Cinq hôtels Disneyland Paris ont reçu leur étiquette environnementale le 15 mars. De gauche à droite, Fabienne Benech (Ademe, Direction Economie Circulaire et Déchets), Jean-Paul Ventere (ministère de la Transition écologique et solidaire, chargé de mission Produits et Consommation Durable), Nicole Ouimet-Herter (manager Environnement, Disney Environnementalité) et Loic Larée (directeur de Disney’s Hotel Cheyenne, Disneyland Paris).

Les initiateurs du pré déploiement de l'affichage environnemental dans l'hôtellerie (seul secteur des services engagés dans cette démarche), ont dressé un premier bilan lors d'une conférence donnée le 15 mars dans le cadre du salon mondial du tourisme à Paris.

Rappelons que la vocation première de cet affichage, matérialisé par une étiquette, est de donner aux consommateurs des informations précises et comparables sur les impacts environnementaux du produit ou du service qu'il consomme, en l'occurrence un séjour à l'hôtel. L'étiquette environnementale hôtelière renseigne sur l'impact d'une nuitée sur le climat, sur la consommation d'eau, sur la consommation de ressources non renouvelables et sur le taux d'utilisation des produits bio et écolabellisés.

Participaient à cette conférence les tutelles ministérielle (ministère de la Transition écologique) et institutionnelles (Ademe, CCI, CDT) du projet, les organisations professionnelles appuyant son action (Umih et GNI) ainsi que les professionnels eux-mêmes (la plateforme Fairbooking et des hôteliers engagés). Sans oublier Betterfly Tourism. Cheville ouvrière technique de la démarche depuis son lancement en 2016, ce cabinet d'éco-conseil a formalisé la méthode et la base de données sectorielles d'impact, créé l'outil de calcul, proposé un modèle d'étiquette environnementale, formé les acteurs et audité les hôtels étiquetés.

Ce bilan est encourageant à double titre. D'abord par le nombre et la diversité des hôtels qui se sont engagés. Près de quatre vingt à ce jour, une centaine probablement d'ici quelques mois. Cet échantillon reflète assez bien la diversité du parc hôtelier français, avec près de 40 établissements indépendants et une trentaine établissements de chaîne (comme Louvre Hotel, Accorhotels, Barrière ou Best Western) et la plupart des régions représentées, où prédominent toutefois Paris, le Grand Est et les Pays de la Loire (Betterfly est installé à Nantes...).

Encourageant aussi par les résultats enregistrés. Si 25 % des 42 hôtels audités obtiennent la lettre D (16 %) et E (25 %), correspondant à des scores insuffisants pour prétendre à une bonne maîtrise environnementale, 40 % des établissements, en revanche, obtiennent la note B (28 %) et A (12 %), reflet d'une bonne ou d'une très bonne performance d'ensemble. Enfin, 35 % du panel a obtenu la note intermédiaire de C.

Fait à noter, les hôtels déjà titulaires d'une écolabelisation (Clef verte ou Ecolabel) ont obtenu d'avantage de notes A ou B, en raison des progrès environnementaux déjà accomplis grâce à leur label. Par ailleurs, ce sont les hôtels les plus hauts de gamme qui s'avèrent souvent les moins performants, en raison des nombreux services apportés à la clientèle.

De l'avis des participants à la conférence, l'affichage environnemental est pour l'établissement étiqueté un bon support de communication, à condition de l'utiliser, comme l'ont fait certains hôteliers sur TripAdvisor, avec d'importantes retombées de clients. Et c'est aussi et surtout un très bon outil de management humain et technique de progrès environnemental.

Une réduction rapide et significative de ses impacts peut en effet s'obtenir par des actions assez simples. Comme l'installation de régulateurs d'eau, la conversion au Led (y compris dans les locaux techniques, souvent oubliés), des détecteurs de présence, une plus grande vigilance sur les températures ambiantes et les consignes, une incitation à un usage raisonné du linge de toilettes, une réduction et un tri des déchets. Bien entendu, des investissements plus lourds peuvent s'avérer nécessaires : pompes à chaleur, GTC, système récupérateur d'eau et de chaleur...

