite aux municipalités d’avoir à faire face aux impayés, nombreux et lourds à gérer, selon elles.

Les arguments contre

1 – la cantine scolaire ne relève pas du service public.
Elle reste une prestation facultative et donc à ce titre payante.

2 – la gratuité pour tous déresponsabilise les familles et crée un effet d’aubaine.

3 – la gratuité pour tous alourdit les impôts et pénalise leur bon usage.

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Ce n’est que notre avis (mais on le partage « ?)

Gratuité pour tous ou sur mesure pour chacun?

140 000 enfants de France ne déjeuneraient pas à la cantine, leurs parents nétant pas en mesure d’en acquitter les frais. Ce constat de l’Unicef justifierait à lui seul que les communes s’assurent par leur politique tarifaire de garantir l’accès à chacun. Est-ce toujours le cas…?


Certes, la majorité des municipalités détermine déjà les tarifs en fonction des revenus, en appliquant souvent les barèmes du quotient familial. Et nombre d’entre elles pratique la gratuité ou la quasi gratuité pour les familles qui disposent de revenus inférieurs aux minima qu’elles ont fixés. Mais force est de constater que cette méthode est perfectible.


De la sélectivité dans la gratuité …


De là, deux hypothèses s’offrent aux élus. Ou bien ils affinent les critères de revenus et de situation familiale, améliorent la progressivité des tarifs et abaissent les seuils d’accès à la gratuité. Ou bien ils adoptent la gratuité pour tous, en ayant d’abord bien mesuré et annoncé son coût. Notre préférence va à la première approche, pour des raisons d’équité sociale, de culture citoyenne et de bon usage des deniers publics.


Reste, et c’est heureux, que la Constitution garantit la libre administration des collectivités locales. Et si l’obligation de résultat doit prévaloir (assurer l’accès de tous à la cantine), il appartient aussi à chacune de déterminer, dans son contexte, les moyens garantissant le meilleur coût économique et social pour atteindre ce résultat. Qui relève, dans un pays développé, de l’impératif moral »?


Jean-François Vuillerme
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Reportage et interviews : Hélène Fily

Photo : ©Nicolas Tavernier/Rea
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