Dans une lettre ouverte à Hervé Novelli, secrétaire d'Etat en charge du tourisme, le Comité pour la modernisation de l'hôtellerie française tire à nouveau à boulets rouges sur la réforme du classement hôtelier, désormais bouclée

Le comité revendique 700 membres, professionnels de l’hôtellerie et du tourisme. Ici, quelques uns des administrateurs du comité (leur nom et fonction ci-dessous)

Ecouter l’interview intégrale

1 – pourquoi cette lettre ouverte

2- critique de l’accréditation

3 – le Cofrac dépassé

4 – propositions

5 – critique du fonds de modernisation

Dans une lettre ouverte à Hervé Novelli, secrétaire d’Etat en charge du tourisme, le Comité pour la modernisation de l’hôtellerie française tire à nouveau à boulets rouges sur la réforme du classement hôtelier, désormais bouclée sur le plan législatif et opérationnelle depuis l’accréditation des premiers cabinets de contrôle. Quels sont ses griefs ? Que faudrait-il faire ? Interview de son président Mark Watkins.

Une volée de critiques

Extraits de citations en forme de tête de chapitres de la lettre

– « Des statistiques de fréquentation touristiques erronées

–  » Une hôtellerie vieillissante non prise en compte »

– « Un millefeuille de nouvelles réglementations non absorbables »

– « Des mesures d’aides à l’hôtellerie en trompe-l’œil »

–  » De nouvelles normes de classement hôtelier qui bernent les clients d’hôtels et les hôteliers »

– « Un système clientéliste d’attribution des étoiles »

– « Des réformes incompréhensibles, aux textes subjectifs et interprétables »

– « Un laisser-faire dans le lobbying »

{{La lettre ouverte}}

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Ses membres, ses travaux, ses interventions …

Pour en savoir plus sur le comité

Légende photo

(de gauche à droite, de haut en bas)

Isabelle Boutteville, en charge de la qualité au sein du Comité, directrice d’Excel Place, bureau de certification pour l’hôtellerie de luxe

Anne-Marie Borgen, secrétaire générale du Comité, directrice de l’hôtel Magellan à Paris

Mark Watkins, président-fondateur du Comité, président-fondateur de Coach Omnium BET spécialisé dans le tourisme et l’hôtellerie

Albert Léchevin, en charge de la modernisation hôtelière au sein du Comité, directeur-fondateur d’Optima, spécialiste des diagnostics d’exploitation CHR

Nathalie Batelli, vice-présidente du Comité, en charge des relations avec les Institutionnels, directeur du CDT de Vendée

Marion Saltiel, en charge des systèmes de ventes hôtelières au sein du Comité, directrice commerciale des hôtels Maurice Hurand à Paris

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Ce n’est que notre avis (mais on le partage !)

S’il n’est pas trop tard !

« Tout ce qui est excessif est insignifiant », observait Talleyrand. A lire la lettre ouverte du Comité, deux opinions opposées sollicitent notre libre arbitre. Après lui avoir donné raison, on finit par contester l’aphorisme cher à ce diable (« boiteux ») de diplomate. Car la première réaction nous fait dire : « Leur critique est trop forte et trop systématique, Mark Watkins et consorts flinguent tout azimut« . Mais la seconde, dans la foulée, nous fait ajouter :  » à examiner leur diagnostic, et sans s’arrêter à ce rude langage qu’ils emploient pour l’asséner, sur le fond tout de même, plusieurs de leurs dires sonnent justes« .

Car il est vrai en particulier que les statistiques affichées sur le tourisme français forment un trompe-l’œil flatteur. Il est également vrai que ce référentiel de classement, nous l’avons écrit, manque d’ambitions, malgré des progrès par rapport au cahier des charges de 1986. Il est tout aussi vrai que la concertation a été minimale et le lobbying d’une chaîne maximal, ceci expliquant cela.

Pour le reste, doit-on regretter avec le Comité, que le fonds Oséo ne soit pas devenu un instrument anti crise ? Non, car cela n’a jamais été sa vocation, et il n’y aurait pas suffi. Doit-on regretter le temps des contrôles gratuits effectués par la DGCCRF ? Pas plus. Un Etat moderne a des missions régaliennes plus prioritaires que le contrôle de normes dans les hôtels !

Ces missions là, l’Etat peut les déléguer au secteur privé, qui peut faire montre à cette occasion d’une efficacité supérieure. Et quoi qu’il en soit, l’Etat en fin de circuit garde la main par ses préfets, les seuls habilités à délivrer le classement après examen des rapports d’inspection.