Du prédéploiement au prédéploiement, reste malgré tout un grand pas à franchir. Et encore au moins une bonne année pour boucler déjà la phase d'expérimentation en cours. Au terme de laquelle les experts devront valider le référentiel de calcul des impacts ainsi que la charte graphique de l'affichage.

Le concours des organisations professionnelles, des ministères concernés et des territoires (CDT, CRT) sera alors indispensable pour lancer l'affichage environnemental à grande échelle, qui devrait rester une démarche volontaire. Le petit millier d'hébergements déjà éco-labelisés (dont près de 330 auprès d'Ecolabel et 650 à la Clef verte) pourrait se lancer assez rapidement. L'étiquetage étant, en effet, moins exigeant que la labellisation, qui peut le plus pourrait le moins !

Reste les quelque 29 000 autres hébergements collectifs, qu'il faudra informer, convaincre et peut-être inciter... D'autant que le coût direct de mise en place de l'affichage (limité malgré tout à environ 1 000 euros), et indirect (plus difficile à quantifier) pourrait constituer un frein... Germe déjà l'idée d'une incitation fiscale (sous forme d'exonération de taxe de séjour, par exemple). De telles incitations éco-fiscales existent, comme la prime à la conversion pour l'achat de véhicules neufs propres ou sobres en CO2.

Un exemple d’étiquette environnementale
Les impacts réalisés en moyenne par les hôtels étiquetés
  • impact sur le climat : 10,44 kg C02 par personne (correspondant à 80 km en voiture neuve)
  • consommation d’eau en cycle de vie : 635 litres par nuitée (une consommation élevée qui doit pouvoir être baissée par des actions au sein de l’établissement et auprès des fournisseurs)
  • consommation de ressources non renouvelables : 0,088 kWh (consommation également améliorable)
  • produits biologiques et écolabellisés : 26 %  (un pourcentage relativement élevé en raison du fort taux d’utilisation du bio dans les hôtels écolabellisés, représentant 20 % du label)
Les récipiendaires et les remettants des étiquettes environnementales décernées le 15 mars 2018

De gauche à droite : Didier Le Prince, Président Aube-en-Champagne Tourisme & Congrès, Marie Doray, Consultant en Développement Durable Betterfly Tourism, Louise De Torcy, Chargée de mission Tourisme CCI France, Karim Khan, Président de la commission Développement Durable UMIH, Mickaël Couturier, Directeur Inter-hôtel ALTEROA site du Futuroscope, Marion Luyton, Responsable Hébergement Echologia (note A), Laurent Bougras, Directeur Fairbooking, Flavie Bruyneel, Consultante Développement Durable Betterfly Tourism, Fabienne Benech, Service Produits et Efficacité Matière (SPEM), Direction Economie Circulaire et Déchets (DECD) ADEME, Hubert Vendeville Président Betterfly Tourism, Jean-Paul Ventere Chargé de mission Produits et Consommation Durable Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, Nicole Ouimet-Herter, Manager Environnement Disney Environnementalité, et Loïc Laree, Directeur de Disney’s Hotel Cheyenne®

Huit étiquettes ont été attribuées à : Echologia (note A), Inter-Hotel Alteroa (note B), et cinq hôtels Disneyland Paris (trois notes A et deux notes B)

Pour en savoir plus sur l’affichage environnemental

Décidé lors du Grenelle de l’Environnement et codifié dans des textes législatifs et réglementaires, l’affichage environnemental permet aux consommateurs de comparer des produits et services entre eux, dès lors qu’ils appartiennent à la même catégorie, à partir de règles de calculs communes.

L’affichage doit, dés lors, d’une part « orienter la demande des consommateurs vers les produits et services  » plus respectueux de l’environnement, et d’autre part « inciter les producteurs à éco concevoir davantage leurs produits ou services pour limiter leur impact sur l’environnement. »

 

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