La livraison de repas, événement disrupteur, commence à modifier en profondeur le marché.

Selon la Revue Stratégique 2019 réalisée par le cabinet d'études Food Service Vision, le marché de la livraison de repas à domicile ou au bureau pèserait en France 3,3 milliards d'euros et aurait encore progressé de 20 % l'an dernier. Il représenterait désormais 6 % de la valeur totale du marché de la restauration commerciale en France (estimé à 55 milliards) et aurait généré 1 % de croissance de celle-ci. A l'horizon 2022, ce marché, contrôlé quasi exclusivement par des entreprises anglo-saxonnes, devrait doubler et atteindre 7,3 milliards d'euros.

Le livré est devenu ainsi le premier moteur de la croissance de la consommation alimentaire hors domicile, au point de vampiriser en partie la restauration sur place et les GMS. Une commande à livrer se ferait à 55% au détriment de la restauration sur place et à 45 % aux dépens de la grande distribution.

Pour certains établissements de restauration, les commandes livrées représenteraient 25 à 30 % de leur chiffre d'affaires. Food Service Vision s'interroge sur la rentabilité de cette activité. La commission de l'agrégateur représente en moyenne 30 % du montant de la prestation,alors que le résultat net d'un restaurant est le plus souvent inférieur à 5 %

Selon Food Service Vision, 4 % des consommateurs commandent des plats à livrer uniquement au bureau, 37 % exclusivement à domicile et 59 % en mixité. Le prix moyen d'une livraison est de 16 euros le midi et 17 euros le soir. Ce sont les Millenials (appelés aussi Génération Y, personnes nées entre 1980 et 2000) qui ont le plus massivement recours à la restauration livrée que les autres couches de la population française.

Les agrégateurs représentent près de la moitié du marché de la restauration livrée. Les trois leaders sont respectivement Uber Eat, Deliveroo, ces deux là opèrent directement la livraison, et Just Eat qui agit en market place, le restaurateur assurant la livraison.

Quant aux produits commandés, ce sont sans surprise les pizzas, les sushis et les burgers qui trustent les commandes; La « fusion food » monte toutefois en puissance, comme par exemple les Poke bowls, d’inspiration hawaïenne.

Food Service Vision a interrogé des consommateurs sur l’impact environnemental, éthique et sociétal de cette pratique. Ainsi, 70 % des interrogés qui se disent non-adeptes de la livraison estiment qu’elle est néfaste pour l’environnement, 65 % qu’elle encourage l’exploitation des livreurs et 61 % qu’elle favorise la malbouffe et l’obésité.

Selon d'autres données du cabinet d’études NPD, alors que les visites en restauration commerciale croissent de seulement 1 % par an en moyenne en France, le nombre de livraisons de repas a augmenté d’environ 20 % par an depuis trois ans : il a atteint 160 millions en 2018 (chiffres arrêtés à septembre). La livraison représente aujourd’hui 3 % des visites totales du marché, et sa part devrait tripler dans les années qui viennent.

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La méthodologie de l’enquête

Plusieurs sources d’informations :

  • Interviews d’acteurs clés de la livraison : Ubereats, Deliveroo, Just Eat, Nestor, Planet Sushi, Domino’s Pizza, Bagelstein…
  • Interviews de :
    • 1276 français
    • 400 restaurateurs indépendants (restauration traditionnelle et rapide)
  • Etude 2017/2018/2019 multi-clients Food Service Vision (consommateurs et restaurants)
  • Veille multicanale sur la livraison (salon, presse, catalogue, digital)
  • Collecte des innovations fournisseurs liées à la livraison (food/beverage/packaging) et des opérations d’activation des acteurs de la livraison par les fournisseurs

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