L'ouverture le 1er août 2014 du prestigieux Peninsula Paris qui compte 200 chambres dont 34 suites vient renforcer l'offre hôtelière Grand Luxe dans la capitale française. Un segment qui une fois n'est pas coutume a vu son taux d'occupation fléchir en 2014 (-3,8 %).

Le marché hôtelier en Français fera-t-il mieux en 2015 ? Les experts du pôle In Extenso Tourisme Culture & Hôtellerie se gardent d'employer le terme "reprise". Après la déconvenue de 2014 qui aura déçu les prévisions d'une relance graduelle du marché

Le marché hôtelier en Français fera-t-il mieux en 2015 ? Les experts du pôle In Extenso Tourisme Culture & Hôtellerie se gardent d’employer le terme « reprise ». Après la déconvenue de 2014 qui aura déçu les prévisions d’une relance graduelle du marché, ils lui préfèrent cette fois celui d' »éclaircie ».

Le secteur n’a donc toujours pas retrouvé ses niveaux d’activité d’avant la crise de 2008-2009 ni même celui de 2010 qui avait amorcé une nouvelle phase de croissance avant de replonger en 2011.

Il faut toutefois raison garder. L’hôtellerie française ne subit pas une nouvelle récession. Et les investisseurs continuent d’ouvrir ou de rénover des établissements, tablant sur la rentabilité de leur fonds de commerce au long terme.

Les professionnels ont quelques motifs de croire en cette éclaircie. Les facteurs favorables (développement poursuivi du tourisme mondial, redémarrage de l’économie française, large mix clients) semblent plus denses que le risque de crise internationale et de concurrence aigüe des offres alternatives sur les segments économiques.

Mais personne ne peut évidemment anticiper des événements par nature imprévisibles (comme les attentats survenus en janvier et février 2014) susceptibles de faire chuter la fréquentation sur une destination locale voire nationale.

Ecoutez l’analyse de Philippe Gauguier, associé chez In Extenso Tourisme, Culture & Hôtellerie


Philippe Guauguier, associé d’In Extenso Tourisme, Culture & Hôtellerie

Les chiffre d’affaires hébergement (hors petit-déjeuner en 2015 : les projections d’In Extenso

Moyenne France : + 0,7% à + 2,6 %
– Grand Luxe : + 1 % à + 3%
– Haut de Gamme : + 2 % à +4 %
– Milieu de Gamme : + 1,5 % à + 3 %
– Economique : + 0 % à + 2 %
– Super Economique : – 2 % à + 0,5 %

Les projections 2014 d’In Extenso, établies selon des fourchettes basse-haute de prévision, se sont avérées cette fois plus optimistes que le réalisé, à l’exception de la prévision basse faite pour le segment haut de gamme. In extenso tablait pour l’exercice antérieur sur une « reprise d’intensité variable ». Le marché s’est en réalité plutôt « stabilisé », conclue le cabinet.


Pour 2015, le cabinet se montre très prudent en prenant pour sa prévision globale
une fourchette basse plus basse qu’en 2014 (+0,7 % vs + 1 %) mais une fourchette haute plus haute également qu’en 2014 (2,6 % vs + 2%).
Même approche également pour les segments. Au final, les projections de croissance pour 2015 sont un peu plus basses que les projections 2014. A l’exception de celles faites pour le Haut de Gamme (+ 2 % à +4 % vs +1,5 % à 2,5 %) et pour le Milieu de Gamme (+ 1,5 % à + 3 % vs +0,5 % à 1,5 %).


Pour 2015, In Extenso prend en compte
un environnement économique dynamique mais disparate selon les régions du monde. La croissance mondiale s’élèverait cette année à 3,5 % selon le FMI, celle de la zone euro à 1,3 %. La poursuite du développement des flux touristiques mondiaux (+4,7 % en 2014 à 1,138 milliardS selon l’OMT) est un autre facteur international favorable.

Nouvelles donnes également positives : l’euro faible, le prix du baril du pétrole au plus bas et la politique d’investissement de la Banque Centrale Européenne et de l’Union Européenne.

A contrario, depuis la crise russo-ukrainienne et les attentats islamistes en Europe, le risque sécuritaire est beaucoup plus présent qu’en 2014.

Sur le plan national, In Extenso table sur une amélioration du contexte économique, les conjoncturistes tablant sur une croissance du PIB de 1 % (vs 0,4 % en 2014) en 2015 et sur un calendrier événementiel plus porteur. Deux éléments qui devraient donc stimuler l’activité conférences et séminaires des hôtels.

BILAN 2014, QUELQUES TENDANCES BROSSÉES PAR IN EXTENSO

Source de tous les tableaux : In Extenso TCH
Note : les montants des RMC et des RevPar sont calculés Hors Taxes

Prix moyens : un marché à deux vitesses

La décélération de la croissance des prix moyens par rapport aux exercices 2013 et 2012 (sur le segment luxe, ils avaient progressé de 8 % en deux ans) est très nette sur tous les segments.
Mais seuls les segments économiques et super-économiques ont connu une croissance négative.

Bipolarité sur les taux d’occupation aux deux extrêmes de l’échelle


(Base 100 en 2009)

Au global, les taux d’occupation ont plutôt mieux résisté en 2014 qu’en 2013. Deux ans auparavant, seul le segment Economique avait vu son TO augmenter (mais seulement de 0,2 %).

TO, RMC, RevPar : résultats cumulés en France en 2014

Des évolutions sur deux rythmes. Les taux d’occupation sur les segments Luxe et Haut de gamme ont connu un développement assez soutenu, tandis que que ceux du Milieu de Gamme et de l’Economique stagnaient. Le Super-Economique continue, lui, de reculer.

RevPar : de 24 ? à 391 ? selon les segments et les grandes zones géographiques !

Net recul du RevPar sur de nombreuses agglomérations

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Interview : Jean-François Vuillerme

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