Reste, enfin, le soupçon de clientèlisme dans la classification des hôtels. Ce type de risque existe partout. Est-il plus élevé dans l’hôtellerie ? Cela reste à démontrer.

L’expertise des membres du Comité est indiscutable, leur indépendance d’esprit l’est aussi »? Les pouvoirs publics ont eu le tort de ne pas les associer pleinement au chantier de la réforme. D’où le dépit et le ressentiment qui courent en filigrane dans cette lettre ouverte. Est-il trop tard pour corriger le tir ? La situation économique de l’hôtellerie française est très préoccupante, prévient le Comité. Ce serait donc une faute de se priver de ses compétences.

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Interview : Juliette Micheneau

Avis : Jean-François Vuillerme

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Réaction de Henri Maout, propriétaire de l’hôtel Louise de La Vallière à Château-la-Vallière (Indre-et-Loire)

« Nous sommes l’hôtel Louise de la Vallière à Château-la-Vallière (37330), 15 chambres récemment rénovées sur fonds propres et classées tourisme 2 étoiles en 2003 par la préfecture d’Indre et Loire à Tours. Nous partageons complètement votre analyse sur la nouvelle classification tourisme, sur les pertinences de la mise aux normes de sécurité incendie.

Avant d’entreprendre la rénovation de notre hôtel, héritage de famille, nous avons demandé au travers de notre mairie l’intervention de la commission départementale de sécurité pour qu’elle nous donne un avis de faisabilité. Avis positif moyennant de très légères transformations secondaires.

L’hôtel a donc subi les travaux nécessaires à sa classification 2 étoiles (équipement des chambres d’un téléphone extérieur, aménagement des chambres qui n’en disposaient pas de douches+ wc privatifs, aménagement d’un hall de réception indépendant de plus de 25m2,…). Après inspection par la DDCCRF, l’hôtel a été classé, l’inspecteur le situant verbalement dans la moyenne supérieure des établissements de la même catégorie. A notre dernière inspection périodique de sécurité en décembre 2008, nous avons obtenu un avis favorable avec félicitations de la commission mais néanmoins il nous a été recommandé de nous conformer pour la prochaine visite dans 5 ans aux nouvelles exigences qui n’étaient pas obligatoires avant, notre bâtiment ayant plus de 100 ans d’existence.

Si certaines de ces nouvelles exigences sont relativement acceptables sans frais exorbitant (trappe de désenfumage, détecteurs de fumées dans les couloirs….), d’autres sont complètement excessives comme le remplacement de toutes les portes de chambres pour des portes coupe-feu 1/2h, remplacement des blocs autonomes d’éclairage de secours s’il n’ont pas une autonomie minimum de 6 heures. L’officier des pompiers se donne une importance sans contestation possible. Quant au président de la commission de visite, point de salut sans un diagnostique préalable des modifications à effectuer par une société de conseils agréée.

Mon métier préalable d’ingénieur de marine, activité dont je suis retraité après trente cinq années d’activité, m’a conduit à bien connaître toutes les règles et technologies applicables sur d’importants navires à passagers. Je peux donc estimer moi même ce qui est pertinent ou pas sans Veritas ou autre consœur. J’ai récemment assisté à l’assemblée générale 2009 à Tours du syndicat Umih 37 auquel nous sommes adhérent dont l’ordre du jour comportait ce sujet ainsi que les futures règles d’accès des ERP aux handicapés. Ce sujet a à peine été effleuré car un invité de poids, en la personne de Hervé Novelli, élu du département 37, avait été convié à participer aux débats.

Le ministre n’est pas entré, c’est naturel, dans les détails, mais point très positif à mes yeux, il s’est engagé devant l’assistance, très nombreuse pour la circonstance, d’aligner sur 2015 les décrets concernant les nouvelles normes incendie et accès handicapé. C’est toujours autant de gagné. Concernant cette future règlementation accès handicapés, nous avons été évalués par une commission du comité départemental du tourisme CDT 37 (mandaté par la préfecture) pour l’obtention du label « tourisme et handicap ».Les aménagements demandés sont sur la point d’être terminés (signalétique, cheminements, rampes d’accès, obstacles en hauteur….).Par ce biais nous pensons avoir dégrossi les exigences futures.

Nous sommes très satisfaits d’avoir pris connaissance de votre position sur les nouvelles normes hôtelières pour la partager à 100% .

Cordialement. »

Henri Maout
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